A propos du rapport entre Gaston Couté et Benoît Broutchoux

 

Texte d’un camarade de l’UL-CNT de Lille :

Couté ? Ça fait un bout de temps que j’connais et qu’j’apprécie !

gaston-couteDéjà, à l’époque de mon landau, je me faisais trimbaler dans les bras de mes tontons au son des « Mangeux d’terre » (cheminot, cheminot, chemine…). L’histoire d’un gars qui a pour seul bien les chemins qu’il parcoure et dont les « agriculteurs », comme on dit aujourd’hui, réduisent à chaque sillon d’charrue…

Presque vingt ans plus tard, je le croiserai au hasard d’un tour de chant (d’éducation) populaire avec « Le gas qu’a perdu l’esprit ». De hasard, c’en était pas du tout, c’est juste que je ne me rendais pas encore compte que je baignais dedans depuis qu’j’étais haut comme trois pommes…

Et puis, « Les petits chats », « L’amour anarchiste », « Sur le pressoir » (repris plus tard par La Tordue), « Mes agneaux… » (mais, de cette dernière, je vous en causerai un peu plus loin)…

Gaston Couté, donc, beauceron par sa région natale, a très rapidement compris les méfaits d’un capitalisme qui ne disait pas encore son nom, et a mis les bouts pour monter à Paname et se produire, souvent contre une simple chope de vin, dans les cabarets de Montmartre.

Très simplement, et toujours attaché à s’exprimer avec son patois, il a écrit, dit, chanté des textes emplis de bon sens contre l’exploiteur, les militaires, la religion, le Pouvoir. Et quand il n’était pas à cuver les scènes sombres parisiennes, il allait soutenir les grévistes, notamment sur les chantiers du métropolitain…

Et puis, sachant manier les mots comme pas deux, l’année avant sa disparition, il a aussi écrit de nombreuses chansons d’actualités sur des airs connus pour le journal « La guerre sociale ».

Broutchoux ? Aussi, que j’le connais !

Broutchoux-reverbere-et-pied-de-nezMais c’est plus tard, quand je suis arrivé dans la région lilloise que j’ai croisé son ombre encore bien présente. Je l’imagine encore bien, grimpé en haut d’son réverbère, à haranguer les foules contre les exploiteurs, les militaires et le Pouvoir.

Forcément, il dérangeait… Du coup, interdit de travailler dans les mines, il en avait du temps pour écrire dans « Le réveil syndical » puis dans « L’action syndicale », hebdomadaire du syndicat des mineurs de Lens. Mais ça, d’autres que moi en parleront bien mieux ! Deux liens à ce sujet (note du webmaster) : article sur Broutchoux + blog sur Broutchoux

Et le rapport entre les deux ?

Ben le v’là ! De lecture sur les écrits de l’un à la lecture de la biographie de l’autre, il a été facilement aisé de s’apercevoir qu’ils ont vécus durant la même période, celle des grandes grèves des mines du Nord et des mouvements sociaux en tout genre d’avant la première guerre.

Mais ça m’était insuffisant ! Ont-ils pu se rencontrer ? Se côtoyer ? Vider des chopes ensemble ?! Probablement…

Et puis, à force d’en rêver, il apparaît que ça a eu lieu !

Et avec ce que j’ai (re)découvert, je commence à frissonner. Du romantisme libertaire ? Peut-être ! Mais je trouve ça fort que ces deux personnages qui ont contribué à construire ma culture politique aient pu avoir un lien entre eux. Assez fort en tout cas pour en avoir le désir de le (re)partager avec vous. Oui, d’autres avaient déjà fait le lien : Gaston Couté et la presse, Lucien Seroux, mai 2002.

D’abord, il se trouve qu’à deux reprises, en juillet et août 1910, des chansons d’actualités de « La Guerre Sociale », signées Gaston Couté, ont été publiés dans « L’action syndicale ». A savoir : « Que le sang retombe sur vous » (au sujet de l’affaire Liabeuf) et « Le dossier de Damoclès » (sur le gouvernement de l’époque).

Le mois suivant, c’est sous le nom de « Le Soubeziot » que Gaston Couté écrit le poème intitulé « Mes agneaux… » précisément en soutien au « Réveil artésien » , organe révolutionnaire diffusé à Arras et qui n’en était qu’à son vingt-septième numéro. Le texte paraît le même jour, le 11 septembre 1910, dans « Le réveil artésien » et « L’action syndicale »  !

Et puis, haricot sur le pain de seigle, il se pourrait qu’il ait été souvent invité dans le Nord à dire, lire, conter du Couté ! A ce sujet, si vous retrouvez dans les marmites de vos grand-mères des documents concernant son éventuel passage dans les parages,  je suis preneur…

Bien à vous,
Letartier

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