120 patrons ivres sèment le trouble dans le TGV

Une vingtaine de policiers sont intervenus pour calmer les esprits... - Une vingtaine de policiers sont intervenus pour calmer les esprits... - (dr)

Une vingtaine de policiers sont intervenus pour calmer les esprits… – (dr)

Le TGV Bordeaux-Lille a été stoppé pendant plus d’une heure, vers 15 h, en gare de Saint-Pierre. Une centaine de patrons ivres semaient le trouble dans les wagons. La police est intervenue.

En gare de Saint-Pierre, vers 15 h, les voyageurs ont pu assister à un curieux spectacle. Une vingtaine de policiers, portant des casques et la tenue d’intervention, ont été déployés aux abords du TGV Bordeaux-Lille. Le motif ? Des incidents perpétrés dans le TGV par 120 personnes manifestement ivres… Des patrons en séminaire ! La police est intervenue pour calmer les esprits et le train est reparti seulement au bout d’une heure

lu dans leur presse locale, la nouvelle raie publique

Condamné en appel à détruire sa yourte et… son outil de travail

La cour de'Appel de Montpellier a rendu son verdict, plutôt défavorable à  Jean-Luc Préaux qui est  condamné à la remise en l'état du terrain… Il devra donc entre autres détruire sa yourte.
La cour de’Appel de Montpellier a rendu son verdict, plutôt défavorable à Jean-Luc Préaux qui est condamné à la remise en l’état du terrain… Il devra donc entre autres détruire sa yourte.

Après trois ans de procédure, la cour d’Appel de Montpellier vient de condamner un agriculteur des P.-O. qui vivait sur son propre terrain.

Le délibéré rendu par la cour d’appel de Montpellier au début du mois est tombé comme un couperet, pour Jean-Luc Préaux, l’agriculteur de Banyuls-sur-Mer. Ce dernier vit, encore pour quelque temps, sur le terrain qu’il a acquis auprès de la Safer en 2006, et sur lequel il exploite, depuis 1996, 1,25 hectare d’oliviers et 6 hectares de vignes, à l’aide de chevaux.

Or en 2011, la propriétaire d’alors de la Tour Pagès, imposante demeure surplombant le terrain de Jean-Luc Préaux, avait assigné l’agriculteur pour ‘infractions aux dispositions du plan local d’urbanisme’. En cause ? La yourte mongole, installée « faute de revenus suffisants pour louer un logement conventionnel », et le petit hangar destiné au stock de matériel nécessaire à l’agriculteur… Au terme d’un véritable marathon judiciaire, tissé de questions prioritaires de constitutionnalité et de renvois, le tribunal de Perpignan avait relaxé Jean-Luc Préaux en septembre 2012.

« On ne me donne plus le droit de travailler »

Une satisfaction de courte durée pour l’agriculteur et son avocate, Me Gabrièle Summerfield, puisque le parquet avait alors décidé de faire appel. Un appel qui s’est soldé, pour Jean-Luc Préaux, par la condamnation à la remise en l’état du terrain…

« Je dois détruire la yourte dans laquelle je vis et le hangar où je stocke mes outils. Ainsi que les trois cuves à eau qui servaient à abreuver les chevaux et à arroser les oliviers… Ce qui risque de faire jurisprudence, puisque tout le monde en stocke, de l’eau ! », s’étonne Jean-Luc Préaux. Qui dispose de 6 mois pour détruire son toit, et son outil de travail. « Je vais encore vendanger en septembre, et puis je détruirai tout. Et ensuite, j’arrêterai de travailler, puisqu’on ne m’en donne plus le droit. Franchement, je le vis comme un acharnement : je ne sais pas où je vais pouvoir vivre, et je ne sais pas de quoi je vais pouvoir vivre… ».

lu dans leur presse en ligne

Question de salarié : la responsabilité du fond de caisse ….

– heu dis Punkastor, toi qui est syndiqué… mon patron il est pas content : Quand j’ai compté ma caisse l’autre jour il manquait genre… 27.10 euros !
je ne sais pas d’où venait l’erreur. Depuis j’ai démissionné maintenant il me réclame ces 27.10 sinon il refuse de me donner mon salaire et mon solde de tout compte !
– ah toto le livreur, quand vas tu savoir compter ta caisse sans erreur ? Mais la retenue sur salaire est illégale ton patron devrais le savoir…
-Sauf que là il y a faute de ma part puisque de l’argent leur appartenant a disparu! J’me vois mal leur dire « vous devez me payer exactement telle somme alors que j’ai perdu une partie de mes sous de ce jour la »

heu.. y a des textes de loi la dessus?

 


 

Article L122-42

Les amendes ou autres sanctions pécuniaires sont interdites.

Toute disposition ou stipulation contraire est réputée non écrite.

NOTA :Code du travail L. 152-1-5 : sanction pénale. * Ordonnance 2007-329 2007-03-12 art. 14 : Les dispositions de la présente ordonnance entrent en vigueur en même temps que la partie réglementaire du nouveau code du travail et au plus tard le 1er mars 2008.

La loi n° 2008-67 du 21 janvier 2008 dans son article 2 X a fixé la date d’entrée en vigueur de la partie législative du code du travail au 1er mai 2008.

 

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Nouveaux textes:

-Déjà, j’ai l’impression que le fond de caisse se fait sur tes propres thunes, pratique courante dans la restauration mais illégale (du moins on ne peut pas t’imposer de créer un fond de caisse sur tes propres finances). En général les restaurateurs font ça pour pouvoir te sanctionner pécuniairement plus facilement en cas d’erreur de ta part.

C’est pas une faute lourde donc? Comment je peux prouver que j’ai pas mis les sous dans ma poche?
C’est à lui de prouver que tu as volontairement volé cet argent, autrement-dit, même s’il t’avait vu de ses yeux te servir dans la caisse, sans témoin ce serait déjà difficile pour lui.


-J’ai signé un papier comme quoi je suis ok pour la retenue sur mon salaire
. J’vais pas mentir, j’étais paniqué sur le moment. 180€, c’est une somme inédite dans ce restau. C’est trop tard? Et pour mes 30€, ai-je une chance de les revoir? (20€ fond de caisse de MA poche, 10€ de tips que je comprendrai qu’ils partent, osef)?
– Tout texte régissant ton emploi, que tu signe ou non, est nul et non avenu s’il est moins avantageux que le code du travail. Tu peux signer ce papier, ou un autre disant que tu t’engage à lui donner un rein, c‘est comme-si le document n’avait jamais existé!

Pour résumer: ton patron est un bel enfoiré, si tu es en période d’essai et que tu t’oppose à sa décision, il va certainement céder pour pas faire de vagues et te virer dans la foulée. Si tu commence à céder la dessus il va continuer à entuber son prochain… Pas facile l’auto-organsiation des travailleurs par eux même, hein toto-le-livreur ?

C’est un point de droit du travail présenté par pipo et chico, padawans au pole juridique de la bourse du travail

Femmes de ménage : un métier à hauts risques toxiques oublié par l’écologie

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 n’hésitez pas à venir nous en parler! 

Sur poitiers, la bourse du travail des syndicats CNT & IWW 
tiens une permanence juridique
qui acceuille les salarié-e-s 
chaque jeudi de 17h à 19 h dans leurs locaux, 
20 rue Blaise Pascal
(arrêt torchaise lignes 5, 7 & 4 )

05 49 88 34 08

article lu sur bastamag :

Femmes de ménage : un métier à hauts risques toxiques oublié par l’écologie

Incontournable, l’activité de nettoyage concerne plus de 200 000 salariés en France. La plupart sont des femmes, sous qualifiées, qui travaillent à temps partiel, souvent au péril de leur santé. En plus des troubles musculo-squelettiques, les agents de nettoyage sont en effet soumis à un important risque chimique, dû à la composition des produits utilisés, et au rythme de travail intense imposé par la concurrence. Pourtant, de sérieuses alternatives existent pour nettoyer sans pétrochimie. Mais elles sont loin d’être généralisées. A quand de véritables mesures pour protéger ces salariés ?

Elle travaille à l’aube, avant que les open space ne se remplissent, ou le soir quand l’atelier s’est vidé : une femme de ménage qui pousse son chariot, d’où dépassent seaux, balais et produits ménagers, quoi de plus inoffensif. Pourtant, elle transporte sans le savoir un cocktail détonnant. « Elle va commencer par prendre un nettoyant pour vitres qui contient plusieurs éthers de glycol », détaille Annie Thébaud-Mony, directrice de recherche à l’Inserm. « Elle va ensuite se servir d’un décapant qui contient des acides forts, puis d’un produit pour dépoussiérer qui contiendra plusieurs produits chimiques. »

Utilisés comme solvants, pour dissoudre les substances grasses, les éthers de glycol permettent à la surface nettoyée de sécher rapidement sans laisser de traces. Ils peuvent entraîner une irritation de la peau, des yeux et du système respiratoire mais aussi, en cas d’expositions répétées, des problèmes neurologiques. L’ensemble de ces toxiques, Annie Thébaud-Mony ne les connaît que trop bien. Spécialiste des problèmes de santé au travail, elle est la co-auteure d’un rapport sur l’identification et la prévention des expositions aux cancérogènes dans les produits de nettoyage.

Des effets qui s’additionnent et se multiplient

Ces produits dangereux sont manipulés au quotidien par les salariés du secteur du nettoyage. Le plus souvent sans le savoir. Les anti-calcaires par exemple. Contenus dans la plupart des détergents industriels, ils permettent de contrer l’effet du calcaire présent dans l’eau qui compromet l’efficacité des produits. Mais certains de ses composants [1] sont très irritants pour les yeux ou la peau, et provoquent des troubles intestinaux. On trouve aussi, parmi les toxiques qu’utilisent les « techniciennes de surface », des conservateurs avec formaldéhyde – classé comme « cancérogène certain » par le Centre international de recherche sur le cancer (Circ). Ou encore les désodorisants. Dans un rapport publié en 2005, le Bureau européen des unions de consommateurs (Beuc) avait relevé que 12 des 74 produits désodorisants testés dégageaient du styrène, un neurotoxique et cancérogène possible. Du toluène – neurotoxique, irritant respiratoire et oculaire – était par ailleurs diffusé par une dizaine de sprays.

« Des études ont mis en évidence un lien entre une apparition ou l’aggravation de l’asthme et l’utilisation de l’ammoniac, de l’eau de javel, et de produits de nettoyage notamment en sprays », note de son côté Nicole Le Moual, épidémiologiste à l’Inserm, spécialiste de la santé respiratoire et environnementale. Ces sprays sont de plus en plus courants. « Ils sont très pratiques mais néfastes pour la santé parce qu’ils entrent plus facilement, et plus profondément dans les voies respiratoires », détaille-t-elle. De plus, les effets respiratoires sont multipliés lorsque l’on fournit un effort physique : les alvéoles pulmonaires sont en effet plus ouvertes et la ventilation plus importante.

Création d’emplois précaires et pénibles

Pour évaluer les effets sanitaires des produits de nettoyage, il faut se pencher sur le travail réel – les gestes accomplis pendant le ménage – autant que sur les caractéristiques de chacun des produits. « Découper la réalité du travail en différentes substances chimiques occulte le fait que dans leur activité, les travailleurs sont exposés à plusieurs agents chimiques dangereux, de manière consécutive ou concomitante », explique Annie Thébaud-Mony. « Très souvent, on n’a pas un cancérogène mais deux, trois ou dix. » Les études sur la synergie entre molécules manquent. Mais celles dont on dispose montrent que, au mieux, les risques sont additifs : si on est exposé à deux produits, on a les effets de l’un et les effets de l’autre. « Mais le plus souvent, et notamment pour les molécules cancérogènes, les effets sont multiplicatifs. C’est à dire que le risque n’est pas multiplié par deux mais par 50 ! »

Occupé à 72% par des femmes [2], souvent issues de l’immigration et très déqualifiées, le secteur européen du nettoyage a explosé du fait de la sous-traitance massive de cette activité par les entreprises, les hôpitaux et les administrations. En quinze ans, le nombre d’entreprises du nettoyage ainsi que leur chiffre d’affaires ont été multipliés par quatre en Europe, avec à un taux de croissance annuel de près de 10 % [3]. Les effectifs ont plus que doubler, passant de 1,69 millions en à 3,6 millions [4]. Enfin, un secteur qui créée de l’emploi, se réjouiront certains. Mais quel emploi…

Inconscience totale du danger

En France, les 15 000 entreprises du nettoyage emploient 250 000 agents et réalisent un chiffre d’affaires de 9 milliards d’euros. Les contrats sont précaires et le travail pénible. 67% de la main d’œuvre est salariée à mi-temps, pour une moyenne de 23 heures de travail par semaine. La très forte concurrence impose aux travailleurs des cadences élevées, le nombre de m2 qu’ils sont censés nettoyer en une heure ne cesse d’augmenter. La recherche de rentabilité à tout prix influe aussi sur le choix du matériel et des détergents, achetés en fonction de leur prix sans attention pour leurs effets sanitaires. Et quand il faut faire vite, il est difficile, voire impossible, de porter les équipements de protection, d’ailleurs rarement fournis par les employeurs.

« Avec un masque, il est impossible de respirer vite », témoigne une femme. Idem pour les gants, qui font perdre en dextérité. Il y a de toute façon une inconscience totale vis à vis du danger, défaut d’information oblige. Une enquête sur les risques chimiques dans le secteur du nettoyage réalisée par le service de santé au travail d’un syndicat espagnol est à cet égard très révélatrice : 28% des personnes interrogées disposaient de la fiche de sécurité des produits utilisés quotidiennement et seulement 17% connaissaient le nom des produits chimiques. 70% en ignoraient les effets à long terme.

La santé au travail, un luxe ?

« Le risque chimique, c’est relativement abstrait, les effets étant souvent à très long terme constate Denis Grégoire, de l’institut syndical européen (Etui) [5]. La question de la santé au travail n’est pas leur première préoccupation. Souvent, les personnes qui travaillent là n’ont pas le choix. Elles ne peuvent pas s’offrir le luxe d’être trop regardantes sur leurs conditions de travail. Même sur les troubles musculo-squelettiques, elles ne se plaignent pas. Alors que les souffrances sont, en général, déjà là. » Ce que regrettent ces salariés, quand on prend le temps de les écouter, ce sont les horaires et le regard des autres, trop souvent humiliant.

« Il y a une invisibilité socialement construite du travail de nettoyage et des travailleurs, analyse Annie Thébaud-Mony. C’est sans doute la plus dévalorisée des activités avec le secteur de la gestion des déchets. C’est un obstacle majeur à l’identification des risques et des moyens de les prévenir. » Difficile de mener des actions de prévention, alors que les salariés travaillent souvent individuellement, à l’aube ou le soir. Difficile aussi de faire jouer son droit de retrait, en cas d’infraction de la part de l’employeur sur les mesures de protection.

Nettoyer sans la pétrochimie

« Et ne parlons pas de l’obtention des attestations d’exposition, ou de la reconnaissance en maladies professionnelles », soupire Annie Thébaud-Mony. Selon la chercheuse, « tant que la France ne se dotera pas par département d’un registre de cancers dans lequel on restitue les parcours professionnels et résidentiels des patients atteints, on se heurtera à de très grandes difficultés en matière de reconnaissance en maladies professionnelles, et la prévention se heurtera à une véritable méconnaissance des facteurs de risques ». Le danger de ces produits est tel que « toute activité de nettoyage devrait être considérée comme susceptible d’exposition à des cancérogènes, justifiant de l’établissement de fiches d’exposition et la délivrance d’attestations ouvrant sur un suivi des salariés concernés. »

Il faudrait aussi rendre la substitution absolument obligatoire. D’autant plus qu’en matière de nettoyage, les alternatives existent. Tensio-actifs d’origine végétale, cire d’abeille, vinaigre blanc, nettoyage vapeur : les recettes dénuées de pétrochimie ne manquent pas. Il en existe même qui sont spécialement dédiées aux professionnels, comme ceux que propose l’entreprise familiale Étamine du lys. « En base végétale, le coût de production est deux à trois fois plus élevé que lorsque l’on travaille avec des molécules pétrochimiques », détaille Bénédicte Gabory, co-fondatrice de la marque. Mais le coût final du lavage n’est pas plus important, assure-t-elle. Au lieu d’avoir 36 produits différentes – un pour chaque usage – on a trois ou quatre produits polyvalents. Le fait qu’ils soient ultra-concentrés, contrairement à de nombreux détergents issus de la pétrochimie, permet d’en mettre beaucoup moins. »

Protéger la santé des salariés : une affaire rentable

« Il y a un petit surcoût à l’achat, mais que l’on ne répercute pas sur le tarif de nos prestations, et qui n’empêche pas l’entreprise de fonctionner pour autant, loin s’en faut », témoigne de son côté Laurent Rodrigues, directeur de la société de nettoyage Cleaning bio, présente à Montpellier et à Lille [6], qui travaille avec des produits bénéficiant de l’écolabel européen. « Et en terme d’efficacité, on ne note aucune différence avec les détergents plus classiques. » Même les endroits nécessitant une asepsie totale (la stérilisation intégrale d’une surface) pourraient se passer des désinfectants dangereux pour la santé de ceux et celles qui s’en servent. L’ efficacité du nettoyage à la vapeur a ainsi été testée avec succès dans certains établissements de soins, en collaboration avec l’institut Pasteur de Lille.

Cette efficacité « est au moins égale ou supérieure au nettoyage chimique, et même plus importante pour les surfaces rugueuses. Le risque de survenue de résistance microbienne est plus faible qu’avec des désinfectants », relève Suzanne Déoux, docteur en médecine et spécialiste de la santé dans le bâtiment [7]. Côté budget, cela augmente la consommation d’électricité et le temps de nettoyage, mais supprime le coût d’achat des produits. Pour limiter les toxiques qui imprègnent les corps des salarié(e)s, on peut aussi jouer sur les techniques de travail. « L’utilisation de tissus à microfibres sèches ou humides, de balais frangés humidifiés, ou de serpillères bien essorées permet ainsi de limiter l’humidification des surfaces, et de réduire le dégagement de composés organiques volatils (dont certains sont cancérigènes, ndlr) », ajoute Suzanne Déoux. Qui précise que « les produits mal dilués augmentent fortement les émissions d’éthers de glycol et de terpène ». Certaines entreprises sont équipées de matériel de dosage mécanisé pour prévenir ce genre d’exposition, mais elles sont rares.

Indispensables luttes syndicales

Qu’est-ce qui motive les professionnels qui décident de « repeindre en vert » les charriots de leurs « techniciens » et « techniciennes » de surface ? « La protection des salariés n’est pas forcément la motivation principale. Ce peut être un bénéfice secondaire », témoigne une entreprise qui commercialise des produits certifiés « Écocert ». « Le prix reste le principal critère de choix de nos clients. Ils sont quelques uns à être intéressés par notre démarche de développement durable et de protection des salariés mais ce n’est pas la majorité », ajoute un professionnel du secteur.

Les luttes syndicales restent donc primordiales, mais demeurent très rares sur cette question. Elles débouchent pourtant parfois sur de vraies victoires. Les salariées chargées de briquer les écoles de Madrid ont ainsi réussi à bannir les produits dangereux ou cancérogènes, qui appauvrissent la couche d’ozone ou excèdent les teneurs limites en composés organiques volatils. Les produits de nettoyage des vitres ne contiennent plus d’éthanol. Et les méthodes de débouchage des canalisations privilégiés seront mécaniques plutôt que chimiques.

Ignorées des classes dominantes

« Il n’y a aucun encouragement réel à faire ces changements, déplore Annie Thébaud-Mony. Et sans doute de fortes pressions des industriels de la chimie qui n’ont pas l’intention de se voir priver de l’important marché des produits détergents. » Le très concentré secteur des savons, parfums et produits d’entretien représentaient un chiffre d’affaires de 20,6 milliards d’euros en 2007.

C’est d’autant plus dommage que les travailleurs sont souvent les sentinelles de la santé publique et qu’en prenant soin d’eux, via de véritable politiques publiques, on prévient les catastrophes sanitaires et environnementales. Sur d’autres produits, comme les phtalates, le bisphénol A ou les paraben, la pression a débouché sur des mesures contraignantes. Pourquoi pas pour les salariés du ménage ? « On s’intéresse à eux uniquement quand les membres des classes dominantes rencontrent ces mêmes problèmes de santé… » , déplore Annie Thébaud-Mony.

Nolwenn Weiler pour Bastamag

Photos : CC riadb (une) / Alain Bachellier

Notes

[1] EDTA, sel tetrasocique, polycarboxylates…

[2] La majorité d’entre elles sont assignées à des tâches d’exécution, quand la minorité d’hommes du secteur occupe les postes techniques ou les postes d’encadrement.

[3] Entre 1989 et 2006.

[4] En 2006, Source : Fédération européenne du nettoyage industriel (FENI)

[5] Hesamag, le magazine de l’Etui a publié un numéro dédié aux travailleurs du nettoyage au second semestre 2010, coordonné par Denis Grégoire.

[7] Voir son ouvrage Bâtir pour la santé des enfants. Editions Medieco, 2010.

Suicide d’un salarié de Renault: « Tu expliqueras ça à mes filles, Carlos »

Un salarié de Renault s’est suicidé dans la nuit de dimanche à lundi sur son lieu de travail à l’usine de Cléon, en Seine-Maritime. Il a laissé une lettre dans laquelle il explique subir « pression » et « chantage » de la part du groupe depuis qu’il s’est mobilisé contre les accords dits de compétitivité-emploi cet hiver.

Agé de 35 ans et père de deux enfants, ce technicien qui travaillait de nuit, a été retrouvé pendu lundi au petit matin sur le site, son lieu de travail, où il était employé depuis 2000.  Pascal Le Manach, délégué syndical CGT a expliqué à l’AFP qu’ »il a laissé sur place deux lettres, l’une pour sa famille et l’autre à l’attention de la direction, dans laquelle il dénonce les pressions ».

Dans ce second courrier, l’ouvrier a écrit : « Merci Renault. Merci ces années de pression, chantage au nuit. Où le droit de grève n’existe pas. Ne pas protester sinon gare. La peur, l’incertitude de l’avenir sont de bonne guerre, paraît-il ? Tu expliqueras ça à mes filles, Carlos », allusion à Carlos Ghosn, le PDG du groupe.

Le salarié, « excellent ouvrier » et « non-syndiqué », « faisait l’objet de pressions de la direction depuis qu’il avait pris activement part aux grèves contre le projet d’accord compétitivité-emploi cet hiver », a précisé M. Le Manach. « La direction l’avait notamment menacé de le faire redescendre en équipe (de jour), avec une perte financière très importante à la clé », estimée à au moins 400 euros par mois. La CGT a demandé la tenue lundi d’un Comité d’hygiène et de sécurité exceptionnel « pour montrer la responsabilité de Renault dans ce décès ».

Le parquet de Rouen, qui a confirmé la découverte de deux lettres, a de son côté précisé à l’AFP avoir ouvert une enquête en « recherche des causes de la mort » à la suite de ce suicide survenu « sur le lieu de travail et pendant les heures de travail ».
Le site de Renault-Cléon, spécialisé dans la fabrication de moteurs et de boîtes de vitesse, emploie environ 4.000 salariés dans une ambiance qualifiée par la CGT de « plus en plus difficile », notamment depuis la mise en place de l’accord compétitivité-emploi par M. Ghosn.

lu dans leur presse de gôche toujours un peu stalinienne, l’inHumanité

A propos du rapport entre Gaston Couté et Benoît Broutchoux

 

Texte d’un camarade de l’UL-CNT de Lille :

Couté ? Ça fait un bout de temps que j’connais et qu’j’apprécie !

gaston-couteDéjà, à l’époque de mon landau, je me faisais trimbaler dans les bras de mes tontons au son des « Mangeux d’terre » (cheminot, cheminot, chemine…). L’histoire d’un gars qui a pour seul bien les chemins qu’il parcoure et dont les « agriculteurs », comme on dit aujourd’hui, réduisent à chaque sillon d’charrue…

Presque vingt ans plus tard, je le croiserai au hasard d’un tour de chant (d’éducation) populaire avec « Le gas qu’a perdu l’esprit ». De hasard, c’en était pas du tout, c’est juste que je ne me rendais pas encore compte que je baignais dedans depuis qu’j’étais haut comme trois pommes…

Et puis, « Les petits chats », « L’amour anarchiste », « Sur le pressoir » (repris plus tard par La Tordue), « Mes agneaux… » (mais, de cette dernière, je vous en causerai un peu plus loin)…

Gaston Couté, donc, beauceron par sa région natale, a très rapidement compris les méfaits d’un capitalisme qui ne disait pas encore son nom, et a mis les bouts pour monter à Paname et se produire, souvent contre une simple chope de vin, dans les cabarets de Montmartre.

Très simplement, et toujours attaché à s’exprimer avec son patois, il a écrit, dit, chanté des textes emplis de bon sens contre l’exploiteur, les militaires, la religion, le Pouvoir. Et quand il n’était pas à cuver les scènes sombres parisiennes, il allait soutenir les grévistes, notamment sur les chantiers du métropolitain…

Et puis, sachant manier les mots comme pas deux, l’année avant sa disparition, il a aussi écrit de nombreuses chansons d’actualités sur des airs connus pour le journal « La guerre sociale ».

Broutchoux ? Aussi, que j’le connais !

Broutchoux-reverbere-et-pied-de-nezMais c’est plus tard, quand je suis arrivé dans la région lilloise que j’ai croisé son ombre encore bien présente. Je l’imagine encore bien, grimpé en haut d’son réverbère, à haranguer les foules contre les exploiteurs, les militaires et le Pouvoir.

Forcément, il dérangeait… Du coup, interdit de travailler dans les mines, il en avait du temps pour écrire dans « Le réveil syndical » puis dans « L’action syndicale », hebdomadaire du syndicat des mineurs de Lens. Mais ça, d’autres que moi en parleront bien mieux ! Deux liens à ce sujet (note du webmaster) : article sur Broutchoux + blog sur Broutchoux

Et le rapport entre les deux ?

Ben le v’là ! De lecture sur les écrits de l’un à la lecture de la biographie de l’autre, il a été facilement aisé de s’apercevoir qu’ils ont vécus durant la même période, celle des grandes grèves des mines du Nord et des mouvements sociaux en tout genre d’avant la première guerre.

Mais ça m’était insuffisant ! Ont-ils pu se rencontrer ? Se côtoyer ? Vider des chopes ensemble ?! Probablement…

Et puis, à force d’en rêver, il apparaît que ça a eu lieu !

Et avec ce que j’ai (re)découvert, je commence à frissonner. Du romantisme libertaire ? Peut-être ! Mais je trouve ça fort que ces deux personnages qui ont contribué à construire ma culture politique aient pu avoir un lien entre eux. Assez fort en tout cas pour en avoir le désir de le (re)partager avec vous. Oui, d’autres avaient déjà fait le lien : Gaston Couté et la presse, Lucien Seroux, mai 2002.

D’abord, il se trouve qu’à deux reprises, en juillet et août 1910, des chansons d’actualités de « La Guerre Sociale », signées Gaston Couté, ont été publiés dans « L’action syndicale ». A savoir : « Que le sang retombe sur vous » (au sujet de l’affaire Liabeuf) et « Le dossier de Damoclès » (sur le gouvernement de l’époque).

Le mois suivant, c’est sous le nom de « Le Soubeziot » que Gaston Couté écrit le poème intitulé « Mes agneaux… » précisément en soutien au « Réveil artésien » , organe révolutionnaire diffusé à Arras et qui n’en était qu’à son vingt-septième numéro. Le texte paraît le même jour, le 11 septembre 1910, dans « Le réveil artésien » et « L’action syndicale »  !

Et puis, haricot sur le pain de seigle, il se pourrait qu’il ait été souvent invité dans le Nord à dire, lire, conter du Couté ! A ce sujet, si vous retrouvez dans les marmites de vos grand-mères des documents concernant son éventuel passage dans les parages,  je suis preneur…

Bien à vous,
Letartier

À Notre-Dame-des-Landes, la mobilisation mieux enracinée que jamais

Les opposants au projet d’aéroport sortent de l’hiver plus forts et plus nombreux qu’avant la « trêve » annoncée en novembre et abordent sereinement les échéances déterminantes du mois d’avril. Reportage.

La petite cabane installée au bord de la route départementale pour l’accueil des visiteurs enregistre des arrivées quotidiennes. Un « zadiste » se charge des salutations et affiche un large sourire, malgré la pluie et la marée de boue qui submerge les alentours. « Une dizaine de personnes arrivent chaque jour, beaucoup plus le week-end, lance-t-il enthousiaste. Les gens arrivent de toute l’Europe. »

Avec la fin des travaux de la « commission de dialogue » et de la trêve hivernale, le début du mois d’avril pourrait voir relancer les menaces d’expulsion des occupants « illégaux » de la zone visée par le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. En attendant, la vie continue de s’organiser sur la « Zad », avec la certitude que ce qui s’est construit ici depuis 2008 sera difficile à détruire.

« Les constructions avancent chaque jour un peu plus »

La mobilisation s’est étoffée depuis la vague de destruction de l’automne. Deux à trois cents occupants ont installé une vingtaine de petits campements sur la zone. Des barricades, dont certaines gardées jour et nuit, sont dressées sur les routes et les chemins gorgés d’eau qui traversent les bois. Aux carrefours stratégiques, les petites équipes de gendarmerie mobiles constamment présentes se contentent de contrôler les passages. Une routine s’est installée et les constructions avancent chaque jour un peu plus.

Les zadistes peuvent aussi compter sur de nombreux amis. Début décembre, une réunion des Comités de soutien rassemblait sur la zad les représentants de 180 comités de soutien dans toute la France. Et le mariage tient, malgré quelques difficultés, entre les paysans locaux opposés à l’aéroport et les occupants venus combattre « l’aéroport et son monde ».

Fin janvier, la ferme Bellevue, désertée par son occupant était réoccupée à son tour par le collectif de paysans « Copain 44 ». La demeure est aujourd’hui encerclée par des dizaines de tracteurs prêtés par les paysans locaux et l’activité y a repris grâce à la solidarité. Des sympathisants se relaient toutes les 24 h pour venir soutenir le jeune paysan qui assure la permanence sur l’exploitation.

 

Périlleuse volte-face

Dans Le Monde daté du samedi 9 mars, le président de la « commission de dialogue », Claude Chéreau, exprimait des doutes sur les arguments des défenseurs du projet d’aéroport, jugeant que « tout dossier qui attend une trentaine d’années perd beaucoup de ses possibilités de conviction ». Une sortie surprenante, pour l’ancien conseiller de Mitterrand, nommé par Matignon en novembre pour calmer le face-à-face explosif sur la « zad », sans toutefois que cela ne remette en question le projet d’aéroport.

Dimanche soir, l’intéressé revenait sur ses déclarations, niant les « doutes », que lui prêtait samedi Le Monde. Il est « tout à fait légitime de songer à un nouvel aéroport dès maintenant, même si la saturation n’est pas encore complètement au rendez-vous [dans l’actuel aéroport Nantes-Atlantique] », lançait-il même sur le plateau de France 3.

« Il se passe quelque chose, assure Frédérique, habitant du village voisin de Vigneux-de-Bretagne concerné lui aussi par le projet d’aéroport. Cette lutte est un symbole de beaucoup de choses… Sur les 30 000 personnes présentes sur la Zad le 17 novembre [durant la grande manifestation de réoccupation] il y avait 30 000 motivations différentes. »

« Le point commun de nos luttes, c’est qu’on les a perdues »

En sortant renforcée de l’hiver qui offre par moment des conditions de vie « épouvantables » sur la zone humide, la coalition des « zadistes », aussi hétéroclite que solidaire, semble aujourd’hui indéracinable, si ce n’est au prix d’un bras de fer politiquement périlleux pour Jean-Marc Ayrault. « Il y a toujours eu des suspicions sur notre capacité à nous installer ici pour longtemps, explique un « zadiste » chargé de l’accueil des journalistes. Mais ils ont compris aujourd’hui que nous sommes venus ici pour y vivre. »

L’occupation est pensée pour durer et avec le répit d’au moins un an et demi obtenu le 29 janvier par la quinzaine de fermes encore en activité, auprès de la cour de cassation, il est désormais certain que les travaux ne pourront pas commencer comme prévu (après report) au printemps.

« Le point commun de toutes les luttes anticapitalistes qu’on a vécu chacun de notre côté, c’est qu’on les a toutes perdues. Cela pourrait se finir différemment ici, raconte un « zadiste ». On commence à réfléchir à comment réoccuper ces terres qui sont en grande partie inoccupées, si l’aéroport était abandonné. »

La date du 13 avril a d’ores et déjà été arrêtée pour un nouveau gros rassemblement de réoccupation des terres agricoles, « sème ta zade », quoi que décide le gouvernement.

lu dans leur presse, politis

[AL] CNT : Après la scission, quel futur ?

AL fait souvent des articles sur les autres organisations et syndicats. Intéressant mais forcément périlleux. Sur l’article présent, je signale juste qu’AL donne énormément d’importance au départ de 3 syndicats. Appelez celà une scission, c’est exagéré même si il est vrai que le syndicat du nettoyage est un des plus important de la CNT. Même si cette article peut sembler ne pas donner raison à un camp ou à un autre, il le fait quand même selon moi en présentant quelques individus et leurs adhérents pas forcément au fait des querelles, comme un nouveau syndicat valable. On en reparle dans quelques mois…

Au delà de tout çà, il faut bien constater que la CNT comme toutes les autres orgas libertaires n’arrivent pas vraiment à grandir, malgré le discours optimiste militant. A contrario, on sent bien que les idées libertaires ont une certaine audience, même si ces idées ne sont pas étiquetées « libertaire » ou « anarchiste ». C’est plutôt sur cette scission d’avec le populo qu’il faudrait se pencher…

Citation:
CNT : Après la scission, quel futur ?

Quel est l’avenir immédiat des deux organisations se réclamant du célèbre sigle CNT ? Cruels déchirements ? Réconciliation inespérée ? Ignorance mutuelle ? Quelques éléments d’explication, et l’avis des protagonistes.

La scission était jusqu’ici morale. Depuis l’automne 2012, elle est effective : il y a à présent deux CNT en France, auxquelles il faut ajouter une poignée de groupes locaux non confédérés mais arborant le sigle [1].

D’un côté, la CNT française (CNT-F) ; de l’autre, la CNT-Solidarité ouvrière (CNT-SO), un nom tiré de la riche histoire de l’anarchisme espagnol [2].

Déjà, le 1er mai 2011, les habitué-e-s de la manifestation parisienne avaient eu la surprise de voir le cortège CNT scindé en deux tronçons arborant chacun ses propres drapeaux. La distribution d’un petit bulletin intitulé Autre Futur confirmait la naissance d’une tendance dissidente au sein de la CNT.
Généalogie d’une rupture

À l’origine de ce divorce : un désaccord remontant au début des années 2000, sur l’opportunité ou non, pour une organisation anarcho-syndicaliste, d’avoir des permanents. « Risque de bureaucratisa-tion » disent les anti ; « nécessité pour se développer » répondent les autres. Le débat est vieux comme le mouvement syndical, d’excellents arguments existent de part et d’autre, et cet article n’est pas le lieu de trancher cette question. Toujours est-il que le désaccord s’est cristallisé autour du syndicat du Nettoyage, dont la confédération CNT a « découvert » qu’il s’était doté d’un conseiller juridique rémunéré à plein temps.

La situation était épineuse, vu le fort symbole que représentait ce syndicat.

Constituée en 1988, la CNT-Nettoyage syndique des centaines d’ouvrières et d’ouvriers issus des couches les plus précarisées du prolétariat, essentiellement immigrés, parfois sans papiers. Combinant suivi juridique et animation de grèves, elle s’est donnée les moyens d’être une des actrices qui compte à Paris dans ce secteur industriel très dur. Et cela, personne ne le conteste.

Ce qui est contesté, c’est le rôle de son conseiller juridique, Étienne Deschamps. Pour les uns, c’est un « manitou » pesant bien plus lourd que les secrétaires réguliers du syndicat. Pour les autres, il joue un rôle nécessaire auprès de migrants possédant mal la langue française. À ce hiatus originel se sont progressivement greffés d’autres griefs. Les défenseurs de la CNT-Nettoyage ont reproché à l’union régionale (UR) parisienne d’être devenue un milieu contre-culturel et affinitaire. En retour, l’UR a déploré une politique du fait accompli et des pratiques fractionnistes. Un contentieux est également né autour de la labellisation CNT ou non d’un syndicat de l’Hôtellerie-restauration en région parisienne.
Le Nettoyage s’en va

Au fil des ans, le clivage a pris des proportions ingérables. Après le 1er mai 2011 et la naissance de la tendance Autre Futur, la Foire à l’autogestion de juin 2012 a été le théâtre d’un règlement de comptes en public, une dizaine de cénétistes venant interdire de parole Étienne Deschamps dans un forum de débat. Malgré la condamnation, par le bureau confédéral, d’« actes malveillants » [3], cet épisode a signé la fin de la cohabitation. Le syndicat du Nettoyage a quitté la CNT-F peu après, bientôt suivi par d’autres syndicats.

Les portes de sortie n’ont cependant pas été les mêmes pour tout le monde.

Si certains sont passés à Sud, la plupart ont choisi de créer une nouvelle confédération : la CNT-SO, officialisée par une déclaration le 12 novembre. Quant à Autre Futur, elle a été transformée en « espace intersyndical » rassemblant des syndicalistes autogestionnaires de Sud, de la CGT et des CNT [4].

Pourquoi créer la CNT-SO plutôt que de rejoindre l’union syndicale Solidaires ? D’abord, explique Bernard, du bureau confédéral provisoire, par fidélité à une histoire, celle de la CNT, que certains scissionnistes estiment avoir « portée à bout de bras pendant des décennies ». Mais surtout par attachement à un syndicalisme porteur d’un « projet révolutionnaire global ». L’action quotidienne, juge-t-il, doit être « le creuset, la matrice d’un mouvement d’émancipation plus vaste qui a pour nom le communisme libertaire ». Ce qui n’est pas la visée de Solidaires.

Où va la CNT-SO à présent ? « Il ne s’agit pas de se développer en “piquant” des adhérents aux syndicats existants, explique Bernard. Nous voulons avant tout mettre en pratique ce qui était resté au stade des pieuses résolutions au sein de la CNT-F et nous comptons essentiellement sur les luttes et un travail de proximité pour assurer notre développement à la base. »
Le congrès enfonce le clou

Du côté de la rue des Vignoles, cette scission est vécue comme un immense gâchis. Fouad, du bureau confédéral, regrette principalement que les gens d’Autre Futur n’aient jamais présenté une « motion d’orientation » ou un « texte de congrès permettant de débattre » avant de commettre l’irréparable.

Ainsi, l’absence des « syndicats fractionnaires » au congrès de début novembre a certes permis à la CNT-F de se retrouver sur des « choix d’orientations clairs, cohérents, et largement majoritaires », mais elle a également privé les congressistes d’explications franches, et cela est ressenti comme un « déni de démocratie ». Quoi qu’il en soit, le congrès a enfoncé le clou, en réaffirmant son « refus des permanents syndicaux » [5].

Que va faire la CNT-F à présent ? « Contrairement à ce qui s’était passé en 1993, on ne va pas rester là-dessus pendant cent sept ans, balaie Fouad. Le constat, c’est qu’aucune fédération n’a quitté la CNT-F, et à présent, nous voulons passer à autre chose, avancer, construire. » Et ne pas couper les ponts, comme le laisse entendre, le récent communiqué qui évoque « la nécessaire unité » de l’anarcho-syndicalisme [6].

Guillaume Davranche (AL Montreuil)
Deux tronçons pour l’anarcho-syndicalisme

lu sur le site d’ A.L.

CNT française : Siège historique du 33, rue des Vignoles, à Paris 20e. Publie le mensuel Le Combat syndicaliste. Principales fédérations revendiquées : Éducation, Santé-social, BTP, Culture-spectacle. http://www.cnt-f.org

CNT-Solidarité ouvrière : Siège au 4, rue de la Martinique, à Paris 18e. Publie le périodique Solidarité ouvrière. Principales fédérations revendiquées : Nettoyage, Restauration-hôtellerie, Culture-communication. http://www.cnt-so.org

[1] Il s’agit notamment des groupes épars se revendiquant directement de l’Association internationale des travailleurs (AIT, l’internationale anarcho-syndicaliste)

[2] Fondée en 1907, l’organisation syndicale catalane Solidaridad Obrera fut à l’origine de la CNT en 1910

[3] Communiqué confédéral CNT-F du 28 juillet 2012.

[4] http://www.autrefutur.net

[5] Communiqué confédéral CNT-F du 21 décembre 2012.

[6] Communiqué confédéral CNT-F du 21 décembre 2012.

Les patrons sont-ils indispensables ?

Ci-dessous un petit clip sur le thème de l’autogestion réalisé par le secteur vidéo CNT à partir d’une planche de BD anonyme et d’une animation faite par un camarade de la CNT-FTE.

Sous la fenêtre vidéo, nous profitons de l’occasion pour publier l’appel à initiatives du comité d’organisation de la « Foire à l’autogestion » dont la 2° édition aura lieu les 8 et 9 juin 2013 à Paris et Montreuil.

D’autre part, voici quelques liens pour en savoir plus sur l’autogestion :
> Le site « Autogestion.coop »
> Le site de la Confédération générale des SCOP
> La rubrique « coopératives » du site confédéral CNT
> Document PDF de la CNT 59/62 sur l’organisation d’une société autogérée

http://www.dailymotion.com/video/xxsxlo_les-patrons-sont-ils-indispensables-autogestion_news#.USzZ_Wf6Frk

Pour télécharger ce clip vidéo (10 Mo) :
clic droit sur le lien puis « Enregistrer la cible du lien sous… »

Appel à initiatives du comité d’organisation de la Foire à l’autogestion :

La crise que nous traversons est loin d’être finie. Il s’agit non seulement d’une crise économique mais aussi d’une crise politique. Le capitalisme désagrège les sociétés et précipite la planète dans une catastrophe écologique. Les États organisent ce système prédateur. Pour nous, l’autogestion est un outil pour une alternative sociale, économique et politique. N’attendons pas que les réponses tombent d’en haut, mais remettons en question notre manière de produire et construisons des réseaux de solidarité concrète, afin de reprendre nos vies en main.

En juin 2012, l’autogestion a été au cœur d’un événement festif et populaire, la Foire à l’autogestion. Une soixantaine de structures coopératives, politiques, syndicales et associatives y ont participé, attirant 1 300 visiteurs à Paris et à Montreuil. Et si, cette année, on élargissait tous azimuts ? Nous proposons aux autogestionnaires de tout l’Hexagone – et en particulier aux groupes locaux des structures adhérentes à la Foire – de s’appuyer sur la Foire 2013 pour contribuer à faire revivre cette grande idée dans le débat public. Cela peut consister en l’organisation d’une conférence, d’une projection-débat ou de tout événement local qui mette en avant l’autogestion. Le site web www.foire-autogestion.org informera de toutes les initiatives qui voudront s’inscrire dans ce cadre.

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Pour sa 2e édition, la Foire à l’autogestion des 8 et 9 juin reviendra sur les questions de la reprise en mains de la production, mais aussi sur l’auto-organisation des luttes et le rôle d’un syndicalisme autogestionnaire. Dans le même temps, elle s’efforcera de faire davantage de place aux thématiques féministes et d’habitat. Autour des grands forums de débat, nous visons davantage d’ateliers pratiques, techniques et manuels, car la Foire à l’autogestion ne doit pas être qu’un lieu de parlottes ! Davantage de culture et de détente également, avec un aspect plus festif. Et, comme l’an dernier, des stands, un espace radio, un cycle de projection vidéo, un concert, une librairie, un espace enfants… Tout cela dépendra de l’implication des militants et des organisations autogestionnaires car, comme l’an passé, l’événement reposera exclusivement sur le bénévolat et l’autofinancement. Nous en appelons donc aux bonnes volontés. L’autogestion sera joyeuse ou ne sera pas !

lu sur le site du secteur vidéo  de la cnt