n’oublions pas que le facho devant devant des les cameras reste un politicien…donc une balance !

Serge Ayoub, le skin utile à la police?

SOCIETE – Connu depuis les années 80, Serge Ayoub est revenu au premier plan de l’actualité à l’occasion de la mort de Clément Méric. Depuis trente ans, l’homme passe entre les gouttes de la justice et reste la figure de proue du mouvement skin d’extrême droite…

Toujours là. Jeudi dernier, Serge Ayoub a été le premier à dégainer dans les médias. Non, ses JNR ne sont pas responsables de la mort de Clément Méric, affirme-t-il à l’AFP. Ayoub déclare dans la foulée avoir parlé aux auteurs des faits. Ce qui lui a valu d’être entendu par la police. Plus de trente ans après l’explosion du mouvement skin en France, Ayoub, au cœur des réseaux, est toujours la vitrine officielle du mouvement pour les médias et la police. «S’il y avait eu des preuves tangibles de faits grave, il serait à l’ombre», affirme une source policière.

Entre les gouttes

Emprisonné quelque temps pour trafic de stéroïdes lors de sa période biker dans les années 90, Serge Ayoub n’a jamais connu de grands problèmes judiciaires. L’homme n’a pourtant jamais caché ses penchants violents. Soupçonné d’avoir mené de nombreuses ratonnades à la fin des années 80 (des actions souvent revendiquées par les néonazis du PNFE et non par les JNR filmés par France 5 lors de l’agression d’un métis), au cœur des bastons contre les Redskins qu’il revendique (voir ci-dessous), témoin lors du procès de son bras droit, Régis Kerhuel, le  leader des JNR n’est jamais tombé.

Dans le docu «Sur les pavés»,  Ayoub fanfaronne à propos des bagarres contre des «chasseurs de skins» en évoquant un coup de poignard (12’25), parle d’une guerre (21’) et lâche comment il fracasse des gars (30’30 puis les minutes qui suivent) :

Du coup, le milieu de la droite radicale, où batskin s’est fait beaucoup d’ennemis, bruisse de rumeurs. Fils d’une magistrate, il serait protégé par la police. Pire, il  informerait  les RG qui le laissent peinard. Sauf que personne n’a jamais pu apporter le début d’une preuve à ces bruits. «Il y a toujours des rumeurs de ce type sur toutes les personnalités de la droite radicale, analyse le chercheur Nicolas Lebourg, avant de se faire provocateur. Mais finalement, un type qui encadre des gens violents est plutôt utile du point de vue du ministère de l’Intérieur et de l’ordre public. Pendant qu’ils paradent en chemise noire devant les caméras et appareils photo, ils ne se servent pas de leurs battes dans la clandestinité.»

De maigres effectifs  sous contrôle

Visible, bien identifié, toujours beau parleur comme à l’époque où il était invité de «Ciel mon mardi» dans les années 80, Batskin serait le crâne rasé utile du système. «Il n’est pas abruti et maîtrise des gens qui seraient tout le temps sur le fil sinon. Il y a un côté façade officielle qui rend plus facile le travail de surveillance de la police», résume Nicolas Comte, secrétaire général adjoint du syndicat Unité SGP Police-Force Ouvrière.

L’homme bénéficie d’une aura sur les jeunes. Avec son mouvement syndical Troisième voie, il cherche toujours à fédérer, notamment dans les nouveaux milieux Gabber skins (skins amateurs de techno hardcore, la Gabber), comme l’ont montré les travaux du chercheur Stéphane François. Mais qui représente-t-il encore? Lors de leur défilé annuel du 9 mai, les JNR sont largement moins d’une centaine. Sans vraiment inquiéter les forces de police. «Ayoub est avec les JNR comme un maître avec ses pittbulls: « Assis, Couchés, Mordez »… Et ils obéissent. Les troupes des Jeunesses nationalistes de Gabriac sont beaucoup moins sous contrôle», explique Jean-Yves Camus, spécialiste de l’extrême droite.

Le business skin

S’il structure la galaxie skin, Ayoub a également besoin du milieu pour exister. Ce qui explique ses multiples renaissances. Alors qu’il s’en était éloigné dans les années 90 (absent lors de la manif du FN qui avait provoqué la mort d’un SDF malien), il a fait sa réapparition en 2007 en ouvrant le Local, un bar rue de Grenelle. Comme dans les années 80-90 où il avait ouvert deux boutiques, détruite puis fermée administrativement, il y vend encore des t-shirts à la gloire de son mouvement. «Il crée un business et utilise son immense capital social dans ce milieu. Et qu’est-ce qu’il pourrait faire d’autres? Disons que la croix gammée est assez peu bankable dans une entreprise normale», conclut Lebourg.

lu dans leur presse gratuite mais pour une fois bien documentée 20 mn

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s