Si les facistes sont des porcs et que la liberté d’expression s’arrete aux truies…une bien belle polémique branchouille

Marrant comme certains intellectuels ont l'art de jaser sur de graaande questions éthiques.
Genre faut il débattre avec les nazis ?
 est ce que le lion qui mange une gazelle sait qui l'est spéciste ?
 pourquoi les pauvres votent pour des cons ?

6 mois après le décès de Clement, l'antifascisme
 (clairement à la mode chez nos militants fashions pour le coup)
 semble traverser une crise conscience...

Réfléchir avant d'agir pourrait sembler une bonne idée 
tant que ça n' amène pas à raconter certaines énormités, 
le comité de rédaction ne souhaitant pas vous dicter un point de vue unique 
voici un florilèges de quelques textes qu'on a trouvé intéressants sur le sujet.

pour commencer,  une vidéo qui nous interpellé par son ton caustique :

L’allusion à Frédéric Taddeï n’échappera pas aux télé-phages nocturnes et autres amateurs de clash par vidéos interposées, pour les autres ont va résumer :

Dans ce soir ou jamais (à un horaire avancé sur Rance trois)  tout les invités peuvent exprimer leur idées ! Et d’ailleurs il le font tous en même temps, du coup on entend pas grand chose….

Ça reste pourtant une tribune pour des idées marginales en mal de reconnaissance (soralien, conspi, etc…) Ça fait de belles images à moins d’avoir vraiment envie d’écouter un des invités c’est pas le plus simples pour découvrir de nouvelles pensées….

 

Frédéric Taddeï, l’homme sans convictions

Frédéric Taddeï le 21 octobre, à son domicile du Pré-Saint-Gervais, à l'est de Paris.
Frédéric Taddeï le 21 octobre, à son domicile du Pré-Saint-Gervais, à l’est de Paris. | Yannick Labrousse/Temps Machine pour M Le magazine du Monde

L’œuf dur sur le zinc des bistrots parisiens est devenu rare. Question d’hygiène peut-être, ou simplement d’habitude qui passe. Mais ça se fait encore rue François-Ier, en face d’Europe 1, où Taddeï officie chaque soir, en plus de son émission du vendredi à la télé. Alors il l’épluche du bout des doigts, croque le sommet à pleines dents – « j’adore ça », dit-il avec la gourmandise d’un gamin. Seule opinion vraiment tranchée qui sortira de sa bouche. Sinon, il a la voix plus traînante et le cheveu plus gris qu’à la télé, il a réponse à tout ce qu’on lui reproche, un sourire amusé, une vie faite de succès qui lui donnent l’allure plus nonchalante qu’arrogante. Il surveille l’heure, s’en ira bientôt en studio enregistrer son émission culturelle. Là, comme chaque soir, il commencera par demander à ses invités qui écrivent, chantent, peignent ou font des films : « C’est quoi les années 2000 ? » C’est lui aussi, les années 2000.

Années numérisées, connectées et pressées. Années où bientôt tout se vaut puisque tout a échoué. Années des émotions plus que des convictions. Années où les prolos votent à l’extrême droite pour se faireentendre, où l’on appelle incorrectes (donc prétendument audacieuses) des pensées rances. Années du déclin et des catastrophes annoncées. Années qui tirent à droite plutôt qu’à gauche. Années des extrémistes et des obscurantistes. Années où Michel Polac aurait remis une cravate avec le nœud soigneusement de travers, s’appellerait Frédéric Taddeï et dirait : « Les opinions politiques sont des préjugés comme les autres. Je m’en suis débarrassé, on se sent plus léger. Je ne suis pas un procureur. On est procureur soit de tout, soit de rien. Mon émission n’a pas d’avis. » Et lui non plus. Il reconnaît : « Je n’ai jamais de réaction viscérale. »

Ça évite les colères, les doutes, les illusions. Ça laisse aux autres le soin de voter. Lui n’y va plus depuis bien longtemps : « La dernière fois, c’était en 1995. » Ce n’était pas pour Chirac, précise-t-il, c’était donc pour Jospin. « Je pense même que les journalistes ne devraient pas avoir le droit de voter, comme les militaires autrefois », lâche-t-il, mais en souriant. Car rien n’est jamais dit avec gravité, ce serait une certitude de trop. Ça permet de bavarder avec tout le monde, d’où qu’il vienne et quoi qu’il dise, sur le même ton posé et courtois. « Je suis profondément tolérant. Je suis un avocat refoulé. J’aime comprendre pourquoi les gens font ce qu’ils font. Même quelqu’un dont je n’aime pas les idées, je ne le mets pas hors du cercle, il est des nôtres. Si vous voulez juger quelqu’un, il faut accepter le fait qu’il fait partie du cercle. C’est pour ça qu’on ne juge pas les fous. Mais même les assassins sont des nôtres. » Ça laisse aux autres le poids des responsabilités et le rôle du mauvais coucheur.

LIBERTÉ DE PAROLE

Patrick Cohen, animateur de la matinale de France Inter, lui a un jour demandé, alors qu’il passait de France 3 à France 2, s’il allait continuer à inviter Dieudonné ou l’essayiste Alain Soral – ex-communiste alors encarté au FN –, ces « cerveaux malades » que lui bannit de son antenne. Taddeï lui a rétorqué qu’il était pour la liberté de parole, tant que personne ne tombait sous le coup de la loi. A l’image, lui et son principe l’emportaient haut la main. Les doutes passent mal à la télé – « Ça lui a fait plus de mal qu’à moi », ricane-t-il aujourd’hui. « Je n’ai peut-être pas été adroit, et lui est rodé, ça fait quarante fois qu’il répond à cette questionsur le mode : « Je ne choisis pas, j’invite tout le monde. » Comme si ce métier n’était pas de choisir, de donner du sens à ce qu’on fait », se souvient Patrick Cohen. Mais Frédéric Taddeï ne choisit pas. Ça excite les autres, qui lui cherchent un camp. Le lendemain de cette prise de bec, le standard de France Inter a été bloqué pendant des jours par des appels demandant la démission de Patrick Cohen. De probables admirateurs des « cerveaux malades » et défenseurs de Taddeï, qui n’avait rien demandé.

Autre remous : en septembre 2009, l’acteur Mathieu Kassovitz émet sur le plateau de « Ce soir ou jamais » de sérieux doutes quant à la version officielle du 11-Septembre. Taddeï est interrogé dès le lendemain sur France Info, car il vient d’ouvrir grand la porte de la télé aux rumeurs folles qui enflent sur Internet. L’animateur défend, comme à son habitude, la liberté de parole : « — Et vous-même, Frédéric Taddeï, est-ce que vous avez des doutes ?, le relance Nicolas Poincaré. – Je ne dis jamais ce que je pense sur le plateau. – Je comprends bien, mais là on est sur France Info. – Pour moi, la question ne s’est jamais posée, commence par répondre Taddeï, qui revient ensuite sur son émission, sur le droit aux doutes de Kassovitz et sur la présence de contradicteurs en face de lui. – Merci Frédéric Taddeï, même si vous ne nous avez pas dit le fond de votre pensée et que j’avais l’impression en vous regardant que vous étiez d’accord avec Mathieu Kassovitz. » Fin de l’interview.

Le soupçon est installé. Christophe Bourseiller, qui travaillait alors avec l’animateur télé à la programmation de l’émission, se rappelle pourtant ce soir-là : « Kassovitz, c’est France Télévisions qui nous avait demandé de le recevoir, parce qu’il était la voix de la série documentaire Apocalypse, la seconde guerre mondiale, sur France 2. Donc, on l’a reçu, sans s’imaginer une seule seconde qu’il allait faire sa tirade sur le 11-Septembre. Frédéric n’a jamais été conspirationniste, je me rappelle ce qu’il m’a dit après : ‘Au fond, les conspirationnistes sont des racistes, ils ne peuvent pas imaginer que des Arabes conçoivent un attentat aussi sophistiqué.’” Quoi qu’il en soit, ne se préoccupant pas vraiment des pensées qu’on lui prête, Taddeï ne dément pas franchement. « Je dois avoir un truc qui gêne la gent journalistique », commente-t-il. Il cultive un faux air rebelle, tout en étant aux manettes à la radio et à la télé. Ça fait du buzz. Il ne s’est pas trompé d’époque.

D’où lui viennent ses tripes froides ? Aucun psy ne lui posera sérieusement la question, il n’en voit pas. « La psychanalyse, c’est très loin de moi. J’ai eu une enfance tellement heureuse que les psychanalystes ne me croient pas quand je la raconte. » Un père cadre bancaire, une mère au foyer, deux soeurs plus jeunes. Le tout dans les allées coquettes de Boulogne. « Ce sont des gens à l’aise. Mais pas de fortune. Ni de revers de fortune. Chez moi, on n’hérite rien, on dépense. Mon père a bazardé la maison de campagne pour payer ses impôts. » Chez lui, pas d’empreinte, de racines apparentes, malgré un patronyme italien, pas de ces mots forgeant un sentiment d’appartenance qu’on entend tout en bas ou en haut de l’échelle sociale.

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Photo: Yannick Labrousse / Temps Machine pour M Le magazine du Monde | Yannick Labrousse

Chez lui, les parents votaient plutôt à gauche, « mais comme tout le monde à l’époque ». « Nous étions cinq. Pour de multiples raisons, nos parents n’avaient pas gardé de lien avec leurs familles, nous ne voyions ni oncles, ni grands-parents, ni cousins, raconte Sandrine Taddeï, la benjamine de la famille, qui travaille avec son frère à la programmation de ses émissions d’Europe 1 – tout comme la cadette, Marie-Isabelle, qui coécrit les textes de « D’art d’art », petite pastille consacrée à un chef-d’œuvre juste après le journal de France 2. Notre père était d’origine italienne, notre mère de Lorraine, mais on ne nous parlait pas de racines. On n’a pas été élevés avec des origines, des lieux en héritage. Notre lien était très affectif. C’est d’ailleurs une raison pour laquelle nous sommes restés tard chez nos parents. C’était un véritable cocon. » Aujourd’hui encore, c’est un clan, affectivement cohérent – « Nous travaillons ensemble, nous partons en vacances ensemble, nous avons très souvent les même amis » –, forgé à l’écart des injonctions et des chaos de la société.

NI DIPLÔME NI MÉTIER

Frédéric Taddeï quitte la maison familiale autour de 26 ans. Heureux d’avoir eu une mère au foyer : « J’aimais l’idée que personne ne puisse lui donner d’ordre. » Et persuadé qu’il ne prendra pas le chemin de son père : « Il a toujours été salarié de la même banque, il était heureux comme ça, ça le rassurait. Moi ça m’aurait rendu vulnérable, le salariat me faisait peur. Jamais je n’aurais voulu dépendre entièrement d’une seule entreprise. » Il n’a alors ni diplôme ni métier, il a essayé plusieurs disciplines à la fac, dont deux ans en droit puisqu’il a vraiment pensé être avocat, mais il n’est resté nulle part : « Je n’aimais pas l’idée d’être étudiant. »

C’est pourtant un gros lecteur, et depuis toujours, mais les livres lui ont ouvert l’imagination plus que le goût des études et des voies toutes tracées. « Si je ne m’étais pas ennuyé comme un rat dans la maison de campagne de mes parents, je n’aurais pas lu autant. J’aurais peut-être fait HEC, j’aurais commencé à travailler jeune, j’aurais un beau chalet à la montagne et je serais bientôt à la retraite. » Mais il se laisse du temps, il glande, papillonne. « Je voulais avoir l’impression de ne pas travailler, d’inventer mon propre métier, que personne ne me dise ce que je devais faire », explique-t-il. Ses parents ne lui reprochent rien, l’aident financièrement, même s’il est en train de démonter leur modèle de vie en refusant de le reproduire. « Je me suis débarrassé de tous les sentiments d’appartenance, de tout ce qui m’a été transmis, ça a fait partie du grand ménage. On peut être indépendant des impératifs catégoriques de la société. Il y avait derrière tout ça une volonté de panache, d’indépendance intellectuelle et financière, et des ambitions démesurées. » Il y avait donc quelque chose de viscéral.

Il rêvait d’écrire. Il a tenté. « J’ai des manuscrits que je n’ai jamais montrés. Ils ressemblaient à tous les premiers romans écrits par des garçons de 25 ans qui n’ont pas de génie. » Sa sœur se souvient : « Il a abandonné l’idée de l’écriture quand il a compris qu’il ne ferait pas aussi bien, ou mieux, que ceux qu’il admirait. Il a préféré renoncer. » Mais il lui restait alors suffisamment d’estime pour lui-même pour avancer, en écrivant, mais autrement. En 1990, il crée un magazine, Maintenant, où il multiplie les signatures qui ne cachent souvent qu’une seule et même plume, la sienne. Il le distribue ensuite dans les rédactions. « Je voulais qu’on me parle d’égal à égal comme à un mec qui venait de créer un journal. » Il voulait être comme dans ce manuel de survie à l’usage du monde contemporain qu’écrira plus tard l’essayiste Nassim Nicholas Taleb : Antifragile – à l’image de l’Hydre de Lerne, cette créature de la mythologie antique dont les têtes se multipliaient à mesure qu’elles étaient coupées : « J’ai tout fait pour être antifragile. »

Sa revue est monothématique. Il en est sorti quatre numéros. Le premier, intitulé Les méchants, fait l’inventaire des grands dictateurs qui meurent ou se reconvertissent. Le deuxième, titré Le consensus, se penche sur les figures du bien, alors que la guerre froide est terminée, la guerre du Golfe pas encore arrivée, et que le monde ne sait pas qu’il est en train de faire la bascule : « A ce moment-là, et pendant quelques mois, on a connu la paix dans le monde. Personne ne s’en est aperçu, le seul qui l’ait écrit c’est moi, dans Maintenant. Je ne dis pas ça pour la gloire, je dis ça pour montrer que la paix dans le monde, ça n’intéresse personne. Le monde va d’ailleurs s’inventer très vite d’autres figures de la méchanceté. » Taddeï s’annonçait tel qu’aujourd’hui, curieux, regardant le monde d’au-dessus, jamais de l’intérieur, loin, très loin de ceux, militants ou autres, qui ont l’illusion de le changer« Il y a des fidélités qui m’ont toujours paru ridicules, ça me fascine, les gens qui attendent de la politique qu’elle résolve leur problèmes » –, finalement plus excité par ceux qui vont le pervertir.

Il est arrivé par le biais de la légèreté sur le devant de la scène, en sachant déjà que les marges conduisent souvent vers le centre. « C’est huit coups de fil, ma vie professionnelle. » Jean-François Bizot, qui relançait Actuel, a tilté sur son petit journal :« Il est venu chez moi, un petit loft avec plein de livres, alors il a dit : ‘Je te donne la page des livres.’ » Ensuite, ce fut Canal +, « Nulle part ailleurs », où il était un membre plutôt discret de l’équipe Géo Trouvetou de Jérôme Bonaldi. Puis vint « Paris Dernière », émission des noctambules sur Paris Première, où il prenait la suite de Thierry Ardisson. Lors de ces virées au cœur des nuits parisiennes, minicaméra à bout de bras, il allait de bar en restaurant, de concert en fête plus ou moins transgressive. Suit « D’art d’art ». Et le voilà qui prend subitement en charge les affaires sérieuses, plonge dans le bouillon des passions intellectuelles et politiques françaises, tout en n’étant traversé d’aucune.

« Il y a en lui une forme de dandysme, une mise en scène de lui-même. C’est un esprit libre, un non-conformiste, un spécimen de la pop culture, qui veut être à la pointe, branché », explique Christophe Bourseiller, qu’il a d’abord interviewé avant de le fairevenir à ses côtés pour préparer les quotidiennes de son émission sur France 3. « J’ai vécu un moment de travail très intense. Tout se faisait dans la vitesse, le bordel. C’était drôle d’avoir un animateur qui me demandait des anars, des gens qu’on n’invite pas à la télé, Badiou, Chomsky, Corcuff. Moi, j’appelais pas les fachos, Soral, Dieudonné, j’étais contre. C’est lui qui s’en chargeait. Alors que je plaidais pour les gens que j’aimais bien, lui disait : ‘Je veux tout le monde, je suis neutre.’” Il est devenu le miroir concave des débats français en pleine dislocation.

LE VER DANS LE FRUIT

Frédéric Taddeï a fait un léger malaise le jour où France Télévisions lui a annoncé qu’il passait d’une quotidienne sur France 3 à une hebdomadaire sur France 2. Tension qui retombe ou déception ? Difficile à dire. A la rentrée de septembre, sa bande-annonce aguichait – « Dans « Ce soir ou jamais », les invités que vous ne verrez sûrement pas ailleurs. » Comme on promet les monstres à la fête foraine. Il y a pourtant un moment qu’on n’y a pas vu la brochette des compromettants Dieudonné, Ramadan, Soral. Et si certains invités refusent de se serrer la main en coulisses, on s’invective rarement sur le plateau. Quant à l’audience de l’émission, ni machine à promo, ni tribune à people, elle ne frise pas les sommets, oscillant depuis la rentrée entre 500 000 et 700 000 spectateurs.

Ce n’est donc pas à l’écran que se joue le match. C’est dehors, au sein d’une intelligentsia française aux capteurs encrassés, qui ne sait plus sur quelle digue danser. Taddeï a ses partisans, comme l’éditeur Raphaël Sorin, qui découvrit Houellebecq : « Il a le mérite de maintenir quelque chose de libre dans le débat totalement autocensuré par les faiseurs d’opinions. Ça fait du bien. » Il a des détracteurs, BHL en tête, qui, dès 2010, l’attaquait sur son « Bloc-Notes » dans le magazineLe Point pour avoir reçu Dieudonné. Il lui prêtait des mots qu’il n’avait pas prononcés, comme « complot juif », et lui offrait, le temps d’un droit de réponse, la posture du héraut de la liberté de penser : « Je croyais naïvement que monsieur Lévy voulait être le Sartre de son époque. Je me trompais. Il se contente d’un rôle moins ambitieux : agent de la circulation médiatique. Il siffle quand ça lui déplaît, agite son bâton, demande les papiers, fait souffler dans le ballon. Heureusement que nous vivons en démocratie, sinon il nous passerait à tabac ! » Celui qui, il y a vingt ans, forçait les portes et voulait qu’on le regarde d’égal à égal, peut se régaler : il serait le ver dans le fruit.

Il entretient son mystère. Seulement, y en a-t-il un ? Il habite Le Pré-Saint-Gervais, un charmant repaire à bobos, vit avec l’actrice Claire Nebout et a un fils de 13 ans, qu’il pousse à lire et emmène voyager. Il donne des dîners « très intelligentsia », murmure un convive qui ne croit pas à une dangereuse dérive de son ami. Ses sœurs sont souvent là, dont Marie-Isabelle, plus tranchée que lui : « Soral, j’ai toujours été contre, à Europe 1, il est interdit d’antenne. » Elle aimerait bien qu’il monte une boîte de production, comme le font les vedettes de télévision. Mais il n’a pas une âme de chef d’entreprise.

Début 2012, il est devenu actionnaire et directeur éditorial d’un site de débat sur Internet, Newsring, qui, plutôt qu’un forum, puits « sans fond » des imprécateurs, se voulait autre chose : un lieu d’échange et d’argumentation. Mais bien des journalistes ont claqué la porte au bout de quelques mois, non au motif d’une dérive dangereuse des débats, plutôt parce que les actionnaires principaux, propriétaires des sites Pure People et Pure Trend, avaient les yeux davantage rivés sur le nombre de clics que sur la richesse des idées. Après y avoir animé la conférence de rédaction du mercredi matin, Taddeï a tout arrêté au mois de juin, officiellement pour cause d’emploi du temps. « C’était un drôle d’attelage entre eux et lui, on choisit mieux ses partenaires », résume une journaliste.

Le préposé aux débats voulait être de son temps, donc sur la Toile, plus puissante que la vieille télévision. « Taddeï, c’est un bel emblème de la post-modernité. Il caractérise bien le mythe de l’enfant éternel, l’errance et le nomadisme de l’homme post-moderne qui aura plusieurs vies en une, explique le sociologue Michel Maffesoli, devenu son ami après avoir participé à plusieurs de ses émissions. Dans ses tripes, il a senti qu’il n’y a pas de vérité, que du feed-back, de la multiplicité. » Nous y revoilà : à ses tripes… et au temps qui passe, abat les vieilles digues, chiffonne les convictions comme de vieux papiers usés et fait disparaître les oeufs durs sur le zinc. « Je suis quelqu’un qui n’est pas fini », dit Taddeï. A suivre donc.

Judith Perrignon dans leur presse, le monstre

Le texte suivant à été publié sur brasiersetcerisiers :

La connerie du jour : « Moi je parle avec tout le monde »

Ce texte fait suite à un premier article « sur la liberté d’expression ». Il vise à décortiquer une notion qu’il faudrait, selon moi, absolument abandonner dans le cadre de son militantisme. Cette notion, c’est la connerie du jour, c’est cette phrase qui souvent, lorsqu’on l’entend de la bouche d’un interlocuteur, nous donne envie de tout envoyer valser. Cette phrase si niaise, si caractéristique de dépolitisation, à l’image d’une société nombriliste et zappeuse de l’illusoire agora facebookienne, d’une société où les dominations et les courants politiques sont niés. Cette phrase qui est la petite sœur du « droite ou gauche, il y a de bonnes idées partout ». Cette phrase que te balance un camarade de 10 ans de luttes quand tu l’interpelles sur le fait qu’il relaie un texte de ReOpen911 ou du « Réseau voltaire » : « moi je parle avec tout le monde » Il y a donc cette idée, que, après avoir été sommés de défendre la liberté d’expression « même de nos pires ennemis », il faudrait en plus, pour être un.e vrai.e démocrate, pour avoir une pensée libre et critique, discuter et s’ouvrir aux idées de tout le monde. Encore une fois pour combattre la fameuse « pensée unique ». Et cela, qu’il s’agisse de nos espaces, de nos organisations, de nos AG, de nos manifs. Ainsi, il faudrait parler avec les fascistes et leurs amis conspirationnistes ;  ou encore les confusionnistes, qui sous divers prétexte relaient des auteurs, des textes, des sites d’extrême droite mais se considèrent toujours comme de sincères militants de gauche. Il y a l’idée que, « malgré nos divergences, il faut échanger, ils ne disent pas que des conneries » ou « mieux vaut débattre avec eux que les rejeter, au moins on peut s’attaquer à leurs idées et peut être les faire changer » -On trouvera cette attitude chez les Indignés[i][ii], ou encore au sein de certains collectifs de gauche « alternative ». C’est typiquement l’attitude qu’adopte Etienne Chouard, enseignant qui s’est fait connaitre sur la toile par ses analyses en faisant campagne contre le TCE en 2005 au sein de la gauche antilibérale. Aujourd’hui, ce monsieur n’hésite pas à manger à tous les râteliers, pourvu qu’on l’invite (l’article de Conspis hors de nos vi[ll]es détaille bien le tout) : une association paravent des Identitaires, un forum alter-écolo, ATTAC-Besançon (mais qui a annulé via un communiqué étrange[iii]), Les Amis du Monde diplomatique, « Radio Courtoisie » (radio d’extrême droite), et l’intéressé précise sur son blog qu’il irait volontiers au MEDEF si on l’invitait. C’est également typiquement l’attitude qu’adopterons les défenseurs de Chouard ou encore les organisations de gauche l’invitant[iv]. Pourtant, Chouard est quelqu’un qui a désormais largement franchi la ligne rouge et s’affiche clairement comme sympathisant d’extrême droite : en niant l’antisémitisme d’une vidéo qui l’est pourtant on ne peut plus ouvertement[v], en présentant un eurodéputé nationaliste comme un « remarquable résistant à la tyrannie mondialiste »[vi], en déclarant « Je pense que Soral n’est ni fasciste, ni raciste. (Y a-t-il encore des fascistes en France aujourd’hui, d’ailleurs ?) Je le trouve même plutôt clairement antifasciste et antiraciste »[vii] . Par ce type de déclaration, il montre (1) qu’il ne comprend absolument pas ce qu’est le fascisme et ne peut donc pas prétendre le combattre (2) qu’il adhère parfaitement aux schémas de pensée de l’extrême droite, nationaliste et antisémite. C’est sûrement ce même souci d’ « ouverture démocratique » qui a poussé, par exemple, Philippe Marx et René Balme à diffuser sur leurs sites des textes d’extrême droite et de la mouvance conspirationnistes[viii]. Cette idée de « donner la parole à tout le monde » est aussi la ligne politique faussement naïve des sites webs tels le « Cercles des Volontaires » ou « Enquêtes et débats » qui derrière le côté « gentils citoyens » donnent la part belle à l’extrême droite. Dieudonne parle a tout le monde On ne discute pas avec le fascisme, on le combat. Cette phrase, assez absolue de prime abord, n’est pas une simple formule et ne part pas de nulle part. Elle part de l’expérience de presque un siècle de lutte contre le fascisme. Parce que le fascisme, c’est un corpus d’idées mais surtout un mécanisme, un mouvement qui ne fait pas de cadeau et n’est pas particulièrement respectueux de règles. Il n’y a rien de bon à prendre chez les fascistes et rien à leur donner (si ce n’est des baffes). Historiquement, tous ceux qui ont cherché la discussion et la conciliation avec les fascistes ont soit fini fascistes soit été liquidés par leurs nouveaux compagnons de route. On ne débat pas avec l’extrême-droite pour des raisons politiques et pratiques. –Débattre avec eux risque de gommer les différences pourtant concrètes : Si Etienne Chouard enchaîne une conférence pour une association de gauche alternative puis une autre pour les Identitaires, cela sert le discours des Identitaires disant qu’ils ont finalement des bases communes avec le mouvement social. Ce qui est faux. Dans l’absolu, ce genre de conférence où les groupes d’extrême droite « débauchent » des penseurs (qui étaient) plus ou moins classés « à gauche » ou « étant reconnus et validés par la gauche » ne serre qu’a créer l’illusion que l’extrême droite a un projet progressiste/socialisant/écologiste. De même, quand un site comme « Le Grand Soir » diffuse des textes de Meyssan ou encore du « Parti Antisioniste »[ix] cela contribue à valider l’idée que « l’anti-impérialisme » et le prétendu « anti-sionisme » revendiqués par ces groupes et individus sont semblables et défendables au même titre que les autres mouvements parfois diffusés sur ce même site. Le fascisme existe parce qu’il existe des rapports de classe, des contradictions au sein de la bourgeoisie qu’elle peut gérer via ce mouvement et cette culture violente qui s’appuie sur des réalités concrètes millénaires (racisme, patriarcat, obscurantisme), pour combattre (et détourner) les mouvements sociaux, notamment en moment de crise. La situation est exactement celle-là aujourd’hui.  En acceptant le « dialogue » avec les fascistes, ou avec ceux qui eux-mêmes font le choix de discuter avec eux (cas des conspirationnistes et confusionnistes « de gauche »), on efface cette confrontation politique. On efface ce rapport de classe au profit d’une vision complètement naïve de la « démocratie » où chaque courant, chaque individu chercherait à gentiment convaincre ses semblables par le biais de joutes oratoires « à la loyale », où les meilleurs arguments l’emporteraient et où les idées néfastes finiraient à la poubelle de par leur propre nature. En fait c’est valider une sorte de démocratie représentative et parlementaire où la simple  « saine confrontation des idées dans le cadre du débat » suffirait à faire l’action politique. Et pourtant les mouvements sociaux ne cessent de nous le rappeler : « c’est pas à l’Élysée, c’est pas à l’Assemblée, mais bien dans la rue qu’il faut lutter/qu’on va gagner ». Parce que la réalité politique, c’est des possédants qui exploitent les autres, et des confrontations entre exploitants et exploités. Ce sont les capitalistes qui posent via l’État et d’autres outils privés (médiatiques, économiques, culturels) les conditions des « débats », souvent justement pour canaliser leurs adversaires. Et c’est une extrême droite à leur service pour casser le mouvement social en y semant la division et la confusion. Et eux s’en foutent de nos idées, nos envies, nos projets. En assimilant et en reproduisant dans nos propres choix, dans nos propres espaces cette idée qu’un débat peut avoir lieu « d’égal à égal » avec des adversaires, ou même une simple discussion « constructive » dans une hypothétique agora sans que les dés ne soient pipés, avec l’idée que le type en face de nous a autant envie de nous ouvrir ses oreilles et sa tête que nous lui ouvrons les nôtres, on se goure complètement.  Le type en face, il veut juste une tribune, une occasion d’améliorer son image et de toucher par son discours. Celles et ceux qui ne comprennent pas ça, même après maints exemples et arguments, qui s’entêtent à vouloir « échanger des idées parce que c’est ça la démocratie » adoptent finalement une posture dangereuse. Parce qu’il.elles persistent à nier chez leur adversaires les faits suivants : ils n’en ont rien à faire du débat, ils n’hésiteront pas à ne pas en respecter les règles (mentirons sur les sources, chiffres, faits, manipuleront les concepts et le sens des mots) et donc seront en position de force. Ils sont en quête de reconnaissance et de respectabilité et quoi de mieux que l’acceptation d’un parti/association étiqueté « de gauche » pour s’ouvrir des portes vers de nouveaux espaces ? Discuter avec des adversaires (que ça soit des fachos, ou même dans d’autres cas, des ultra-libéraux convaincus, ou encore des soi-disant « ni droite ni gauche ») est non seulement une perte de temps mais peu avoir des effets pervers : Surtout si c’est dans votre espace (votre site web, votre mouvement, faire entrer des opposants dans une AG de votre lutte) ; c’est tout bénef pour eux et rien pour vous. C’est aussi simple que cela : ça consiste à leur servir la soupe. Ca ne peut que brouiller votre message, votre discours et crédibiliser le leur. -« Mais on peut peut-être les convaincre, les changer ? ».  Si on croit sincèrement à notre discours, nos principes, pas besoin d’un « dialogue » pour les diffuser. Des gens de droite, d’extrême-droite ou sociaux-libéraux peuvent infléchir leurs positions et quitter ces courants de pensées pour se rapprocher de nous. Oui c’est possible, ça arrive plus souvent qu’on ne le pense et c’est heureux. Mais ça n’est pas en discutant « de groupe à groupe » ou « bloc contre bloc » que l’on provoque ce changement. Cela se joue au niveau des individus. On n’a jamais vu une association, un parti situé de l’autre côté de la barricade renoncer collectivement à leur idéologie pour rejoindre le mouvement social (ni même la gauche réformiste). Si d’anciens d’extrême droite comme Devedjian ou Madelin se sont un peu calmés (enfin bon, pour devenir ultra-libéraux, chouette !), ce n’est pas Occident ou Ordre Nouveau qui ont changé. Heureusement que l’extrême gauche des années 1970 n’a pas essayé de dialoguer avec ces mouvements là (quelle perte de temps !). Si l’on veut faire changer d’avis un fasciste, on lui tient un discours carré rejetant fondamentalement ses principes, on ne le ménage pas, on ne lui fait pas croire qu’il y a des objectifs communs entre lui et nous. Le débat n’a pas lieu d’être lorsque l’on considère sérieusement le fascisme comme un adversaire. Et au final, l’enjeu d’hier et d’aujourd’hui de l’antifascisme a toujours plus été que d’autres personnes ne rejoignent pas ces mouvements, freiner leur développement, plutôt que tenter de récupérer les militants qui y sont déjà. On peut facilement avoir de la compassion pour les individus tombés là dedans (surtout s’il s’agit de gens que l’on connaissait d’avant, des copains d’enfance, des gens au parcours compliqué qui finissent là non pas par hasard, mais qui auraient fini autrement si les choses avaient été autres). Discuter individuellement (et hors d’un cadre de lutte) avec son voisin raciste, son cousin qui vire réac’, est une activité louable, mais on en revient au cas du rapport individuel. Et même dans ce cas là, il ne faut pas laisser s’installer la complaisance : « Tes idées je les combats avec acharnement chaque jour, je ne pense pas qu’elles vaillent la peine d’être défendues et débattues ni même écoutées parce que je les connais (trop) bien, cependant je sais que tu vaux mieux que ça et que tu peux changer sur des bases positives ». Convaincre contre le fascisme, ça se fait avec des tracts, des affiches, la diffusion de NOS idées, notre présence et nos actions sur le terrain, dans les luttes. Et dans ce cadre, on doit pouvoir s’adresser à tout le monde. C’est cela l’enjeu : différencier  « je m’adresse à tout le monde » et « moi je parle avec tout le monde ».  -« Mais ils ont quelques bonnes idées, bonnes analyses… » (?!?) Théoriquement si l’idée est bonne elle pré-existe ailleurs. Rien de bon n’est jamais sorti de l’extrême-droite et les « bonnes idées » sont récupérées d’ailleurs. Idem chez les « trucs intéressant » des confusionnistes. Chouard et sa « démocratie par tirage au sort » n’a fait que dépoussiérer la démocratie athénienne, il n’a rien inventé de fondamental. Une certaine gauche qui s’enthousiasme à ce sujet (c’est là dessus qu’elle continue de l’inviter[x]), ne devrait pas avoir besoin de Chouard pour en discuter (à condition de savoir ouvrir un livre). -« Et si nous avions tort sur tel ou tel point ? Nous ne détenons pas la vérité absolue, il faut accepter la contradiction ». Peut être mais dans ce cas il n’y a pas que les fascistes qui nous porteraient la contradiction. On peut très bien affronter nos contradictions, nous remettre en question en débattant avec ceux qui ne sont pas nos adversaires les plus acharnés, au sein de nos divers courants révolutionnaires et alternatifs, et même entre nous si on a de l’estime pour l’auto-critique. Et d’ailleurs, encore une fois, a-t-on besoin de discuter avec ses adversaires pour démonter leurs arguments, leurs discours ? On peut établir un parallèle avec le combat qui oppose rationalistes défendant l’évolution face aux créationnistes. Le professeur en biologie évolutive Guillaume Lecointre qui a beaucoup écrit sur ce sujet recommande de ne jamais accepter de débattre de biologie avec des créationnistes. Parce que ça serait déjà considérer qu’il y a quelque chose à débattre avec eux. Est-ce que la communauté scientifique a besoin des créationnistes pour questionner au quotidien les théories et connaissances en biologie évolutive ? Absolument pas. Les « critiques » créationnistes ont-elle permis ne serait-ce qu’une avancée en sciences du vivant ? Nada. On peut aussi établir un parallèle avec la lutte contre les sectes. Raël acceptera toujours de passer à la télé (quitte a créer des buzz absurdes), même pour s’y faire démolir, l’essentiel étant qu’on le voit et l’entende, et en ce sens, débattre, même brillamment contre lui, lui rendra toujours service. Affronter nos propres contradictions et mettre en avant celle des fascistes, nous pouvons parfaitement le faire sans leur présence, réelle ou virtuelle, dans nos espaces. -« Et dans les médias, à la télé, il y a des débats contre l’extrême droite… ». Il faut un peu différencier le « débat » entre deux organisations (ou entre un invité et une organisation) et les joutes médiatiques (qui tiennent surtout du spectacle) et dont le but n’est absolument pas de créer des convergences ou du consensus mais au contraire de tenter de mettre l’adversaire à terre et marquer la ligne. Mais un média (public ou privé) est-il « neutre » ? Est-ce un lieu de confrontation ou de pacification ? Est-ce vraiment utile ? La question reste posée, même si il est clair que, entre débattre CONTRE le FN à la télévision ou la radio et débattre « à l’invitation » des identitaires, ou « dans un cadre fraternel » chez les soraliens, ça n’a rien à voir. parano mag Meyssan Si on choisit donc de refuser fondamentalement toute rencontre avec l’extrême droite, les partisans du « dialogue » vont employer une liste de termes qui restent à déconstruire (déconstruction développée en partie dans cet article du site Feu de Prairie) Vous devenez alors : – « sectaires », « groupusculaires », « pas ouvert » : Non nous sommes juste fermés aux idées fascistes et celles de leurs amis. -« dogmatiques », « donneurs de leçons », « avant-garde éclairée » : ça n’est pas tant par pure idéologie que par des constats historiques et de terrain que nous choisissons cette position (qui ne devrait pas être uniquement celle de l’extrême-gauche). Il s’agit d’avoir un poil de vision politique et de cohérence. Nous ne donnons pas de leçons, nous nous contentons d’en tirer du passé et de notre vécu. – « binaires », « staliniens », « adeptes de la pensée unique » : à partir du moment où l’on considère les fachos comme des ennemis et que « la barricade n’a que deux côtés », il n’y a pas de compromis à faire, pas de « juste milieu » à chercher. On vous appellera par ailleurs à : -« faire preuve de dialogue », « être constructif ». Il n’y a pourtant rien, encore une fois, à dialoguer ni à construire avec les fascistes. – « respecter la démocratie et la diversité d’opinions   », « dépasser les clivages », « travailler sur ce qui nous rassemble ». Au contraire, l’enjeu est de marquer le plus possible toutes les différences entre eux et nous. Et les opinions fascistes ne méritent aucun respect. Et on vous accusera de : -« faire comme les fascistes », « faire le jeu du Front National/du système ». Au contraire, les fascistes veulent « discuter » avec nous (ou plutôt chez nous), ils veulent se servir de ces moments pour créer des écrans de fumée. Ils veulent faire tomber ces barrières. Certains médias capitalistes et responsables politiques participent à faire de même, en véhiculant et banalisant les idées de l’extrême droite tout en essayant de lui attribuer une couleur populaire. Ne martine Chouardpas « Faire le jeu de l’extrême-droite », c’est au contraire avoir une attitude carrée, et montrer que tout ce qu’ils essayent de détourner ou récupérer (de la lutte contre le capitalisme et l’impérialisme à la dénonciation du pouvoir en place) n’est qu’une grosse manipulation. Et donc, une dernière fois, qu’il n’y a rien à débattre avec eux.  Les groupes d’extrêmes droites et les gens fumeux qui leur tournent autours et leur font quelques bisous, nous n’avons rien à faire avec eux, rien à en espérer, tout à y combattre. Si nous pouvons sans cesse questionner notre façon de militer, nos idées, nos connaissances et nos pratiques, nous devons en revanche être confiants sur notre démarche, nos projets et notre marqueur politique. Si certains pensent qu’un compromis ou ne serait-ce qu’un contact est nécessaire avec nos pires adversaires pour avancer dans nos luttes, c’est peut être qu’ils n’ont pas bien compris ce qu’étaient ces luttes et les principes qu’elles impliquent. L.T


[i] Les “Indignés” parisiens encore et toujours infiltrés par des fafs

[ii] Article d’Alternative Libertaire-Montpellier : Les indignés parisiens infiltrés par les fascistes, interrogation sur la position des Indignés Montpellierains de s’ouvrir à l’extreme droite.

[iii] Communiqué d’ATTAC Besançon : « qu’Etienne Chouard défendrait des idées d’extrême droite. Nous n’avons rien lu actuellement qui permettraient d’affirmer de telles allégations, mais nous ne pouvons non plus affirmer avec certitude le contraire. […]De ce point de vue, faire preuve de dialogue avec tous, peut être considéré comme la preuve d’un grand idéalisme démocratique, s’appuyant sur les principes de liberté d’expression et le discernement. […] c’est être très audacieux et idéaliste, ou alors très naïf, de penser que d’oser débattre avec n’importe qui, n’aura pas de conséquence sur la réception des ses messages et de ses idées […] Il existe aussi des personnes politiquement à gauche qui sont antisémites, mais qui ne sont pas non plus fascistes. […] » Bref un peu tout et son contraire…

[iv] Cf le Communiqué d’ATTAC Besançon cité précédemment ou encore les réactions au communiqué du cinéma UTOPIA-Front de Gauche.

[v] « J’ai bien vérifié : je n’ai pas trouvé une seule pensée antisémite dans cette vidéo» déclare-t-il à propos d’une vidéo complètement délirante (voir l’article sur site Reflets).

[vi] Nigel Farage (toujours l’article sur site Reflets).

[vii] Dans le fil de commentaire de son site, article du 28 décembre 2012.

[viii] Tous deux ex-candidat Front de Gauche aux législatives de 2012 : P. Marx a été écarté suite à sa mise en cause (voir le site « Opération Poulpe ») alors que R.Balme a été maintenu, sommé de fermé son site, suite à la polémique ayant pris de l’ampleur via Rue89. Il a ensuite quitté le PG et rouvert son site peu de temps après.

[ix] Meyssan auteur d’articles publiés entre 2005 et 2011 ; articles du « Parti-Antisioniste » des amis de Dieudonné, publiés en février 2009 et mars 2010.

[x] Festival « Les utopies en marche » à Die (article indy à ce sujet) ou encore l’université d’automne 2012 du « M’pep » (association de J. Nikonoff et B. Cassen, anciens dirigeants d’ATTAC-France) où étaient également présent « Le Grand Soir », l’UPR (parti souverainiste et conspirationniste d’Asselineau). lu sur brasiersetcerisiers

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Un squat évacué ce mercredi matin à Poitiers

Les policiers sont venus en nombre ce matin pour évacuer des familles qui squattaient l’ancien foyer l’Etape, rue d’Oléron dans le centre-ville de Poitiers.

© Sandrine Leclère Francetv
Cette opération s’est déroulé à la suite d’une décision de Justice qui avait laissé 4 mois aux squaters pour quitter les lieux. Tôt ce matin les policiers sont venus faire appliquer cette décision qui concerne plusieurs familles de Roms, soit une vingtaine de personnes dont certaines avaient déjà été évacuées du squat des Glières le 23 octobre dernier.

Les familles, enfants et adultes, des personnes venues des pays de l’Est, ont été conduites au gymnase des Écossais. Il leur sera fait bientôt des propositions de relogement pour qu’elles puissent vivre dans des conditions plus décentes.

Dans un communiqué, la Préfecture de la Vienne indique : « Cette opération a été menée dans le respect des instructions de la circulaire ministérielle du 26 août 2012, relative à l’anticipation et à l’accompagnement des opérations d’évacuation des occupations illicites. Les entretiens préalablement menés ont permis d’appréhender au mieux, outre le parcours migratoire de ces personnes, notamment leur situation socioprofessionnelle et leurs projets, la scolarisation des enfants, ainsi que leur état de santé ».

Aujourd’hui, chaque famille doit être reçue par les services de la préfecture pour l’analyse de sa situation. En fonction des antécédents, les personnes concernées se verront orientées vers une démarche d’insertion alors que d’autres seront renvoyées dans leur pays d’origine.

© Sandrine Leclère Francetv
vu dans leur presse régionale, rance 3