Les 5 de Tinley Park

 

En mai 2012, cinq anarchistes antifascistes sont arrêtés suite à une altercation avec des individus soutenant la suprématie blanche. Cette bagarre s’est déroulée dans la banlieue de Chicago au parc Tinley. Dix personnes chez les racistes furent blessées, dont 3 durent être hospitalisées.

Dans ce parc se déroulait un meeting organisé par le Mouvement National-socialiste (National Socialist Movement), le Conseil de Citoyens Conservateurs (Council of Conservative Citizens) et le Ku Klux Klan. Toutes les trois sont des organisations clamant la suprématie blanche de façon violente.

A noter que deux personnes appartenant à un de ces groupements furent également arrêtées ce jour là, l’une pour possession de pornographie enfantine et l’autre d’une arme à feu.

Dans un premier temps les juges ont refusé la liberté sur caution aux activistes antifascistes accusés. Avant de passer en procès il leur a été proposé de trahir leurs compagnons en échange de leur libération. Ils ont évidement refusé un tel deal.

Début 2013 les « 5 du Tinley Park » plaident coupables pour les agressions dans le but d’obtenir des condamnations plus clémentes et une possibilité de diviser leur peine par deux grâce au « ‘day-per-day’ good time » (chaque jour de bonne conduite réduit la peine d’un jour).

Ainsi Jason Sutherlin est condamné à 6 ans ; Cody Lee Sutherlin et Dylan Sutherlin à 5 ans. Les deux autres, Alex Stuck et John Tucker en prennent pour 3 ans et demi en raison de leur jeune âge et de leur casier judiciaire vierge. Ils sont incarcérés dans des centres de correction de l’État de l’Illinois.

Alex Stuck est le premier relâché fin 2013.

John Tucker lui est relâché au bout de 20 mois et se retrouve libre en mars 2014.

Dylan Sutherlin doit être sorti de prison en juillet 2014. Ainsi l’ABC de Bloomington, l’ABC de NYC et le Sacramento Prisoner Support ont lancé une campagne pour récolter des fonds afin de l’aider une fois libre à pouvoir faire une transition tranquille. En effet, il ne faut pas oublier que soutenir un prisonnier ne se termine pas une fois celui ci sorti. L’État continue bien souvent de le surveiller et à lui imposer un style de vie. De plus, le passage en prison est une chose traumatisante alors se savoir soutenu dans ces moments difficiles ne peut être que bénéfique.

merci aux copains de Marseille pour avoir fait tourner l’info

Vous pouvez lui écrire d’ici juillet pour lui assurer votre soutien :
Dylan Sutherlin M34022
Centralia Correctional Center
Post Office Box 7711
Centralia, Illinois 62801

Pour soutenir les deux derniers des 5, pour leur permettre de tenir le coup, vous pouvez leur écrire aux adresses suivantes :
Cody Sutherlin M34021
Robinson Correctional Center
13423 East 1150th Avenue
Robinson, Illinois 62454

Jason Sutherlin M34023
East Moline Correctional Center
100 Hillcrest Road
East Moline, Illinois 61244

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les jedis britanniques incarcérés refusent la discrimination

La rédac' à hâte devoir des ewoks débarquer à notre dame des landes,
 de faire des manifs en capuchons, de râler avec les wookies ....

Amiral Akbar

manif jedi

Un détenu se dit persécuté à cause de sa religion : il est Chevalier Jedi

C’est l’histoire insolite de la semaine et elle se déroule en Grande-Bretagne. Elle concerne un prisonnier qui se dit victime de persécution religieuse. En effet, il ne peut pratiquer pleinement sa foi en détention. Et sa foi, c’est celle en l’Ordre Jedi.

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Cette histoire nous est rapportée par The Guardian. Incarcéré dans une prison pour jeunes détenus près de Londres, notre prisonnier raconte qu’il ne peut pleinement pratiquer sa religion de Jedi au sein du pénitencier. Problème, l’administration lui refuse ce droit. Le détenu crie alors à l’intolérance et diffuse son histoire pour qu’elle soit connue de tous.

Cette histoire est tout sauf une blague. Il faut savoir que lors du dernier recensement en Grande-Bretagne, 176 000 personnes avaient affirmé que leur religion était la foi en l’ordre Jedi. Néanmoins, elle n’est pas reconnue par le service britannique encadrant les prisons. Notre jeune détenu ne peut donc pas pratiquer sa religion en détention.

Ce dernier voit plus qu’un simple mépris vis à vis d’une religion issue d’une série de film. En effet, dans Inside Time, où il s’exprime, il indique que les Jedi jouissent d’une très mauvaise réputation depuis la destruction de l’étoile noire. En effet, il précise que cette attaque est perçue comme une attaque terroriste, ce qui n’arrange pas les choses pour le statut des Jedi.

Une histoire bien insolite qui amène une question : comment un Jedi, défenseur de la paix, peut-il alors se retrouver en prison ?

lu dans le journal du geek

où l'on apprend qu'il n'est pas tout seul :

Ils se déclarent Jedi et poursuivent le service correctionnel

 

Quatre prisonniers détenus à HMP Isis, au sud de Londres, en Angleterre, ont décidé de se tourner vers les tribunaux pour faire valoir leurs droits. Ce qu’ils réclament le plus sérieusement du monde: qu’on reconnaisse leur religion, celle des Jedi de Star Wars.

Sans farce.

Les quatre individus se disent discriminés en raison de leur croyance – celle du personnage Obi-Wan Kenobi. On rigole, mais un sondage effectué en Angleterre en 2012 révèle que c’est la septième religion la plus populaire du pays.

Un des prisonniers s’est vu refusé le droit de pratiquer le, euh, jediisme. Il a écrit dans le magazine Inside Time: «J’ai rempli un formulaire afin d’avoir le droit de pratiquer ma religion en toute liberté. Je suis un Jedi.»

La réponse qu’il a reçue: «Même si la religion Jedi est reconnue selon le recensement d’Angleterre, elle n’est pas reconnue par la National Offender Management Service [l’organisme qui gère les services correctionnels]».

«Ceci est un exemple du genre d’intolérance et de sectarisme auxquels doivent faire face les membres de notre foi. Ne dévoilez pas mon nom car je crains des représailles du côté obscur. Que la Force soit avec vous», conclut le prisonnier.

Peut-être pourront-ils faire changer le juge d’idée en lui imposant leurs pensées?

Source: Mirror

lu sur yahoo actualité

Chevalier Jedi, la 6e religion d’Angleterre

Le recensement de 2011 en Angleterre et au Pays de Galles, dont les résultats viennent d’être publiés, font de la religion «Chevalier Jedi» la sixième foi derrière le judaïsme, le sikhisme, l’hindouisme, l’islam et le christianisme, rapporte le Guardian.

Les adeptes de la Force sont 176.632 d’après le recensement. Ils font partie des 240.000 personnes qui ont coché la case «autre religion» sur leur formulaire de recensement et dont le Guardian détaille les différentes religions déclarées.

Parmi ces religions, on trouve des cultes mineurs bien connus comme le satanisme, le shintoïsme, la scientologie ou les rastafari. On y trouve également des religions antiques comme le zoroastrisme et le paganisme ou bien des cultes à la World of Warcraft tels que le druidisme, le chamanisme ou la sorcellerie.

Mais comme toutes les religions occidentales, la foi dans la Force est en net recul: le recensement de 2001 comptait 390.000 Chevaliers Jedi en Angleterre et au Pays de Galles, note le Guardian. Le fait de se déclarer Chevalier Jedi date justement de 2001. La BBC expliquait à l’époque:

«Peu avant le recensement en avril dernier, un e-mail qui circulait au Royaume-Uni affirmait que si 10.000 personnes mettaient Jedi sur leur formulaire de recensement, cela deviendrait « une religion légale et pleinement reconnue« .»

Ce qui était faux puisque, comme l’expliquait le site d’info The Register en 2001, «le recensement n’apporte pas de reconnaissance aux religions dans les statistiques officielles et ne cherche pas non plus à définir la religion» mais chiffre simplement le nombre de personnes ayant déclaré être des fidèles de telle ou telle religion.

L’initiative avait également pris dans d’autres pays anglo-saxons. Elle avait pour but de remettre en question la pertinence des questions de religion dans un recensement, la présomption que toute personne appartient à un culte ou encore la manière dont les religions sont légitimées par le nombre de leurs fidèles, explique le site The Census Campaign, qui critique vivement les questions de religion posées dans le recensement de 2011.

Tourner en dérision le recensement n’est pourtant pas un phénomène nouveau, rappelle la BBC. Déjà lors du premier recensement de 1801, un pasteur s’amusait à recenser à sa manière les habitants illettrés de son village: la profession du boucher devenait ainsi «égorgeur de porcs» et les mères d’enfants nés hors mariage étaient recensées au titre de «putains et pièges à hommes».

lu sur slate

Fouilles à corps systématiques au retour du parloir

“Un abus majeur”, selon l’Observatoire des prisons.

Comment s’évader de prisons de plus en plus sécurisées ? En prenant un gardien en otage !? Depuis 2011, c’est devenu une vilaine mode parmi les détenus décidés à prendre la poudre d’escampette. Comment enrayer le phénomène ? Il y a un mois, le gouvernement Di Rupo déposait un projet de loi visant à donner “un signal clair” aux candidats à ce genre d’évasion particulièrement traumatisant pour le personnel pénitentiaire. L’examen de ce texte devrait être achevé ce mardi en commission de la fouilleprisonJustice de la Chambre.

En modifiant un certain nombre de dispositions de la loi du 12 janvier 2005 relative à l’administration pénitentiaire et au statut juridique interne des détenus (la loi Dupont), le gouvernement veut permettre aux directeurs de prison de sanctionner plus lourdement ce type de faits. Pour ce faire, le texte touche à plusieurs points du régime disciplinaire des détenus en vigueur depuis le 1er septembre 2011. Après un peu plus d’un an de fonctionnement, le gouvernement juge déjà que quelques “améliorations seraient souhaitables” .

Notamment en ce qui concerne les fouilles à corps. Concrètement, le détenu doit se mettre à nu devant deux gardiens et leur présenter tous ses orifices corporels. Le texte prévoit que le directeur pourra désormais faire procéder systématiquement à ce type de fouilles dans trois situations : quand le détenu revient de l’extérieur; lors d’une mise au cachot; lors d’un retour du parloir où le détenu a pu avoir un contact physique avec son visiteur.

“Humiliation”

Une disposition qui constitue “un abus majeur” , dénonce l’Observatoire international des prisons (OIP). “Cette mesure, par nature attentatoire à la dignité, doit demeurer exceptionnelle et ne peut devenir systématique, au risque de constituer une méthode de contrôle par l’humiliation.”

Les détenus qui entrent pour la première fois en prison sont fragilisés; une fouille à corps non justifiée devient un acte dégradant, considère l’Observatoire international des prisons. Par ailleurs, les détenus qui sortent régulièrement en congé ont acquis la confiance de l’administration pénitentiaire et du tribunal de l’application des peines : “Il est donc inutile de les stigmatiser en leur imposant une telle mesure” , juge encore l’OIP.

Enfin, s’agissant des fouilles à corps imposées à ceux qui reviennent de visite, “un moment de chaleur humaine qui aide à garder le lien avec le monde extérieur” , cela revient à “abaisser l’homme qui vient justement de vivre un moment d’échange” .

Ce choc psychologique est un traitement dégradant, comme vient de le déclarer récemment un tribunal français, rappelle l’Observatoire international des prisons. Dans son ordonnance du 4 mai 2013, le juge des référés du tribunal administratif de Melun a, en effet, suspendu la décision du directeur du centre pénitentiaire de Fresnes de maintenir l’application de fouilles corporelles intégrales systématiques à l’encontre de tous les détenus sortant des parloirs de l’établissement, estimant que ce régime de fouille expose les personnes détenues à des traitements dégradants contraires à l’Article 3 de la Convention européenne des droits de l’homme.

http://www.lalibre.be/actu/belgique/article/815459/fouilles-a-corps-systematiques-au-retour-du-parloir.html

lu sur contrelenfermement

DE CLERMONT-FERRAND A BARCELONE : ANARCHOSYNDICALISME !

Du 1e au 4 mai, la CNT-AIT 63 a tenté d’apporter sa pierre à l’édifice de la résistance populaire et autonome. Au programme : manifestation du 1e mai, présentation de la lutte contre Nataïs à Cornella en Catalogne le 3, et manifestation contre la torture en prison et les violences policières le 4 à Barcelone.

1e mai : riposte anarchosyndicaliste !

Après les succès des deux années précédentes, nous avions longuement discuté sur ce 1e mai. Nous avons finalement décidé de faire un cortège autonome. En tout honnêteté, il nous sera difficile de faire aussi réussi que l’an dernier. Pour autant, nous sommes satisfait-es. L‘année dernière, nous avions rappelé aux syndicats l’histoire du 1er mai et, cette année, nous avons essayé leur rappeler leur rôle de pompiers du capital. A l’appel de la CNT-AIT 63, une 30aine de personnes nous ont rejointes. C’est pour nous très positif. Rendez-vous donc au local à 09h30, local trop petit pour accueillir tout ce monde !

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Puis nous sommes joyeusement et spontanément parti-es en déambulation sur la ligne de tram, chantant quelques slogans, donnant des tracts aux rares passant, chambrant deux socialistes de passage. Un joyeux bordel. Un compagnon a parfaitement commenté : « Les Pieds Nickelés essayant de faire du syndicalisme ».

Après un début un peu n’importe comment, nous arrivions pas loin du rassemblement syndical (CGT, FSU, Solidaires, UNEF rejoints par FO). Moins de 200 personnes sur la Place de la Liberté… Et de nul part, déboulent une 30aine de personnes, drapeaux rouges et noirs au vent. « Les syndicats sont nos amis, jamais ils ne nous ont trahis », « Ni Dieu, Ni Maître, Ni Social-Traître », « Résistance Populaire et Autonome » chantions-nous en plein milieu des discours syndicaux, pendant que des compagnes-ons diffusaient le tract. Plusieurs personnes sont venu-es demander un tract, un journal, discuter. Les syndicalistes (permanent-es pour la plupart) nous regardaient de travers. Vient le discours FO. Et là, à plein poumons « FO a signé à Renault ». Le chef local finit son discours par « Le slogan international du prolétariat le 1e mai, Ni Dieu, Ni Maître ! ». En ces temps de crise, la récupération est sans limites. Les esprits se sont alors échauffés avec des permanent-es de FO. On continue « Vive la lutte des travailleurs, sans permanents et sans subventions ». Ils se calment. On finit de differ les tracts. Les journalistes viennent alors nous voir, mais nous n’avions pas prévu de réponse collective. Ils ne parleront pas de nous, sauf 1 ligne dans La Montagne…

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Puis nous sommes parti-es finir ce 1e mai devant McDonald, « McDo exploite et licencie, Solidarité avec les exploités », en diffusant nos derniers tracts. Nous avons alors vu entrer au McDo… des militant-es Lutte Ouvrière. Un compagnon n’a pas hésité à leur faire remarquer…Un bon 1e mai, mais un début !

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CéNéTé-AIT 63 en exil

En « exil », un groupe d’anarchosyndicalistes de notre UL est parti ensuite, juste après la manifestation à la rencontre de compagnons du SIA 32 (syndicat du Gers de la CNT-AIT) à Auch (voir les articles sur la lutte à Nataïs, ou le dossier sur les sites des syndicats de Toulouse ou du SIA 32) pour se rendre ensuite à proximité de Barcelone pour la manifestation anarchiste anti-carcérale contre les tortures notamment de matons syndiqués de l’UGT (=CFDT), CCOO (=CGT) de nos compagnons embastillés.

Nous avons été accueilli-es par les compagnons de Cornella (banlieue de Barcelone). Les copains du SIA32 ont présenté leur lutte contre NATAÏS au local de nos compagnons de la CéNéTé AIT de Cornella. D’ailleurs nous en profitons pour vous annoncer que fin juin, nous organisons une soirée-débat sur Clermont sur cette lutte en cours. Tout d’abord cette rencontre avec nos compagnons espagnols a été riche en discussion, fraternité et émotion. Plus d’une 30aine de compagnes-ons du syndicat CNT-AIT de Cornella sont venu-es écouter le récit, accompagné de diapos : « Nataïs : une lutte anarchosyndicaliste dans le Gers ». Discussion passionnante, avec questions de compañer@s pour alimenter le tout. Nous sentions toute l’importance que ces compagnons, pourtant étrangers à cette lutte, accordaient néanmoins à leurs sœurs et frères de la région France, leur voix trahissant l’émotion de la lutte apatride qu’est la notre. Nous ne pouvions que faire piètre figure, tant nos gesticulations en France semblaient celles d’enfants pour qui découvre la puissance historique et actuelle de l’anarchisme espagnol. Néanmoins nous ne sentions que mieux l’importance de notre combat, et la nécessité de l’organiser de la meilleur façon qui soit. Ainsi cette leçon d’humilité ne restera pas lettre morte pour qui nous connaît.

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La discussion fut suivie d’un repas préparé par les compañer@s, et d’un concert organisé pour l’occasion, avec Fractal, un groupe venu de Barcelone, qui nous a même fait l’honneur de parler en français pour expliquer les morceaux !

Cela et a été l’occasion pour nous de voir l’ampleur du mouvement anarchiste ibérique. En effet par exemple le local de la CNT-AIT de Cornella en 2 parties fait près de 500m² et dispose d’une superbe bibliothèque sociale, d’une salle polyvalente (sport, cantine, débat…) populaire. Notre cœur a été réchauffé par l’accueil et la force de nos compagnons qui luttent notamment contre la précarité rampante en Espagne et aident des collectivos (réappropriation d’appartements…). Nous ressortions de là les yeux perdus au loin, dans les étoiles, et des idées débordantes d’espoir dans nos esprits. De ce que nous faisions ressortaient mieux les défauts, mais aussi les points forts. Allons de l’avant, construisons l’anarchisme ! Pour Clermont-Ferrand, c’est un matériel neuf que nous sommes allés chercher.

Le samedi 4 nous somme allés à la manifestation (interdite) contre les tortures de nos compagnons. En 2004, des prisonniers anarchistes ont été torturé-es à la prison Quatro Caminos en Catalogne, par des matons de l’UGT (=CFDT), des CCOO (=CGT) et d’un syndicat corpo (CATAC).

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La prison torture et assassine. CCOO, UGT et CATAC défendent les tortures

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Solidarité avec les prisonniers en lutte

Pour la 1e fois depuis la chute de Franco, la question de la torture est posée publiquement. Plus de 1 000 anarchistes, majoritairement jeunes, ont défilé pendant près de 3h depuis le local de l’UGT jusqu’à la prison de Barcelone en scandant des slogans tels que « Policia tortura y assassina » (la police torture et assassine), « Abajo los muros de los prisones » (A bas les murs des prisons). De nombreuses banderoles, tags ont auréolé la manifestation. Des arrêts réguliers pour diffuser les tracts prendre la parole. Notons la prise de parole poignante d’un compagnon torturé par les matons : « Je tiens à remercier toutes les personnes venues, d’un peu partout d’Espagne, ainsi que les anarchistes internationalistes français. J’ai été torturé par les syndicats de gauche. (Silence). Les syndicats de gauche sont le bras armé de l’Etat. » On en frissonnait.

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Un dispositif policier (environ 3 000) avait été mise en place pour faire taire la contestation. Des frissons de fraternité nous ont emparé pendant cette manifestation. L’ambiance est devenue plus électrique en fin de parcours avec des forces de l’ordre passablement excitées ! Le rassemblement s’est en effet terminé devant la prison de Barcelone, où ont été incarcéré-es, torturé-es… des centaines de compañer@s de la CNT-AIT ou autre, et ce sous Franco comme en « démocratie ». Ce fut une manifestation où l’émotion était palpable, chaque instant pouvant basculer dans l’affrontement avec les forces d’État. Il y avait quelque chose de vibrant dans les airs, non seulement dans les cris des compagnes et compagnons, mais davantage encore dans les silences qui cachaient une haine pour les peines que les plaisirs de quelques uns faisaient quotidiennement endurer à la majorité des autres. Car du travail aliéné tel que nous le subissons chaque jour aux coups reçus par nos frères incarcérés il n’y a qu’un pas, celui de la révolte. Et non seulement celui de la révolte en tant qu’expression d’une haine indéfectible pour l’oppression, mais aussi comme projet d’une société émancipée que les coups de nos bourreaux ne peuvent effacer de nos consciences et de nos cœurs. A noter que nos compagnons du Gers sont restés pour l’audience du procès des 9 matons le lundi 6.

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La prison c’est la torture. La démocratie torture et assassine ! Matons assassins.

Que l’on soit à Francfort où se tient un procès irrationnel de militants révolutionnaires sur des faits datant de près de 40ans, à Barcelone avec nos compagnons anarchistes où qu’elle que soit l’endroit, l’Etat et le capitalisme répriment, torturent… Et pendant ce temps-là, une nouvelle prison se construit à Riom…

Pierre par pierre, mur par mur, nous détruirons toutes les prisons.

La solidarité est une arme !

Solidarité Internationale !

Pour l’anarchosyndicalisme !

Lapoudre, Pitufo et le Pré-fAIT,

Union Locale CNT-AIT 63

Qui prier pour oublier ?

A travers le récit de trois « enfants de homes », anciens détenus de longues peines, ce film balaye le fonctionnement de la machine à enfermer. Dans un contexte où les problèmes sociétaux sont transformés en cas individuels, il refuse de parler en termes de cas personnels pour s’attacher aux parcours typiques dont ils peuvent témoigner. Même dehors, Marcus, Jean-Marc Mahy et Jean-François refusent d’oublier. L’un manifeste devant le Palais de justice lors d’un procès contre des matons, l’autre enchaîne débats et conférences… Pour eux, la prison ne sert à rien.
Ekin Ercan, 2007, BE, video, vo fr, 46′

<br /><a href= »http://www.dailymotion.com/video/xa5wid_qui-prier-pour-oublier_shortfilms &raquo; target= »_blank »>Qui Prier Pour Oublier ?</a> <i>par <a href= »http://www.dailymotion.com/EKINERCAN &raquo; target= »_blank »>EKINERCAN</a></i>

merci à l’armurerie

Ma Vie au Mitard : la prison dans la prison

«Il m’est arrivé quelquefois, dans la solitude, de me représenter tout à coup combien, tandis que je jouissais paisiblement de ma liberté, il y avait sur la surface du globe, dans les pays les plus civilisés comme dans les plus barbares, d’hommes condamnés à ce supplice lent et terrible ; et j’étais effrayé de la somme de douleur qui semblait se presser autour de moi et me reprocher mes distractions et mon impitoyable insouciance. »

(Benjamin Constant)

Ça se passe en France, près de chez vous, près de chez moi.

Combien sont-ils d’hommes et de femmes à cet instant à être enterrés vivants en cellule disciplinaire, au mitard, au frigidaire, au cachot ? Combien sont-ils à être dans un monde hors du monde, dans un espace sans espace, dans une vie sans vie sans lumière et sans ombre ? Impossible de répondre à cette question. Une chose est sûre :les capacités de l’institution pénitentiaire n’ont jamais été, de toute notre histoire, autant sollicitées. Le nombre de détenus a atteint le 1er février 2012 un nouveau record historique, avec 65.699 personnes incarcérées, selon les statistiques mensuelles de l’administration pénitentiaire (AP).

Chacun le sait, cette surpopulation pénale chronique, est l’un des maux du système carcéral. Mais, ce que l’on sait moins, c’est que les cellules disciplinaires sont devenues pour l’administration pénitentiaire une variable d’ajustement, et pour les détenus l’unique moyen d’être seul en cellule. C’est absurde.

Et c’est ainsi que malgré l’inhumanité des conditions de détention au mitard, certains détenus n’hésitent pas à faire ce choix en refusant de partager leur « cellule ordinaire » avec un autre détenu. En prison, on punit un détenu qui a besoin d’une légitime solitude – elle a été reconnue par la loi comme un droit mais n’a jamais été appliquée faute de places – par une solitude souvent intenable. C’est alors que le suicide devient une obsession comme un ultime pied de nez à l’administration pénitentiaire.

Dès lors, le détenu se retrouve dans une cellule qui mesure en moyenne 2 mètres sur 4 avec un lit en béton, une table en béton, des toilettes à la turque. La surface de déambulation est en moyenne de 4,15 m2. Autrement dit, elle est inférieure aux normes réglementaires pour les chenils (5 m2, arrêté du 25 octobre 1982). La luminosité y est de 7 à 30 lux alors que pour lire un livre ou une lettre, la norme est de 300. La cellule est sale et puante car les outils de ménage y sont interdits. Le détenu y reste 23 heures sur 24, enfermé. Il a droit à une heure de « promenade » dans une minuscule petite cour grillagée.

Le prisonnier – un homme – conserve la même tenue vestimentaire tout au long de la durée de son séjour au mitard. Une fois par semaine, il a le droit à prendre une douche. La nourriture est servie dans un récipient qui ressemble plus à un pot de chambre ou un bac à nourriture pour chiens. Une ou deux couvertures, selon la saison, un rouleau de papier, une brosse à dents, du dentifrice, un morceau de savon et un verre en plastique. L’hiver, le froid est glacial ; l’été, la chaleur est étouffante. Des cachots souvent sans fenêtre. Quand il y en a une, elles sont tellement sales que voir le bleu du ciel est miraculeux.

Comme l’écrit Me Eolas « un particulier qui logerait quelqu’un dans ces conditions encourrait cinq années d’emprisonnement (les peines initiales de deux ans ont été portées à cinq par la loi sur la sécurité intérieure du précédent ministre de l’Intérieur…). Mais l’Etat est pénalement irresponsable, alors il peut se permettre. ».

L’Administration Pénitentiaire envoie donc des hommes au mitard avec un but clair, celui de briser une personne au risque de les rendre fous dans ces tombeaux de béton. Pas besoin d’avoir lu dans son intégralité la déclaration des droits de l’Homme et du citoyen pour comprendre que le mitard est incantatoire à la dignité humaine. Visionnaire et ancré dans son temps, Michel Foucault écrivait déjà, en 1969 que

« Nul de nous n’est sûr d’échapper à la prison. Aujourd’hui moins que jamais. Sur notre vie de tous les jours le quadrillage policier se resserre : dans la rue et sur les routes ; autour des étrangers et des jeunes ; le délit d’opinion est réapparu ; les mesures antidrogues multiplient l’arbitraire. Nous sommes sous le signe de la garde à vue. On nous dit que la justice est débordée. Nous le voyons bien. Mais si c’était la police qui l’avait débordée ? On nous dit que les prisons sont surpeuplées. Mais si c’était la population qui était suremprisonnée ? Peu d’informations se publient sur les prisons : c’est une des régions cachées de notre système social, une des cases noires de notre vie. Nous avons le droit de savoir, nous voulons savoir. »

Ça se passe en France, près de chez vous, près de chez moi.

Par Joseph Beauregard

Voir Joseph Beauregard, « Ma Vie au Mitard »,

un webdocumentaire LeMonstre.fr.

 

lu sur temps présents