[droit de réponse] Xavier Renou n’en démort pas, il ne voit pas où est le mal du « militantisme professionnel »

Suite à notre article sur l'ancienne version du  blog, l’intéressé à répondu.c'est notre devoir que d'en publier sa réponse.

Mais ne soyons pas dupe, chacun son métier monsieur Renou, nous sommes ouvrier-e-s, cuisinier-e-s, jardinier-e-s, chomeur'heureu-s-es 
nous sommes fier-e-s de mutualiser nos efforts au seins des collectifs
 et syndicats et quand des copains montent des entreprises 
c'est plus souvent des coopératives ou d'autres formes alternatives
 d'emplois plus éthiques que vos prestations de militants professionnels. 

Bah oui xavier, tu veux être agitateur professionnel ?
 bah sans le peu de pognon qu'il nous reste ....

la redac en fin de mois difficile
  • Beau tissu de bétises et d’amalgames malhonnêtes, de citations tronquées, avec une seule source, Indymedia, anonyme et diffamatoire à mon égard… Ah non, pardon, il y a aussi le travail du « chercheur » payé par la gendarmerie, également cité. Excellente source en effet ! J’aimerais bien que vous apportiez la preuve d’une « coordination des actions » avec la police… le rapport du dit chercheur n’en fait d’ailleurs pas mention, je vous signale, il aurait pourtant été bien placé pour le savoir !!! C’est dégueulasse de reprendre une rumeur de ce type, parce que des esprits faibles un jour s’en saisiront pour me faire du mal, simplement parce qu’ils auront lu cette connerie répétée par les mêmes imbéciles sectaires et jaloux… Si je n’étais pas convaincu de la médiocrité de votre texte et des blessures perso qui vous font suer la mauvaise foi et le ressentiment à toutes les lignes, alors qu’on ne se connait même pas et que bien sûr vous n’avez nullement cherché à vérifier auprès de moi quoi que ce soit – pas la peine de critiquer les médias bourgeois, vous faîtes pire !!!- je porterais plainte pour diffamation, c’est vraiment ce que mérite votre article. Mais bon, comme on est quand même du même camp, que vous en soyez conscient ou non, je n’en ferai rien heureusement.

    Votre intolérance confine au sectarisme, et explique très largement, parce qu’elle n’est pas unique, l’échec de ces groupuscules nombreux qui peuplent la planète anarchiste, et que j’ai bien connu dans le temps, comme vous le rappelez. Mon anarchisme à moi est non violent, oui, et ne craint pas de mobiliser au-delà des rangs bien maigres de ma « famille » politique. La révolution, je compte la faire avec eux, le peuple, la gauche de gauche, les habitants des quartiers populaires (comme à Noisy le sec avec Copwatch) et autres, pas avec une poignée de révolutionnaires en chambre qui fantasment une violence imaginaire et voient toujours chez le plus proche le pire ennemi… justement parce qu’il est le plus proche.

    PS Nos stages sont à prix libre depuis le premier et le resteront toujours. Sur plus de 200 stages, il y a eu une dizaine d’exceptions à tout casser, quand ce n’est pas nous qui fixions le prix et qu’il y avait en particulier d’importants frais de location de salle. 50 euros, c’est une indication que nous donnons « à ceux qui estiment que leur revenu est décent ». C’est le principe du prix libre, il faut bien donner une idée du prix d’équilibre : quand des gens payent 50 euros, d’autres moins riches peuvent ne payer que 10 euros et au total, nous ne perdons pas de sous ce qui est l’essentiel. Et la SNCF ne fait pas le prix libre. C’est mal, docteur ?

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Communiqué suite à la manifestation en hommage à Clément à Poitiers

Le jeudi 6 juin à 18 h 30 a eu lieu à Poitiers comme dans de nombreuses autres villes une manifestation organisée à l’appel du groupe unitaire contre l’extrême droite de la Vienne à la suite de la mort de Clément Méric à Paris. Nous avons été agréablement surpris de l’ampleur de la manifestation organisée dans la journée même (entre 250 et 300 personnes), mais nous avons cependant quelques critiques à émettre et besoin de rappeler certains faits.

Nous nous étonnons que des cadres du Parti socialiste de la mairie de Poitiers soient venus sans honte se montrer en mémoire de quelqu’un qui les combattait politiquement. En effet, rappelons que Clément était certes un militant antifasciste mais qu’on ne saurait le réduire à cela. Il était révolutionnaire, et impliqué dans les luttes contre le capital et fatalement contre le gouvernement socialo-écologiste actuel. Antifasciste convaincu, il militait aussi contre toutes les formes d’exploitation et de domination : le sexisme, le racisme et l’homophobie…

Revenons à la manifestation poitevine, non déclarée comme le veut la tradition ici, et regroupant des individus (libertaires ou proches), encartés de gauche et d’extrême gauche et autres membres d’associations. Voilà bien longtemps que tout ce beau monde n’avait pas été réuni. En effet, le bras de fer entre la mairie socialiste et les associations, les anarchistes et surtout dernièrement le DAL 86 dure depuis plusieurs années, et la gouvernance de M. Claeys nous montre le véritable visage de la social-démocratie depuis.

Nous avons donc pu voir nos braves cadres locaux se retirer du cortège au niveau de la mairie alors que ce dernier évoluait vers la préfecture. Très bien, nous dirons-nous, mais cette manœuvre semble aussi avoir été tactique. Car, plus d’une heure après la fin de la manifestation, deux personnes ont été arrêtées et emmenées au poste pour « manifestation illégale » et « outrage aux forces de l’ordre » (des « Flics porcs assassins » s’étant glissés dans les slogans scandés). Ces deux personnes seront relâchées le lendemain et passeront en Comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC). Devant le procureur, donc. Mais le fait intéressant à noter ici est cette phrase lâchée par un conseiller municipal et conseiller de Grand Poitiers bien connu comme bureaucrate de la lutte (notamment au sein des MJS lors du mouvement anti-CPE) : « Ce n’est pas une manifestation, mais un rassemblement silencieux contre les violences de l’extrême droite ». Voilà, tout est dit. Vous vous êtes fait attraper ? Vous ne pouvez que vous en prendre à vous-mêmes. Il ne fallait pas faire de manif (ou du moins pas jusqu’au bout)… puisqu’il existe une pression de la préfecture vis-à-vis des manifestations non déclarées depuis environ un an, et relayée par son chien de garde édenté : la mairie.

Ici donc, les socialistes poitevins suivent la ligne dictée par l’Elysée et le taulier de la place Beauvau : s’émouvoir de manière hypocrite sur la violence et la dangerosité idéologiques des groupes fascistes bien connus. Alors que ce sont ces mêmes socialistes qui, de par leur politique, ne contribuent point à faire reculer les pratiques et idées de l’extrême droite ; bien au contraire, celle-ci s’en est servie à plusieurs reprises afin de gagner des élections, de promouvoir des politiques sécuritaires de la République (n’oublions pas que les centres de rétention, ces prisons démocratiques pour étrangers, datent de l’ère mitterrandienne). Par ailleurs, le jour même où Clément a été agressé, la police de Manuel Valls procédait à une grande rafle de sans-papiers dans le quartier populaire de Barbès à Paris. République, sacro-sainte République! Tel un chant incantatoire, ce terme sonnait creux pour Clément et ses camarades ! Alors, fichez-nous la paix avec cet appel à un front républicain chimérique.

La République n’est qu’un champ de bataille symbolique pour les aspirants au pouvoir, ça fait bien longtemps que son caractère attractif et magique n’opère plus ! Bref, nous nous opposons fermement à cette tentative de récupération étatique de la mort de Clément.

De plus, nous pensons que la dissolution de groupes fascistes ne changera pas la donne. Hormis leur caractère symbolique orchestré par le pouvoir et une partie de la gauche, l’Histoire nous a montré à plusieurs reprises que la dissolution de ces groupes est un leurre (des Ligues des années 1930 à Unité radicale des années 2000, en passant par Ordre nouveau des années 1970) : ils se sont toujours reformés, ils ont juste eu besoin de changer de nom. Mais nous n’appelons pas non plus à une « justice pour Clément ». Cette justice qui nous condamne aussi bien et que nous combattons tous les jours.

Soulignons que depuis plusieurs années les fascistes et autres nazillons ressortent dans la rue et souhaitent la reprendre, galvanisés par les scores de leurs homologues dans de nombreux pays en Europe (Grèce, Hongrie…) sur fond de crise économique. Nous ne découvrons rien, dans plusieurs villes les fascistes sont très actifs, et s’adonnent à des actions violentes et/ou symboliques : Lyon, Toulouse, Tours, Besançon, etc. Mais les dernières manifs contre le mariage homosexuel leur ont permis de se rencontrer, de recruter, bref d’avoir un nouveau souffle, avec la complicité des médias ayant offert leurs micros sur des plateaux d’argent à des mouvements réactionnaires de toutes sortes disséminant leurs discours haineux.

Par exemple, nous avons remarqué qu’ils sont de plus en plus présents sur Poitiers, du moins par leurs affiches et autocollants. Qu’ils soient à Méridien Zéro, au Mouvement Action Sociale, au Parti de France, à l’Œuvre Française ou au plus traditionnel Front National, les militants fascistes tentent de s’implanter localement et durablement. Ils se sentent même pousser des ailes. Pour preuve, début mai ont été découvertes des affiches, collées dans les rues de Poitiers, comprenant les photos de deux militants du NPA avec comme surtitre « Wanted » et cette légende : « Tags dégueulasses, gribouillis partout, panneaux sales, portes tatouées ? Assez ! La police s’en occupe pas on va s’en occuper ! ».

En mémoire de notre camarade Clément,nous souhaiterions que les bureaucrates politiques, membres du gouvernement et autres charognards de la presse fassent profil bas sur le sujet. Pour vous, fascistes, belek : une attaque contre un est une attaque contre tous.

 Dieu pardonne, pas le prolétariat !

 L’Épine noire

[Merci les grévistes de PSA Aulnay] Une « anecdote passée injustement inaperçue » à propos de Mélenchon

Affront de gauche

Pas toujours facile, même pour le Front de gauche, de soutenir les travailleurs en lutte. À preuve cette anecdote en date du 20 mars, passée injustement inaperçue : ce jour-là, Mélenchon va soutenir les grévistes de PSA Aulnay et remettre à leur meneur CGT, Jean-Pierre Mercier, une enveloppe contenant un chèque pour la contribution du Front de gauche à la caisse de grève. Mais, lorsque que Mercier en découvre le montant, c’est la douche froide : 1400 euros de dons. Pas vraiment de quoi améliorer 1’ordinaire de 500 salariés en grève depuis le 16 janvier…

https://i1.wp.com/juralib.noblogs.org/files/2013/05/059.jpgLe 9 avril, lors de la manif pour l’emploi et contre l’accord national interprofessionnel (ANI), « Méluche » retrouve les grévistes de PSA. Alors qu’il s’approche d’eux, il croit entendre monter cette clameur : « Le chef, le chef, le chef ! » Ni une ni deux, notre vedette bombe le torse, lève les bras et se précipite pour avoir son bain de foule, en se mettant à vociférer lui aussi : « Le chef, le chef ! » Las, arrivé à proximité du cortège, le pauvre Mélenchon découvre que les PSA, mécontents de sa maigre contribution à leur longue grève, lui crient en réalité : « Le chèque, le chèque, le chèque ! »

La lutte finale, c’est parfois ingrat.

Presse chéquarde (Le Canard enchaîné, 7 mai 2013)

lu sur le juralibertaire

DE CLERMONT-FERRAND A BARCELONE : ANARCHOSYNDICALISME !

Du 1e au 4 mai, la CNT-AIT 63 a tenté d’apporter sa pierre à l’édifice de la résistance populaire et autonome. Au programme : manifestation du 1e mai, présentation de la lutte contre Nataïs à Cornella en Catalogne le 3, et manifestation contre la torture en prison et les violences policières le 4 à Barcelone.

1e mai : riposte anarchosyndicaliste !

Après les succès des deux années précédentes, nous avions longuement discuté sur ce 1e mai. Nous avons finalement décidé de faire un cortège autonome. En tout honnêteté, il nous sera difficile de faire aussi réussi que l’an dernier. Pour autant, nous sommes satisfait-es. L‘année dernière, nous avions rappelé aux syndicats l’histoire du 1er mai et, cette année, nous avons essayé leur rappeler leur rôle de pompiers du capital. A l’appel de la CNT-AIT 63, une 30aine de personnes nous ont rejointes. C’est pour nous très positif. Rendez-vous donc au local à 09h30, local trop petit pour accueillir tout ce monde !

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Puis nous sommes joyeusement et spontanément parti-es en déambulation sur la ligne de tram, chantant quelques slogans, donnant des tracts aux rares passant, chambrant deux socialistes de passage. Un joyeux bordel. Un compagnon a parfaitement commenté : « Les Pieds Nickelés essayant de faire du syndicalisme ».

Après un début un peu n’importe comment, nous arrivions pas loin du rassemblement syndical (CGT, FSU, Solidaires, UNEF rejoints par FO). Moins de 200 personnes sur la Place de la Liberté… Et de nul part, déboulent une 30aine de personnes, drapeaux rouges et noirs au vent. « Les syndicats sont nos amis, jamais ils ne nous ont trahis », « Ni Dieu, Ni Maître, Ni Social-Traître », « Résistance Populaire et Autonome » chantions-nous en plein milieu des discours syndicaux, pendant que des compagnes-ons diffusaient le tract. Plusieurs personnes sont venu-es demander un tract, un journal, discuter. Les syndicalistes (permanent-es pour la plupart) nous regardaient de travers. Vient le discours FO. Et là, à plein poumons « FO a signé à Renault ». Le chef local finit son discours par « Le slogan international du prolétariat le 1e mai, Ni Dieu, Ni Maître ! ». En ces temps de crise, la récupération est sans limites. Les esprits se sont alors échauffés avec des permanent-es de FO. On continue « Vive la lutte des travailleurs, sans permanents et sans subventions ». Ils se calment. On finit de differ les tracts. Les journalistes viennent alors nous voir, mais nous n’avions pas prévu de réponse collective. Ils ne parleront pas de nous, sauf 1 ligne dans La Montagne…

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Puis nous sommes parti-es finir ce 1e mai devant McDonald, « McDo exploite et licencie, Solidarité avec les exploités », en diffusant nos derniers tracts. Nous avons alors vu entrer au McDo… des militant-es Lutte Ouvrière. Un compagnon n’a pas hésité à leur faire remarquer…Un bon 1e mai, mais un début !

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CéNéTé-AIT 63 en exil

En « exil », un groupe d’anarchosyndicalistes de notre UL est parti ensuite, juste après la manifestation à la rencontre de compagnons du SIA 32 (syndicat du Gers de la CNT-AIT) à Auch (voir les articles sur la lutte à Nataïs, ou le dossier sur les sites des syndicats de Toulouse ou du SIA 32) pour se rendre ensuite à proximité de Barcelone pour la manifestation anarchiste anti-carcérale contre les tortures notamment de matons syndiqués de l’UGT (=CFDT), CCOO (=CGT) de nos compagnons embastillés.

Nous avons été accueilli-es par les compagnons de Cornella (banlieue de Barcelone). Les copains du SIA32 ont présenté leur lutte contre NATAÏS au local de nos compagnons de la CéNéTé AIT de Cornella. D’ailleurs nous en profitons pour vous annoncer que fin juin, nous organisons une soirée-débat sur Clermont sur cette lutte en cours. Tout d’abord cette rencontre avec nos compagnons espagnols a été riche en discussion, fraternité et émotion. Plus d’une 30aine de compagnes-ons du syndicat CNT-AIT de Cornella sont venu-es écouter le récit, accompagné de diapos : « Nataïs : une lutte anarchosyndicaliste dans le Gers ». Discussion passionnante, avec questions de compañer@s pour alimenter le tout. Nous sentions toute l’importance que ces compagnons, pourtant étrangers à cette lutte, accordaient néanmoins à leurs sœurs et frères de la région France, leur voix trahissant l’émotion de la lutte apatride qu’est la notre. Nous ne pouvions que faire piètre figure, tant nos gesticulations en France semblaient celles d’enfants pour qui découvre la puissance historique et actuelle de l’anarchisme espagnol. Néanmoins nous ne sentions que mieux l’importance de notre combat, et la nécessité de l’organiser de la meilleur façon qui soit. Ainsi cette leçon d’humilité ne restera pas lettre morte pour qui nous connaît.

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La discussion fut suivie d’un repas préparé par les compañer@s, et d’un concert organisé pour l’occasion, avec Fractal, un groupe venu de Barcelone, qui nous a même fait l’honneur de parler en français pour expliquer les morceaux !

Cela et a été l’occasion pour nous de voir l’ampleur du mouvement anarchiste ibérique. En effet par exemple le local de la CNT-AIT de Cornella en 2 parties fait près de 500m² et dispose d’une superbe bibliothèque sociale, d’une salle polyvalente (sport, cantine, débat…) populaire. Notre cœur a été réchauffé par l’accueil et la force de nos compagnons qui luttent notamment contre la précarité rampante en Espagne et aident des collectivos (réappropriation d’appartements…). Nous ressortions de là les yeux perdus au loin, dans les étoiles, et des idées débordantes d’espoir dans nos esprits. De ce que nous faisions ressortaient mieux les défauts, mais aussi les points forts. Allons de l’avant, construisons l’anarchisme ! Pour Clermont-Ferrand, c’est un matériel neuf que nous sommes allés chercher.

Le samedi 4 nous somme allés à la manifestation (interdite) contre les tortures de nos compagnons. En 2004, des prisonniers anarchistes ont été torturé-es à la prison Quatro Caminos en Catalogne, par des matons de l’UGT (=CFDT), des CCOO (=CGT) et d’un syndicat corpo (CATAC).

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La prison torture et assassine. CCOO, UGT et CATAC défendent les tortures

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Solidarité avec les prisonniers en lutte

Pour la 1e fois depuis la chute de Franco, la question de la torture est posée publiquement. Plus de 1 000 anarchistes, majoritairement jeunes, ont défilé pendant près de 3h depuis le local de l’UGT jusqu’à la prison de Barcelone en scandant des slogans tels que « Policia tortura y assassina » (la police torture et assassine), « Abajo los muros de los prisones » (A bas les murs des prisons). De nombreuses banderoles, tags ont auréolé la manifestation. Des arrêts réguliers pour diffuser les tracts prendre la parole. Notons la prise de parole poignante d’un compagnon torturé par les matons : « Je tiens à remercier toutes les personnes venues, d’un peu partout d’Espagne, ainsi que les anarchistes internationalistes français. J’ai été torturé par les syndicats de gauche. (Silence). Les syndicats de gauche sont le bras armé de l’Etat. » On en frissonnait.

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Un dispositif policier (environ 3 000) avait été mise en place pour faire taire la contestation. Des frissons de fraternité nous ont emparé pendant cette manifestation. L’ambiance est devenue plus électrique en fin de parcours avec des forces de l’ordre passablement excitées ! Le rassemblement s’est en effet terminé devant la prison de Barcelone, où ont été incarcéré-es, torturé-es… des centaines de compañer@s de la CNT-AIT ou autre, et ce sous Franco comme en « démocratie ». Ce fut une manifestation où l’émotion était palpable, chaque instant pouvant basculer dans l’affrontement avec les forces d’État. Il y avait quelque chose de vibrant dans les airs, non seulement dans les cris des compagnes et compagnons, mais davantage encore dans les silences qui cachaient une haine pour les peines que les plaisirs de quelques uns faisaient quotidiennement endurer à la majorité des autres. Car du travail aliéné tel que nous le subissons chaque jour aux coups reçus par nos frères incarcérés il n’y a qu’un pas, celui de la révolte. Et non seulement celui de la révolte en tant qu’expression d’une haine indéfectible pour l’oppression, mais aussi comme projet d’une société émancipée que les coups de nos bourreaux ne peuvent effacer de nos consciences et de nos cœurs. A noter que nos compagnons du Gers sont restés pour l’audience du procès des 9 matons le lundi 6.

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La prison c’est la torture. La démocratie torture et assassine ! Matons assassins.

Que l’on soit à Francfort où se tient un procès irrationnel de militants révolutionnaires sur des faits datant de près de 40ans, à Barcelone avec nos compagnons anarchistes où qu’elle que soit l’endroit, l’Etat et le capitalisme répriment, torturent… Et pendant ce temps-là, une nouvelle prison se construit à Riom…

Pierre par pierre, mur par mur, nous détruirons toutes les prisons.

La solidarité est une arme !

Solidarité Internationale !

Pour l’anarchosyndicalisme !

Lapoudre, Pitufo et le Pré-fAIT,

Union Locale CNT-AIT 63

NE VIVONS PLUS COMME DES ESCLAVES Pourquoi un film gratuit ?

NE VIVONS PLUS COMME DES ESCLAVES s’adresse à celles et ceux qui souffrent – en Grèce, en France et ailleurs –, qui peinent non pas seulement à vivre, mais, de plus en plus, à survivre…
- Nous ne voulons pas que l’accès à ce film leur coûte l’équivalent d’un repas, même le plus frugal.

NE VIVONS PLUS COMME DES ESCLAVES s’adresse à celles et ceux qui résistent, vivent à la marge, inventent d’autres modes d’existence moins absurdes, aliénés ou compromettants ; ceux dont la lutte courageuse est souvent au prix de sacrifices socio-professionnels et, par conséquent, budgétaires, par souci de cohérence ou, tout simplement, bannis par les dirigeants du monde du travail…
- Nous ne voulons pas que l’accès à ce film leur coûte le moyen de réaliser une action de résistance, même la plus modeste.

NE VIVONS PLUS COMME DES ESCLAVES s’adresse à celles et ceux qui s’interrogent, doutent de plus en plus du système actuel et de son évolution, s’attristent de voir toujours plus de souffrance et de dévastation autour d’eux et ne peuvent se satisfaire de chercher un bonheur précaire et discutable dans un océan de malheur qui s’étend et nous submerge les uns après les autres.
- Nous voulons que l’accès gratuit à ce film participe à les faire réfléchir et contribue à étendre le débat sur la nécessité de rompre avec la marchandisation du monde et de l’humain ; marchandisation qui frappe jusqu’aux outils et matériaux essentiels à l’amplification de la lutte et à la création d’alternatives.

A l’inverse, pour ces derniers, notre souscription de soutien est l’occasion de contribuer authentiquement – et non sous la forme d’une charité quelconque – à nourrir la pensée et l’action de ceux qui précèdent : donner à celles et ceux qui souffrent la force de se lever ou – au moins – de se sentir vraiment soutenus, et à celles et ceux qui résistent un témoignage d’affection, d’estime et d’encouragement à persévérer dans l’adversité.

En Grèce, en France et ailleurs, quotidiennement, des milliers de personnes humbles et extraordinaires croient encore qu’un autre monde est possible et le prouvent. Par leurs actes, ils témoignent que l’être humain est capable de grandes choses : non pas de constructions technologiques rutilantes ni de coups d’éclats sportifs, financiers ou militaires salués dans la gabegie par le spectacle, mais tout simplement de persévérance, d’amour et de dignité.

Alors que le système distille, chaque jour toujours plus, la résignation, l’égoïsme et la peur, il ne tient qu’à nous, partout, selon nos moyens, de répandre leurs antidotes : la persévérance, même dans l’adversité, l’amour indéfectible de l’humanité – parce qu’elle est capable d’autre chose – et la dignité de résister au système qui la tyrannise et la rend méconnaissable.

Y.Y.


« La gratuité est l’arme absolue
contre la dictature du profit. »

Raoul VANEGEIM

http://www.dailymotion.com/video/xz0i2p_ne-vivons-plus-comme-des-esclaves-ba-trailer-hd-bilingue-iiiiiiii-yannis-youlountas_shortfilms

Les zapatistes sont toujours là !

 

Loin des leaders charismatiques et des causes purement exotiques, les zapatistes refont parler d’eux. Des habitants de San Cristóbal de Las Casas tirent un premier bilan de la récente action d’éclat – bien que silencieuse – des communautés rebelles du Chiapas [1].

Depuis la grande marche du 13 Baktun, ce jour du 21 décembre 2012 où plus de quarante mille zapatistes ont occupé silencieusement plusieurs villes du Chiapas, la marmite maya n’a cessé de bouillir. Dans les villages tzeltales, tzotziles, tojolabales et choles, on s’affaire. Dans les Caracoles, on construit de nouveaux bâtiments, de nouvelles places. Les réunions se succèdent. On consulte, on redistribue les tâches. « Beaucoup de travail », rapportent les bases d’appui zapatistes. « On se prépare depuis longtemps… », « Ça va bientôt commencer… »

Par Rémi {PNG}

Nombreux sont ceux qui, à San Cristóbal de Las Casas, vivent dorénavant entre soulagement, euphorie et attente. Les adhérents de la Sixième Déclaration de la Selva Lacandona, lancée par l’EZLN en 2005, échangent leurs impressions : « Enfin ! Il était temps ! Ça fait un moment qu’on attendait ça ! », s’exclame Paolo, célébrant la fin de quatre années de silence quasi complet de l’Ejercito zapatista et de repli relatif des communautés indiennes. « Ils ont brisé le blocus médiatique, et cela de manière surprenante, imaginative, en associant politique et poésie ; c’est pour cela qu’ils ont réussi à toucher le cœur des gens. » Pour Jasmín, habitante de San Cristóbal, c’est « une bouffée d’air frais, dans un moment de désespérance pour le pays, avec le retour du PRI. [2] Je suis émue de penser qu’ils peuvent toujours construire des réseaux d’espoir. Ils ont des propositions. Ils ont avec eux plein de jeunes qui n’étaient pas là en 1994. Ils ont beaucoup avancé avec l’autonomie. » « C’est le moment d’apprendre de l’expérience des communautés zapatistes, de leur générosité, de leur force, s’enthousiasme son amie Noémi. C’est incroyable ce qu’ils arrivent à faire avec si peu de moyens. Ce qu’ils sont capables de montrer, nous n’en avons pas encore mesuré la valeur. »

Bien sûr, les doutes et l’inquiétude sont à fleur de peau. Forte d’une longue expérience due à sa participation à des mouvements de lutte en Amérique centrale, Victoria reste dubitative : « On attend toujours de comprendre où ils veulent en venir ! » Paolo, lui, craint qu’ils ne s’enferrent à nouveau « dans le petit jeu du pugilat avec la gauche électorale », qui a tant contribué à l’isolement des zapatistes après l’Autre campagne de 2006. Pour Jasmín, le risque est que la société civile mexicaine ne soit pas à la hauteur des propositions zapatistes. Mais Victoria, pour le coup, met ses doutes de côté : « La société civile va peut-être enfin se mobiliser, après toutes les invitations qu’ils nous ont faites. Je pense que cela va arriver… »

Depuis l’impressionnante mobilisation surprise du solstice d’hiver, les communiqués de l’EZLN se succèdent à un rythme quasi quotidien. Rien à voir avec l’abstinence communicative des années précédentes, dont on comprend aujourd’hui qu’elle ne témoignait pas d’une décomposition de l’EZLN – comme les médias et les intellectuels bien-pensants l’avaient un peu trop vite proclamé – mais d’un travail silencieux de préparation. Tantôt il s’agit de facéties du sup Marcos qui se croque, à moitié nu, sous une pluie de flèches lancées par ses critiques. Tantôt c’est un très officiel communiqué adressé au président de la République et à son gouvernement, rebaptisés Ali Baba et les quarante voleurs, comportant seulement le dessin d’un vigoureux doigt d’honneur au président Peña Nieto, en réponse au lancement très médiatique de sa croisade nationale contre les pauvres… pardon, contre la faim, et ce, rien moins qu’à Las Margaritas, l’une des villes occupées par l’EZLN en 1994 et, à nouveau, à la fin de l’an dernier. Une vraie provocation, à la lisière de la zone d’influence zapatiste ! Tantôt, encore, l’EZLN annonce la nomination d’un deuxième sous-commandant en la personne de l’ex-lieutenant-colonel tzeltal Moisés, signe d’une importante réorganisation interne. Le tout accompagné, à chaque fois, de clips, pour le plaisir de la danse, pour faire un tour du monde des références musicales zapatistes, ou encore de dessins animés politico-humoristiques [3].

De cette nouvelle étape de la lutte zapatiste, qui se dévoile en prenant son temps – ce qui met à l’épreuve bien des impatiences occidentales –, ce que l’on sait est déjà substantiel. Les deux organes nés de la Sixième déclaration de la Selva Lacandona, en 2005, l’Autre Campagne, rassemblant organisations et collectifs mexicains, et la Zesta Internacional – qui aurait dû mener à l’organisation d’une nouvelle rencontre « intergalactique » – fusionnent dans ce qui se dénomme désormais « La Sexta » : non pas une organisation centralisée, mais un réseau de luttes anticapitalistes. Il est mis fin ainsi à une séparation entre les actions propres au Mexique et celles qui se déroulent ailleurs. Il n’y a plus même lieu de parler du « national » et de « l’international » : la Sexta nouvelle version se donne un seul terrain d’action, la planète Terre. Certes, la dimension internationale du mouvement zapatiste n’est pas nouvelle et remonte à la Rencontre intercontinentale pour l’humanité et contre le néolibéralisme de 1996. Mais, pour une organisation comme l’EZLN, dont le nationalisme viscéral a pu déconcerter nombre de sympathisants européens, c’est un pas considérable. De fait, le sous-commandant Marcos ne signe plus ses messages de son traditionnel « Depuis les montagnes du Sud-Est mexicain », mais « Depuis n’importe quel recoin de n’importe quel monde »…

Les communiqués soulignent qu’il n’est plus guère nécessaire de débattre du Non qui nous rassemble, à savoir un anticapitalisme conséquent, « en bas à gauche » et hors de la voie étatique et électorale. Il convient désormais de nous concentrer sur les Oui, sur ce que nous voulons construire. D’où les questions : « Quel monde voulons-nous ? », « Que faut-il faire ? », « Comment ? », « Quand ? » et « Avec qui ? » Ce qui suppose, par exemple, d’intensifier la réflexion sur ce que peut être un monde post-capitaliste, dès à présent. Et d’insister sur le fait que ces Oui ne sont pas acquis et qu’ils se construiront collectivement.

De la façon de procéder, on ne sait pas tout encore. Cette tâche, proposée dans un premier temps principalement aux adhérents de la Sexta, associera des personnes du monde entier et des bases d’appui zapatistes dans les villages du Chiapas qui, manifestement, désirent partager leur expérience de dix ans d’autogouvernement. Ils ont du reste rédigé un manuel intitulé Gouvernement autonome (tome I et II). En tout cas, une grande fête est annoncée, en août, pour célébrer une décennie de Conseils de bon gouvernement. « Il est temps que nous fassions vraiment le monde que nous désirons, insiste le sous-commandant Moisés. Ici, on entend dire souvent : “Quand le pauvre croira dans le pauvre, nous pourrons chanter liberté”. Sauf qu’ici, non seulement nous l’avons entendu mais nous sommes en train de le mettre en pratique. Voilà le fruit que veulent partager nos compañer@s. »

Avec ces propositions, les zapatistes jouent le tout pour le tout. Ils sont prêts à risquer ce qu’ils ont patiemment construit depuis 1994. Avec les dix ans des Juntas [4], les trente ans de la fondation de l’EZLN, puis les vingt ans du soulèvement armé, l’année 2013 sera une année décisive pour les zapatistes et pour la Sexta. Et pour nous tous ?

article paru dans l’excellent CQFD,
nous vous conseillons de lire le reste de la revue

Notes

[2] Parti révolutionnaire institutionnel, qui a tenu le pouvoir pendant des décennies jusqu’en 2000.

[3] Comme celui, inspiré de Thomas C. Douglas, où des souris, heureuses de leur belle démocratie, glissent dans l’urne un bulletin pour élire un chat blanc ou un chat noir. Voir là !

[4Juntas de buen gobierno : organes d’autogouvernement dont se sont dotées les communautés rebelles.