7 techniques de mensonge du FN

Technique de mensonge n°1: manipuler les chiffres
C’est en particulier sur l’immigration que le FN argumente en présentant des chiffres faux, des constats que les chiffres avérés contredisent, ou des chiffres objectivement manipulés. Par exemple, Marine Le Pen a dit en mars 2013 sur France 3 que « l’immigration coûte 70 milliards d’euros par an ». Elle a omis de mentionner que l’immigration rapporte également de l’argent à la France. Or, en faisant le solde entre ce que l’immigration coûte et rapporte à la France, il est positif de près de 4 milliards d’euros pour la France.

Technique de mensonge n°2: confondre une corrélation avec une causalité

C’est en particulier sur la criminalité et la délinquance que le FN argumente en confondant une corrélation (« A s’accompagne de B ») avec une causalité (« A est la cause de B »). Par exemple, Marine Le Pen a recommandé à ses sympathisants la lecture de La France orange mécanique de Laurent Obertone. Ce livre recense des actes criminels barbares commis en France par des personnes par ailleurs issues de telle ou telle culture (« A s’accompagne de B »). Il déduit de ces origines culturelles que leur barbarie provient de leur culture (« A est la cause de B »): d’où sa théorie de « l’ensauvagement ». Cette technique permet au FN de soutenir que l’immigration est une source d’insécurité. Or, le raisonnement est absurde : appliqué au fait que 97% des détenus de France sont des hommes, il aboutirait à la conclusion qu’un grand plan national d’opérations massives de changement de sexe réduirait la criminalité.

Technique de mensonge n°3: l’amalgame

C’est probablement la technique la plus couramment employée par le FN pour mentir aux électeurs. Que des élus de gauche ou de droite soient condamnés pour corruption, et le FN parle de « tous pourris ». Qu’un islamiste commette des attentats, et l’islam n’est pas compatible avec la République. Que des immigrés commettent des délits, et l’immigration est une cause d’insécurité. Sur tous ces points, l’amalgame est statistiquement indéfendable: par exemple, sur l’insécurité, même si l’on supposait que la totalité des détenus de France sont des immigrés maghrébins (ce qui est faux), cela représenterait alors un taux minuscule de 0,44% de la population totale d’immigrés maghrébins en France.

Technique de mensonge n°4: le sous-entendu

Encore lors des débats des élections européennes, Marine Le Pen a déclaré que les gens voient bien qu’il y a trop d’immigrés. Affirmer qu’ils le voient, c’est un sous-entendu raciste. En effet, il est évidemment impossible de distinguer à l’œil nu un immigré d’une personne née en France. Donc, en réalité, dire que les gens voient qu’il y a trop d’immigrés, c’est sous-entendre qu’ils voient qu’il y a trop de personnes qui n’ont pas la peau blanche. Cela permet d’envoyer un message raciste à l’électorat, tout en préservant la possibilité de nier ce racisme. Au demeurant, dans son programme de 2012, le FN prend explicitement la défense des « hommes blancs ».

Technique de mensonge n°5: l’usurpation de la rhétorique républicaine

C’est en particulier une méthode très courante de la part de Florian Philippot, soldat perdu du chevènementisme devenu bras droit de Marine Le Pen. La technique consiste à employer la sémantique républicaine pour recouvrir un argumentaire qui, sur le fond, reste d’extrême droite. Par exemple, le FN prétend être grand défenseur de la laïcité, valeur républicaine par excellence. Cependant, sur le fond, lorsqu’il parle de laïcité, c’est généralement pour s’attaquer à l’islam. Autre exemple: le FN revendique d’être opposé au communautarisme, par essence incompatible avec l’individualisme républicain. Cependant, sur le fond, lorsqu’il parle de communautarisme, c’est en réalité pour être lui-même défenseur d’un communautarisme blanc. Corollairement, le FN est sélectif lorsqu’il prétend défendre les « racines » de la France. Typiquement, il met en avant les « racines chrétiennes » mais jamais ses racines gréco-romaines. Or, en se fondant sur les racines gréco-romaines, tous les pays méditerranéens ont les mêmes racines que nous…

Technique de mensonge n°6: prétendre ne plus être d’extrême droite

Le FN alterne sur ce point entre deux lignes contradictoires. Tantôt il prétend n’avoir jamais été d’extrême droite, tantôt il élude mais précise que ses idées ont changé avec le temps. Pourtant, non seulement le FN est toujours d’extrême droite, mais plus précisément, il est pétainiste. De fait, comme le régime pétainiste, il préconise notamment une hiérarchie sociale fondée sur le sang français, un Etat fort protecteur des artisans et petits commerçants, une politique nataliste et anti-IVG, et la liberté de faire de la propagande antisémite. Par ailleurs, comme le régime pétainiste, il s’est choisi Jeanne d’Arc pour icône. En outre, il compte parmi ses fondateurs des anciens collabos: par exemple, son tout premier trésorier, Pierre Bousquet, est un ancien caporal SS, et François Brigneau, ancien vice-président du FN, servit dans la Milice du régime de Vichy.

Technique de mensonge n°7: la frappe ciblée

C’est une ligne de défense quasiment systématique du FN lorsqu’une de ses idées est identifiée comme étant d’extrême droite. Il riposte en citant une personne qui défend la même idée, ou un gouvernement étranger qui l’a appliquée, et qui n’est pas d’extrême droite. Par exemple, lorsque dans un débat sur France 2, en octobre 2013, Martine Billard a identifié comme pétainiste l’expression « redressement national » employée par Florian Philippot, ce dernier a répliqué qu’Arnaud Montebourg était ministre du « redressement » productif sans être pour autant pétainiste. En réalité, à l’échelle de la planète, presque aucune des propositions du FN n’est une position uniquement défendue par l’extrême droite française. C’est la combinaison spécifique de propositions qui est caractéristique de l’extrême droite française, et plus précisément, du pétainisme.

Thomas Guénolé sur son blog du huffington post

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Non nos bons maîtres, nous ne voterons plus pour vous…

 » Quand l’extrême droite progresse chez les gens ordinaires, c’est d’abord sur elle-même que la gauche devrait s’interroger. « 

Georges Orwell

on peut lire sur les réseaux asociaux et chez les gens du monde réel une surprise et moûltes commentaires sur les élections européennes du 25 mai. Pourtant on peut en revenir à quelques chiffres simples :

– En 2009, 59.5% d’abstention, 6.3% pour le FN.
– En 2014, 57% d’abstention, 25% pour le FN.

pourtant si la loi électorale n’avais pas évoluée il y a deux ans ce chiffre serait encore plus grand :

en effet :

L’abstention consiste à ne pas participer à une élection ou à des opérations de référendum. Elle traduit soit un désintérêt total pour la vie publique, soit un choix politique actif consistant à ne pas se prononcer afin de montrer son désaccord. Ainsi, à l’occasion du référendum sur les accords de Matignon portant sur l’avenir de la Nouvelle-Calédonie en 1988, l’un des partis de l’opposition avait appelé ses partisans à s’abstenir pour s’opposer au texte. Néanmoins, l’abstention semble traduire une crise de la représentation et peut poser la question de la légitimité du pouvoir politique élu avec une faible participation.

Le vote blanc consiste à déposer dans l’urne une enveloppe vide ou contenant un bulletin dépourvu de tout nom de candidat (ou de toute indication dans le cas d’un référendum). Ce type de vote indique une volonté de se démarquer du choix proposé par l’élection.

Le vote nul correspond à des bulletins déchirés ou annotés qui ne sont pas pris en compte dans les résultats de l’élection. Il est parfois difficile d’interpréter le sens d’un vote nul. L’électeur n’a pas forcément souhaité que son vote soit nul (il a cru, par exemple, qu’une mention manuscrite ajoutée n’aurait aucune incidence). Mais il arrive également que l’électeur ait volontairement déposé un bulletin nul pour manifester son opposition aux différents candidats et programmes présentés.

Depuis la loi du 21 février 2014 visant à reconnaître le vote blanc aux élections les bulletins blancs seront, à compter du 1er avril 2014, décomptés séparément des votes nuls et annexés en tant que tel au procès verbal dressé par les responsables du bureau de vote. Mais, comme auparavant, ils ne seront pas pris en compte dans le nombre des suffrages exprimés (ensemble des bulletins moins les votes blancs et nuls).

Cette loi est l’aboutissement d’une proposition de loi déposée à l’Assemblée nationale en juillet 2012 qui avait pour objectif de faire reconnaître que le vote blanc est un acte citoyen qui se distingue de l’abstention – l’électeur s’étant déplacé jusqu’à son bureau de vote – et exprime une volonté politique de participer au scrutin pour dire son refus de choisir entre les candidats en lice. La prise en compte du vote blanc pourrait permettre de faire reculer le taux d’abstention.

lu sur vie publique

et pourtant le but de cette loi et du parti du vote blanc et de faire reconnaitre, non un désintérêt pour la vie politique mais la lassitude des électeurs vis a vis de ce système de démocratie indirect où l’électeur n’as constitutionnellement aucun contrôle sur son élu !

si on relis les propositions à ce sujet au lieu de minimiser la non participation aux élections, le but premier était plutôt de reconnaitre le ras-le-bol des citoyens-électeurs vis à vis d’un système où l’absence de choix réel domine. A quoi bon allez voter pour bonnet blanc ou blanc bonnet ?

 

le vrai courage politique serait de reconnaitre que si l’ensemble des abstentionnistes, bulletin nuls et blanc dépassait la majorité des inscrits (et encore on pourrait prendre en compte la différence entre ceux qui on le droit de vote ou pas dans la population) à une élection celle ci devrait être invalidée et ré organisée dans d’autres termes afin de correspondre au attentes de tous et toutes !

Et pourtant pour les nationaux-patriotes, zoziaux-chauvins et autres fafounets fier-e-s de leurs pinards et camembert, le rendez vous n’a pas été manqué; et la structure politique qui a recueillit leurs voix s’enrichit de leurs votes protestataires.

la presse libérale du kapital pourras toujours nous compter que ce sont les moins instruits qui votent extreme , elle oublie que plutôt de voter fn les classes laborieuses ne votent plus, elles ne croient tous simplement plus au cirque électoral qui l’as trop souvent dupé. (si vous ne connaissez pas les statistiques sur le sujet, faites vos devoirs petits malins !)

Donc nous remercierons d’avance les sociaux démocrates de ne plus abuser du vote utile, « rempart de l’antifascisme  » et plutôt que de les voir sermonner les déserteurs de l’isoloir, nous préfèrerions qu’ils s’intéressent aux raisons qui fait que leurs moutons ne veulent plus être pris pour des cons !

le pire de toute cette comédie est que la farce n’est plus toute jeune, le mot de la fin restant à Octave Mirbeau avec ces mots écrits pour le figaro du 28 novembre 1888 :

La grève des électeurs

Une chose m’étonne prodigieusement — j’oserai dire qu’elle me stupéfie — c’est qu’à l’heure scientifique où j’écris, après les innombrables expériences, après les scandales journaliers, il puisse exister encore dans notre chère France (comme ils disent à la Commission du budget) un électeur, un seul électeur, cet animal irrationnel, inorganique, hallucinant, qui consente à se déranger de ses affaires, de ses rêves ou de ses plaisirs, pour voter en faveur de quelqu’un ou de quelque chose. Quand on réfléchit un seul instant, ce surprenant phénomène n’est-il pas fait pour dérouter les philosophies les plus subtiles et confondre la raison ?

Où est-il le Balzac qui nous donnera la physiologie de l’électeur moderne ? et le Charcot qui nous expliquera l’anatomie et les mentalités de cet incurable dément ? Nous l’attendons.

     Je comprends qu’un escroc trouve toujours des actionnaires, la Censure des défenseurs, l’Opéra-Comique des dilettanti, le Constitutionnel des abonnés, M. Carnot des peintres qui célèbrent sa triomphale et rigide entrée dans une cité languedocienne ; je comprends M. Chantavoine s ‘obstinant à chercher des rimes ; je comprends tout. Mais qu’un député, ou un sénateur, ou un président de République, ou n’importe lequel parmi tous les étranges farceurs qui réclament une fonction élective, quelle qu’elle soit, trouve un électeur, c’est-à-dire 1’être irrêvé, le martyr improbable, qui vous nourrit de son pain, vous vêt de sa laine, vous engraisse de sa chair, vous enrichit de son argent, avec la seule perspective de recevoir, en échange de ces prodigalités, des coups de trique sur la nuque, des coups de pied au derrière, quand ce n’est pas des coups de fusil dans la poitrine, en vérité, cela dépasse les notions déjà pas mal pessimistes que je m’étais faites jusqu’ici de la sottise humaine, en général, et de la sottise française en particulier, notre chère et immortelle sottise, ô chauvin !

     Il est bien entendu que je parle ici de l’électeur averti, convaincu, de l’électeur théoricien, de celui qui s’imagine, le pauvre diable, faire acte de citoyen libre, étaler sa souveraineté, exprimer ses opinions, imposer — ô folie admirable et déconcertante — des programmes politiques et des revendications sociales ; et non point de l’électeur « qui la connaît » et qui s’en moque, de celui qui ne voit dans « les résultats de sa toute-puissance » qu’une rigolade à la charcuterie monarchiste, ou une ribote au vin républicain. Sa souveraineté à celui-là, c’est de se pocharder aux frais du suffrage universel. Il est dans le vrai, car cela seul lui importe, et il n’a cure du reste. Il sait ce qu’il fait. Mais les autres ?

     Ah ! oui, les autres ! Les sérieux, les austères, les peuple souverain, ceux-là qui sentent une ivresse les gagner lorsqu’ils se regardent et se disent : « Je suis électeur ! Rien ne se fait que par moi. Je suis la base de la société moderne. Par ma volonté, Floque fait des lois auxquelles sont astreints trente-six millions d’hommes, et Baudry d’Asson aussi, et Pierre Alype également. » Comment y en a-t-il encore de cet acabit ? Comment, si entêtés, si orgueilleux, si paradoxaux qu’ils soient, n’ont-ils pas été, depuis longtemps, découragés et honteux de leur œuvre ? Comment peut-il arriver qu’il se rencontre quelque part, même dans le fond des landes perdues de la Bretagne, même dans les inaccessibles cavernes des Cévennes et des Pyrénées, un bonhomme assez stupide, assez déraisonnable, assez aveugle à ce qui se voit, assez sourd à ce qui se dit, pour voter bleu, blanc ou rouge, sans que rien l’y oblige, sans qu’on le paye ou sans qu’on le soûle ?

     À quel sentiment baroque, à quelle mystérieuse suggestion peut bien obéir ce bipède pensant, doué d’une volonté, à ce qu’on prétend, et qui s’en va, fier de son droit, assuré qu’il accomplit un devoir, déposer dans une boîte électorale quelconque un quelconque bulletin, peu importe le nom qu’il ait écrit dessus ?… Qu’est-ce qu’il doit bien se dire, en dedans de soi, qui justifie ou seulement qui explique cet acte extravagant ?

     Qu’est-ce qu’il espère ? Car enfin, pour consentir à se donner des maîtres avides qui le grugent et qui l’assomment, il faut qu’il se dise et qu’il espère quelque chose d’extraordinaire que nous ne soupçonnons pas. Il faut que, par de puissantes déviations cérébrales, les idées de député correspondent en lui à des idées de science, de justice, de dévouement, de travail et de probité ; il faut que dans les noms seuls de Barbe et de Baihaut, non moins que dans ceux de Rouvier et de Wilson, il découvre une magie spéciale et qu’il voie, au travers d’un mirage, fleurir et s’épanouir dans Vergoin et dans Hubbard, des promesses de bonheur futur et de soulagement immédiat. Et c’est cela qui est véritablement effrayant. Rien ne lui sert de leçon, ni les comédies les plus burlesques, ni les plus sinistres tragédies.

     Voilà pourtant de longs siècles que le monde dure, que les sociétés se déroulent et se succèdent, pareilles les unes aux autres, qu’un fait unique domine toutes les histoires : la protection aux grands, l’écrasement aux petits. Il ne peut arriver à comprendre qu’il n’a qu’une raison d’être historique, c’est de payer pour un tas de choses dont il ne jouira jamais, et de mourir pour des combinaisons politiques qui ne le regardent point.

     Que lui importe que ce soit Pierre ou Jean qui lui demande son argent et qui lui prenne la vie, puisqu’il est obligé de se dépouiller de l’un, et de donner l’autre ? Eh bien ! non. Entre ses voleurs et ses bourreaux, il a des préférences, et il vote pour les plus rapaces et les plus féroces. Il a voté hier, il votera demain, il votera toujours. Les moutons vont à l’abattoir. Ils ne se disent rien, eux, et ils n’espèrent rien. Mais du moins ils ne votent pas pour le boucher qui les tuera, et pour le bourgeois qui les mangera. Plus bête que les bêtes, plus moutonnier que les moutons, l’électeur nomme son boucher et choisit son bourgeois. Il a fait des Révolutions pour conquérir ce droit.  

        Ô bon électeur, inexprimable imbécile, pauvre hère, si, au lieu de te laisser prendre aux rengaines absurdes que te débitent chaque matin, pour un sou, les journaux grands ou petits, bleus ou noirs, blancs ou rouges, et qui sont payés pour avoir ta peau ; si, au lieu de croire aux chimériques flatteries dont on caresse ta vanité, dont on entoure ta lamentable souveraineté en guenilles, si, au lieu de t’arrêter, éternel badaud, devant les lourdes duperies des programmes ; si tu lisais parfois, au coin du feu, Schopenhauer et Max Nordau, deux philosophes qui en savent long sur tes maîtres et sur toi, peut-être apprendrais-tu des choses étonnantes et utiles. Peut-être aussi, après les avoir lus, serais-tu moins empressé à revêtir ton air grave et ta belle redingote, à courir ensuite vers les urnes homicides où, quelque nom que tu mettes, tu mets d’avance le nom de ton plus mortel ennemi. Ils te diraient, en connaisseurs d’humanité, que la politique est un abominable mensonge, que tout y est à l’envers du bon sens, de la justice et du droit, et que tu n’as rien à y voir, toi dont le compte est réglé au grand livre des destinées humaines.

     Rêve après cela, si tu veux, des paradis de lumières et de parfums, des fraternités impossibles, des bonheurs irréels. C’est bon de rêver, et cela calme la souffrance. Mais ne mêle jamais l’homme à ton rêve, car là où est l’homme, là est la douleur, la haine et le meurtre. Surtout, souviens-toi que l’homme qui sollicite tes suffrages est, de ce fait, un malhonnête homme, parce qu’en échange de la situation et de la fortune où tu le pousses, il te promet un tas de choses merveilleuses qu’il ne te donnera pas et qu’il n’est pas d’ailleurs, en son pouvoir de te donner. L’homme que tu élèves ne représente ni ta misère, ni tes aspirations, ni rien de toi ; il ne représente que ses propres passions et ses propres intérêts, lesquels sont contraires aux tiens. Pour te réconforter et ranimer des espérances qui seraient vite déçues, ne va pas t’imaginer que le spectacle navrant auquel tu assistes aujourd’hui est particulier à une époque ou à un régime, et que cela passera. Toutes les époques se valent, et aussi tous les régimes, c’est-à-dire qu’ils ne valent rien. Donc, rentre chez toi, bonhomme, et fais la grève du suffrage universel. Tu n’as rien à y perdre, je t’en réponds ; et cela pourra t’amuser quelque temps. Sur le seuil de ta porte, fermée aux quémandeurs d’aumônes politiques, tu regarderas défiler la bagarre, en fumant silencieusement ta pipe.

     Et s’il existe, en un endroit ignoré, un honnête homme capable de te gouverner et de t’aimer, ne le regrette pas. Il serait trop jaloux de sa dignité pour se mêler à la lutte fangeuse des partis, trop fier pour tenir de toi un mandat que tu n’accordes jamais qu’à l’audace cynique, à l’insulte et au mensonge.

     Je te l’ai dit, bonhomme, rentre chez toi et fais la grève.

A bon entendeurs, salauds !

un tonton resté peinard hier

Joué-lès-Tours : le courrier du maire qui calomnie les écoles de la ville

[Un article intéressant des copains de tours médias libres 
qui revient sur l'implication de la mairie dans un drôle de mic-mac :

 Avec une ancienne figure de gauche devenue religieuse,
les réacs ultra-catholiques qui ont leurs marmailles dans des écoles privées 
organisent des "journées de retrait de l'école" où des familles 
plutôt d’obédience musulmane vont faire louper des jours d'école publique
à leurs bambins contre une pseudo théorie des genres,
 nouveau canular d'un printemps fascisant anti mariage pour tous... 

Oui toi aussi cher lecteur, lectrice ça te choque les esgourdes un truc pareil !

Aniki Freynet]

Le nouveau maire de Joué-lès-Tours, Frédéric Augis, a reconnu auprès de La Nouvelle République être l’auteur du document dont avons publié des extraits le 7 avril. En revanche, il nie toujours être à l’origine du tract calomnieux. Voici l’intégralité de la lettre écrite par Augis, soi disant pour « rassurer » une responsable associative de la ville.

Comme nous le disions dans notre précédent article, qui reprenait le déroulement de l’affaire, le contenu de ce courrier a préparé le terrain à la rumeur lancée par le collectif d’extrême-droite « Journée de retrait de l’école » (JRE) qui a visé une enseignante de l’école Blotterie. Augis ment lorsqu’il écrit que « la théorie du genre est présente dans les écoles jocondiennes », puisqu’il n’y a pas d’éducation au genre dans les écoles du département. Et vu le contenu des attaques lancée par JRE contre l’école, on peut s’inquiéter de lire : « je serai toujours un soutien pour les collectifs et les associations qui se battent contre ce genre de théories et autres abominations ».

Lundi 7 avril, environ 200 personnes se sont réunies devant l’inspection académique à l’appel de SUD Education 37, afin de témoigner de leur soutien à l’enseignante attaquée. Une militante syndicale déclarait alors :

« Nous sommes aussi ici pour réaffirmer que la théorie du genre n’existe pas ailleurs que dans le vocabulaire des groupes ultra-conservateurs qui refusent une quelconque réflexion sur l’égalité des droits. L’égalité des droits entre enfants sera toujours défendue dans les écoles ! »

Pour rappel, Frédéric Augis est aussi signataire de la « charte Manif pour tous ». Dans cette charte, il est notamment indiqué que les élus devront « préserver l’enfant de toute expérimentation basée sur les concepts de Genre, diffusés sous couvert de lutte contre les stéréotypes et pour l’égalité Homme / Femme, en particulier en maternelle, dans les crèches et dans les temps périscolaires à l’école. »

L’offensive réactionnaire se poursuit, et elle a trouvé un militant de choix en la personne du nouveau maire de Joué-lès-Tours (dont l’élection fait l’objet d’une requête en annulation auprès du tribunal administratif).

lu sur toursmedialibre

n’oublions pas que le facho devant devant des les cameras reste un politicien…donc une balance !

Serge Ayoub, le skin utile à la police?

SOCIETE – Connu depuis les années 80, Serge Ayoub est revenu au premier plan de l’actualité à l’occasion de la mort de Clément Méric. Depuis trente ans, l’homme passe entre les gouttes de la justice et reste la figure de proue du mouvement skin d’extrême droite…

Toujours là. Jeudi dernier, Serge Ayoub a été le premier à dégainer dans les médias. Non, ses JNR ne sont pas responsables de la mort de Clément Méric, affirme-t-il à l’AFP. Ayoub déclare dans la foulée avoir parlé aux auteurs des faits. Ce qui lui a valu d’être entendu par la police. Plus de trente ans après l’explosion du mouvement skin en France, Ayoub, au cœur des réseaux, est toujours la vitrine officielle du mouvement pour les médias et la police. «S’il y avait eu des preuves tangibles de faits grave, il serait à l’ombre», affirme une source policière.

Entre les gouttes

Emprisonné quelque temps pour trafic de stéroïdes lors de sa période biker dans les années 90, Serge Ayoub n’a jamais connu de grands problèmes judiciaires. L’homme n’a pourtant jamais caché ses penchants violents. Soupçonné d’avoir mené de nombreuses ratonnades à la fin des années 80 (des actions souvent revendiquées par les néonazis du PNFE et non par les JNR filmés par France 5 lors de l’agression d’un métis), au cœur des bastons contre les Redskins qu’il revendique (voir ci-dessous), témoin lors du procès de son bras droit, Régis Kerhuel, le  leader des JNR n’est jamais tombé.

Dans le docu «Sur les pavés»,  Ayoub fanfaronne à propos des bagarres contre des «chasseurs de skins» en évoquant un coup de poignard (12’25), parle d’une guerre (21’) et lâche comment il fracasse des gars (30’30 puis les minutes qui suivent) :

Du coup, le milieu de la droite radicale, où batskin s’est fait beaucoup d’ennemis, bruisse de rumeurs. Fils d’une magistrate, il serait protégé par la police. Pire, il  informerait  les RG qui le laissent peinard. Sauf que personne n’a jamais pu apporter le début d’une preuve à ces bruits. «Il y a toujours des rumeurs de ce type sur toutes les personnalités de la droite radicale, analyse le chercheur Nicolas Lebourg, avant de se faire provocateur. Mais finalement, un type qui encadre des gens violents est plutôt utile du point de vue du ministère de l’Intérieur et de l’ordre public. Pendant qu’ils paradent en chemise noire devant les caméras et appareils photo, ils ne se servent pas de leurs battes dans la clandestinité.»

De maigres effectifs  sous contrôle

Visible, bien identifié, toujours beau parleur comme à l’époque où il était invité de «Ciel mon mardi» dans les années 80, Batskin serait le crâne rasé utile du système. «Il n’est pas abruti et maîtrise des gens qui seraient tout le temps sur le fil sinon. Il y a un côté façade officielle qui rend plus facile le travail de surveillance de la police», résume Nicolas Comte, secrétaire général adjoint du syndicat Unité SGP Police-Force Ouvrière.

L’homme bénéficie d’une aura sur les jeunes. Avec son mouvement syndical Troisième voie, il cherche toujours à fédérer, notamment dans les nouveaux milieux Gabber skins (skins amateurs de techno hardcore, la Gabber), comme l’ont montré les travaux du chercheur Stéphane François. Mais qui représente-t-il encore? Lors de leur défilé annuel du 9 mai, les JNR sont largement moins d’une centaine. Sans vraiment inquiéter les forces de police. «Ayoub est avec les JNR comme un maître avec ses pittbulls: « Assis, Couchés, Mordez »… Et ils obéissent. Les troupes des Jeunesses nationalistes de Gabriac sont beaucoup moins sous contrôle», explique Jean-Yves Camus, spécialiste de l’extrême droite.

Le business skin

S’il structure la galaxie skin, Ayoub a également besoin du milieu pour exister. Ce qui explique ses multiples renaissances. Alors qu’il s’en était éloigné dans les années 90 (absent lors de la manif du FN qui avait provoqué la mort d’un SDF malien), il a fait sa réapparition en 2007 en ouvrant le Local, un bar rue de Grenelle. Comme dans les années 80-90 où il avait ouvert deux boutiques, détruite puis fermée administrativement, il y vend encore des t-shirts à la gloire de son mouvement. «Il crée un business et utilise son immense capital social dans ce milieu. Et qu’est-ce qu’il pourrait faire d’autres? Disons que la croix gammée est assez peu bankable dans une entreprise normale», conclut Lebourg.

lu dans leur presse gratuite mais pour une fois bien documentée 20 mn

Communiqué suite à la manifestation en hommage à Clément à Poitiers

Le jeudi 6 juin à 18 h 30 a eu lieu à Poitiers comme dans de nombreuses autres villes une manifestation organisée à l’appel du groupe unitaire contre l’extrême droite de la Vienne à la suite de la mort de Clément Méric à Paris. Nous avons été agréablement surpris de l’ampleur de la manifestation organisée dans la journée même (entre 250 et 300 personnes), mais nous avons cependant quelques critiques à émettre et besoin de rappeler certains faits.

Nous nous étonnons que des cadres du Parti socialiste de la mairie de Poitiers soient venus sans honte se montrer en mémoire de quelqu’un qui les combattait politiquement. En effet, rappelons que Clément était certes un militant antifasciste mais qu’on ne saurait le réduire à cela. Il était révolutionnaire, et impliqué dans les luttes contre le capital et fatalement contre le gouvernement socialo-écologiste actuel. Antifasciste convaincu, il militait aussi contre toutes les formes d’exploitation et de domination : le sexisme, le racisme et l’homophobie…

Revenons à la manifestation poitevine, non déclarée comme le veut la tradition ici, et regroupant des individus (libertaires ou proches), encartés de gauche et d’extrême gauche et autres membres d’associations. Voilà bien longtemps que tout ce beau monde n’avait pas été réuni. En effet, le bras de fer entre la mairie socialiste et les associations, les anarchistes et surtout dernièrement le DAL 86 dure depuis plusieurs années, et la gouvernance de M. Claeys nous montre le véritable visage de la social-démocratie depuis.

Nous avons donc pu voir nos braves cadres locaux se retirer du cortège au niveau de la mairie alors que ce dernier évoluait vers la préfecture. Très bien, nous dirons-nous, mais cette manœuvre semble aussi avoir été tactique. Car, plus d’une heure après la fin de la manifestation, deux personnes ont été arrêtées et emmenées au poste pour « manifestation illégale » et « outrage aux forces de l’ordre » (des « Flics porcs assassins » s’étant glissés dans les slogans scandés). Ces deux personnes seront relâchées le lendemain et passeront en Comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC). Devant le procureur, donc. Mais le fait intéressant à noter ici est cette phrase lâchée par un conseiller municipal et conseiller de Grand Poitiers bien connu comme bureaucrate de la lutte (notamment au sein des MJS lors du mouvement anti-CPE) : « Ce n’est pas une manifestation, mais un rassemblement silencieux contre les violences de l’extrême droite ». Voilà, tout est dit. Vous vous êtes fait attraper ? Vous ne pouvez que vous en prendre à vous-mêmes. Il ne fallait pas faire de manif (ou du moins pas jusqu’au bout)… puisqu’il existe une pression de la préfecture vis-à-vis des manifestations non déclarées depuis environ un an, et relayée par son chien de garde édenté : la mairie.

Ici donc, les socialistes poitevins suivent la ligne dictée par l’Elysée et le taulier de la place Beauvau : s’émouvoir de manière hypocrite sur la violence et la dangerosité idéologiques des groupes fascistes bien connus. Alors que ce sont ces mêmes socialistes qui, de par leur politique, ne contribuent point à faire reculer les pratiques et idées de l’extrême droite ; bien au contraire, celle-ci s’en est servie à plusieurs reprises afin de gagner des élections, de promouvoir des politiques sécuritaires de la République (n’oublions pas que les centres de rétention, ces prisons démocratiques pour étrangers, datent de l’ère mitterrandienne). Par ailleurs, le jour même où Clément a été agressé, la police de Manuel Valls procédait à une grande rafle de sans-papiers dans le quartier populaire de Barbès à Paris. République, sacro-sainte République! Tel un chant incantatoire, ce terme sonnait creux pour Clément et ses camarades ! Alors, fichez-nous la paix avec cet appel à un front républicain chimérique.

La République n’est qu’un champ de bataille symbolique pour les aspirants au pouvoir, ça fait bien longtemps que son caractère attractif et magique n’opère plus ! Bref, nous nous opposons fermement à cette tentative de récupération étatique de la mort de Clément.

De plus, nous pensons que la dissolution de groupes fascistes ne changera pas la donne. Hormis leur caractère symbolique orchestré par le pouvoir et une partie de la gauche, l’Histoire nous a montré à plusieurs reprises que la dissolution de ces groupes est un leurre (des Ligues des années 1930 à Unité radicale des années 2000, en passant par Ordre nouveau des années 1970) : ils se sont toujours reformés, ils ont juste eu besoin de changer de nom. Mais nous n’appelons pas non plus à une « justice pour Clément ». Cette justice qui nous condamne aussi bien et que nous combattons tous les jours.

Soulignons que depuis plusieurs années les fascistes et autres nazillons ressortent dans la rue et souhaitent la reprendre, galvanisés par les scores de leurs homologues dans de nombreux pays en Europe (Grèce, Hongrie…) sur fond de crise économique. Nous ne découvrons rien, dans plusieurs villes les fascistes sont très actifs, et s’adonnent à des actions violentes et/ou symboliques : Lyon, Toulouse, Tours, Besançon, etc. Mais les dernières manifs contre le mariage homosexuel leur ont permis de se rencontrer, de recruter, bref d’avoir un nouveau souffle, avec la complicité des médias ayant offert leurs micros sur des plateaux d’argent à des mouvements réactionnaires de toutes sortes disséminant leurs discours haineux.

Par exemple, nous avons remarqué qu’ils sont de plus en plus présents sur Poitiers, du moins par leurs affiches et autocollants. Qu’ils soient à Méridien Zéro, au Mouvement Action Sociale, au Parti de France, à l’Œuvre Française ou au plus traditionnel Front National, les militants fascistes tentent de s’implanter localement et durablement. Ils se sentent même pousser des ailes. Pour preuve, début mai ont été découvertes des affiches, collées dans les rues de Poitiers, comprenant les photos de deux militants du NPA avec comme surtitre « Wanted » et cette légende : « Tags dégueulasses, gribouillis partout, panneaux sales, portes tatouées ? Assez ! La police s’en occupe pas on va s’en occuper ! ».

En mémoire de notre camarade Clément,nous souhaiterions que les bureaucrates politiques, membres du gouvernement et autres charognards de la presse fassent profil bas sur le sujet. Pour vous, fascistes, belek : une attaque contre un est une attaque contre tous.

 Dieu pardonne, pas le prolétariat !

 L’Épine noire

[Merci les grévistes de PSA Aulnay] Une « anecdote passée injustement inaperçue » à propos de Mélenchon

Affront de gauche

Pas toujours facile, même pour le Front de gauche, de soutenir les travailleurs en lutte. À preuve cette anecdote en date du 20 mars, passée injustement inaperçue : ce jour-là, Mélenchon va soutenir les grévistes de PSA Aulnay et remettre à leur meneur CGT, Jean-Pierre Mercier, une enveloppe contenant un chèque pour la contribution du Front de gauche à la caisse de grève. Mais, lorsque que Mercier en découvre le montant, c’est la douche froide : 1400 euros de dons. Pas vraiment de quoi améliorer 1’ordinaire de 500 salariés en grève depuis le 16 janvier…

https://i1.wp.com/juralib.noblogs.org/files/2013/05/059.jpgLe 9 avril, lors de la manif pour l’emploi et contre l’accord national interprofessionnel (ANI), « Méluche » retrouve les grévistes de PSA. Alors qu’il s’approche d’eux, il croit entendre monter cette clameur : « Le chef, le chef, le chef ! » Ni une ni deux, notre vedette bombe le torse, lève les bras et se précipite pour avoir son bain de foule, en se mettant à vociférer lui aussi : « Le chef, le chef ! » Las, arrivé à proximité du cortège, le pauvre Mélenchon découvre que les PSA, mécontents de sa maigre contribution à leur longue grève, lui crient en réalité : « Le chèque, le chèque, le chèque ! »

La lutte finale, c’est parfois ingrat.

Presse chéquarde (Le Canard enchaîné, 7 mai 2013)

lu sur le juralibertaire

DE CLERMONT-FERRAND A BARCELONE : ANARCHOSYNDICALISME !

Du 1e au 4 mai, la CNT-AIT 63 a tenté d’apporter sa pierre à l’édifice de la résistance populaire et autonome. Au programme : manifestation du 1e mai, présentation de la lutte contre Nataïs à Cornella en Catalogne le 3, et manifestation contre la torture en prison et les violences policières le 4 à Barcelone.

1e mai : riposte anarchosyndicaliste !

Après les succès des deux années précédentes, nous avions longuement discuté sur ce 1e mai. Nous avons finalement décidé de faire un cortège autonome. En tout honnêteté, il nous sera difficile de faire aussi réussi que l’an dernier. Pour autant, nous sommes satisfait-es. L‘année dernière, nous avions rappelé aux syndicats l’histoire du 1er mai et, cette année, nous avons essayé leur rappeler leur rôle de pompiers du capital. A l’appel de la CNT-AIT 63, une 30aine de personnes nous ont rejointes. C’est pour nous très positif. Rendez-vous donc au local à 09h30, local trop petit pour accueillir tout ce monde !

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Puis nous sommes joyeusement et spontanément parti-es en déambulation sur la ligne de tram, chantant quelques slogans, donnant des tracts aux rares passant, chambrant deux socialistes de passage. Un joyeux bordel. Un compagnon a parfaitement commenté : « Les Pieds Nickelés essayant de faire du syndicalisme ».

Après un début un peu n’importe comment, nous arrivions pas loin du rassemblement syndical (CGT, FSU, Solidaires, UNEF rejoints par FO). Moins de 200 personnes sur la Place de la Liberté… Et de nul part, déboulent une 30aine de personnes, drapeaux rouges et noirs au vent. « Les syndicats sont nos amis, jamais ils ne nous ont trahis », « Ni Dieu, Ni Maître, Ni Social-Traître », « Résistance Populaire et Autonome » chantions-nous en plein milieu des discours syndicaux, pendant que des compagnes-ons diffusaient le tract. Plusieurs personnes sont venu-es demander un tract, un journal, discuter. Les syndicalistes (permanent-es pour la plupart) nous regardaient de travers. Vient le discours FO. Et là, à plein poumons « FO a signé à Renault ». Le chef local finit son discours par « Le slogan international du prolétariat le 1e mai, Ni Dieu, Ni Maître ! ». En ces temps de crise, la récupération est sans limites. Les esprits se sont alors échauffés avec des permanent-es de FO. On continue « Vive la lutte des travailleurs, sans permanents et sans subventions ». Ils se calment. On finit de differ les tracts. Les journalistes viennent alors nous voir, mais nous n’avions pas prévu de réponse collective. Ils ne parleront pas de nous, sauf 1 ligne dans La Montagne…

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Puis nous sommes parti-es finir ce 1e mai devant McDonald, « McDo exploite et licencie, Solidarité avec les exploités », en diffusant nos derniers tracts. Nous avons alors vu entrer au McDo… des militant-es Lutte Ouvrière. Un compagnon n’a pas hésité à leur faire remarquer…Un bon 1e mai, mais un début !

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CéNéTé-AIT 63 en exil

En « exil », un groupe d’anarchosyndicalistes de notre UL est parti ensuite, juste après la manifestation à la rencontre de compagnons du SIA 32 (syndicat du Gers de la CNT-AIT) à Auch (voir les articles sur la lutte à Nataïs, ou le dossier sur les sites des syndicats de Toulouse ou du SIA 32) pour se rendre ensuite à proximité de Barcelone pour la manifestation anarchiste anti-carcérale contre les tortures notamment de matons syndiqués de l’UGT (=CFDT), CCOO (=CGT) de nos compagnons embastillés.

Nous avons été accueilli-es par les compagnons de Cornella (banlieue de Barcelone). Les copains du SIA32 ont présenté leur lutte contre NATAÏS au local de nos compagnons de la CéNéTé AIT de Cornella. D’ailleurs nous en profitons pour vous annoncer que fin juin, nous organisons une soirée-débat sur Clermont sur cette lutte en cours. Tout d’abord cette rencontre avec nos compagnons espagnols a été riche en discussion, fraternité et émotion. Plus d’une 30aine de compagnes-ons du syndicat CNT-AIT de Cornella sont venu-es écouter le récit, accompagné de diapos : « Nataïs : une lutte anarchosyndicaliste dans le Gers ». Discussion passionnante, avec questions de compañer@s pour alimenter le tout. Nous sentions toute l’importance que ces compagnons, pourtant étrangers à cette lutte, accordaient néanmoins à leurs sœurs et frères de la région France, leur voix trahissant l’émotion de la lutte apatride qu’est la notre. Nous ne pouvions que faire piètre figure, tant nos gesticulations en France semblaient celles d’enfants pour qui découvre la puissance historique et actuelle de l’anarchisme espagnol. Néanmoins nous ne sentions que mieux l’importance de notre combat, et la nécessité de l’organiser de la meilleur façon qui soit. Ainsi cette leçon d’humilité ne restera pas lettre morte pour qui nous connaît.

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La discussion fut suivie d’un repas préparé par les compañer@s, et d’un concert organisé pour l’occasion, avec Fractal, un groupe venu de Barcelone, qui nous a même fait l’honneur de parler en français pour expliquer les morceaux !

Cela et a été l’occasion pour nous de voir l’ampleur du mouvement anarchiste ibérique. En effet par exemple le local de la CNT-AIT de Cornella en 2 parties fait près de 500m² et dispose d’une superbe bibliothèque sociale, d’une salle polyvalente (sport, cantine, débat…) populaire. Notre cœur a été réchauffé par l’accueil et la force de nos compagnons qui luttent notamment contre la précarité rampante en Espagne et aident des collectivos (réappropriation d’appartements…). Nous ressortions de là les yeux perdus au loin, dans les étoiles, et des idées débordantes d’espoir dans nos esprits. De ce que nous faisions ressortaient mieux les défauts, mais aussi les points forts. Allons de l’avant, construisons l’anarchisme ! Pour Clermont-Ferrand, c’est un matériel neuf que nous sommes allés chercher.

Le samedi 4 nous somme allés à la manifestation (interdite) contre les tortures de nos compagnons. En 2004, des prisonniers anarchistes ont été torturé-es à la prison Quatro Caminos en Catalogne, par des matons de l’UGT (=CFDT), des CCOO (=CGT) et d’un syndicat corpo (CATAC).

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La prison torture et assassine. CCOO, UGT et CATAC défendent les tortures

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Solidarité avec les prisonniers en lutte

Pour la 1e fois depuis la chute de Franco, la question de la torture est posée publiquement. Plus de 1 000 anarchistes, majoritairement jeunes, ont défilé pendant près de 3h depuis le local de l’UGT jusqu’à la prison de Barcelone en scandant des slogans tels que « Policia tortura y assassina » (la police torture et assassine), « Abajo los muros de los prisones » (A bas les murs des prisons). De nombreuses banderoles, tags ont auréolé la manifestation. Des arrêts réguliers pour diffuser les tracts prendre la parole. Notons la prise de parole poignante d’un compagnon torturé par les matons : « Je tiens à remercier toutes les personnes venues, d’un peu partout d’Espagne, ainsi que les anarchistes internationalistes français. J’ai été torturé par les syndicats de gauche. (Silence). Les syndicats de gauche sont le bras armé de l’Etat. » On en frissonnait.

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Un dispositif policier (environ 3 000) avait été mise en place pour faire taire la contestation. Des frissons de fraternité nous ont emparé pendant cette manifestation. L’ambiance est devenue plus électrique en fin de parcours avec des forces de l’ordre passablement excitées ! Le rassemblement s’est en effet terminé devant la prison de Barcelone, où ont été incarcéré-es, torturé-es… des centaines de compañer@s de la CNT-AIT ou autre, et ce sous Franco comme en « démocratie ». Ce fut une manifestation où l’émotion était palpable, chaque instant pouvant basculer dans l’affrontement avec les forces d’État. Il y avait quelque chose de vibrant dans les airs, non seulement dans les cris des compagnes et compagnons, mais davantage encore dans les silences qui cachaient une haine pour les peines que les plaisirs de quelques uns faisaient quotidiennement endurer à la majorité des autres. Car du travail aliéné tel que nous le subissons chaque jour aux coups reçus par nos frères incarcérés il n’y a qu’un pas, celui de la révolte. Et non seulement celui de la révolte en tant qu’expression d’une haine indéfectible pour l’oppression, mais aussi comme projet d’une société émancipée que les coups de nos bourreaux ne peuvent effacer de nos consciences et de nos cœurs. A noter que nos compagnons du Gers sont restés pour l’audience du procès des 9 matons le lundi 6.

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La prison c’est la torture. La démocratie torture et assassine ! Matons assassins.

Que l’on soit à Francfort où se tient un procès irrationnel de militants révolutionnaires sur des faits datant de près de 40ans, à Barcelone avec nos compagnons anarchistes où qu’elle que soit l’endroit, l’Etat et le capitalisme répriment, torturent… Et pendant ce temps-là, une nouvelle prison se construit à Riom…

Pierre par pierre, mur par mur, nous détruirons toutes les prisons.

La solidarité est une arme !

Solidarité Internationale !

Pour l’anarchosyndicalisme !

Lapoudre, Pitufo et le Pré-fAIT,

Union Locale CNT-AIT 63