120 patrons ivres sèment le trouble dans le TGV

Une vingtaine de policiers sont intervenus pour calmer les esprits... - Une vingtaine de policiers sont intervenus pour calmer les esprits... - (dr)

Une vingtaine de policiers sont intervenus pour calmer les esprits… – (dr)

Le TGV Bordeaux-Lille a été stoppé pendant plus d’une heure, vers 15 h, en gare de Saint-Pierre. Une centaine de patrons ivres semaient le trouble dans les wagons. La police est intervenue.

En gare de Saint-Pierre, vers 15 h, les voyageurs ont pu assister à un curieux spectacle. Une vingtaine de policiers, portant des casques et la tenue d’intervention, ont été déployés aux abords du TGV Bordeaux-Lille. Le motif ? Des incidents perpétrés dans le TGV par 120 personnes manifestement ivres… Des patrons en séminaire ! La police est intervenue pour calmer les esprits et le train est reparti seulement au bout d’une heure

lu dans leur presse locale, la nouvelle raie publique

De l’Oeuvre Française au FN : Plongée sous Marine avec Abel Mestre

Le journaliste spécialiste de l’extrême-droite tenait conférence pour la StreetSchool

Invité de la StreetSchool, Abel Mestre revenait sur son boulot de journaliste en charge des droites extrêmes pour Le Monde. Pour savoir quelle est la différence entre un royaliste et un identitaire, c’est ici.

de-l-oeuvre-francaise-au-fn-plongee-sous-marine-avec-abel-mestre

Abel Mestre en plongée sous Marine. Sans palmes ni tuba.

Après avoir reçu le spécialiste de l’investigation web Jean-Marc Manach, StreetPress organisait mardi 10 juin sa deuxième soirée à thème : une « plongée sous Marine » avec Abel Mestre, journaliste en charge depuis 2008 de l’extrême-droite au Monde et sur le blog Droites extrêmes. Une soirée organisée dans le cadre de la Street School, programme gratuit de formation au journalisme, dont les étudiants mais aussi tous les curieux trouvent ainsi l’occasion de rencontrer des journalistes professionnels et d’échanger avec eux.

Après avoir jeté quelques fleurs à StreetPress – « un site que je consulte régulièrement, [dont] j’aime beaucoup les angles » et sur lequel « j’apprends beaucoup de choses » – Abel Mestre est revenu sur un temps (2008) qui semble bien loin, où « le Front était au plus bas dans les sondages. Beaucoup de politologues, de journalistes et d’observateurs le donnaient pour mort ».

Depuis, le FN est arrivé à la première place des européennes – après l’abstention – et tout un tas de mouvements d’extrême-droite, comme le Bloc identitaire, ont squatté la une de l’actu, entre apéros saucisson-pinard, « manif pour tous » et « tournées anti-racaille ». Dans le même temps, le blog Droites extrêmes passait de 15.000 vues à 250.000 sur certains articles.

 


Huit années entre dédiabolisation – « une façade, évidemment » – et piqûres de rappel antisémites à base de « fournées » du père le Pen – « persuadé qu’un FN gentil n’intéresse personne » sur lesquelles est revenu Abel Mestre.

Un FN gentil n’intéresse personne



Abel Mestre, posey !!!


Combien de familles est-ce que tu distingues parmi les droites extrêmes ?

Je n’ai pas vraiment de typologie, ce sont des frontières mouvantes. Certains militent au FN avant de se retrouver au Bloc identitaire puis chez Serge Ayoub… Ils ne sont pas structurés politiquement et s’engagent un peu en fonction de l’air du temps.

D’autres sont beaucoup plus structurés :

> Les royalistes, qui sont encore un mouvement structurant de l’extrême-droite française comme on a pu le voir dans les manifestations contre Christiane Taubira, et qui parvient à fournir une grille de lecture du monde cohérente.

> Les identitaires, très structurés également, autour d’une philosophie très radicale mais avec une communication politique beaucoup plus moderne que les autres : ils arrivent à influencer aussi bien des cadres du FN que de l’UMP, comme on a pu le voir lorsque Lionel Luca reprend les apéros saucisson-pinard. Ils instillent des idées dans l’ensemble du spectre politique de droite ;

> Les néo-fascistes et néo-nazis.

> Et à côté, il y a le FN, qui est un cas à part. C’est un parti d’extrême-droite, au confluent de plusieurs courants : à sa fondation, il regroupait des anciens collaborationnistes, des anciens de l’OAS, et quelques anciens résistants qui étaient là par anticommunisme. Aujourd’hui, on y retrouve une tendance crypto-souveraino-patriote incarnée par Florian Philippot, la vieille garde incarnée par Jean-Marie le Pen et Bruno Gollnisch, et Marine Le Pen qui est censée faire la synthèse de tout ça.

Mais le FN a pas mal d’ennemis à l’extrême-droite, comme on peut s’en rendre compte en lisant Rivarol…

Alors Rivarol, c’est un hebdomadaire antisémite et pétainiste, qui a pris pour cible Marine et même Jean-Marie le Pen depuis que Jérôme Bourbon est arrivé à la tête du journal. Jérôme Bourbon qui, il faut le savoir, est issu de l’Œuvre Française, l’un des mouvements dissous l’année dernière par Manuel Valls. Et en plus d’être antisémite et pétainiste, il est sédévacantiste – c’est-à-dire qu’il considère que le pape actuel est un usurpateur et que le vrai a été jeté dans un cachot… Il pense que l’Eglise est infestée de francs-maçons, de juifs et de marxistes… Et il avait même reproché à Marine le Pen de porter des jeans et d’avoir un entourage digne de la Cage aux folles.

Parmi les fondateurs du FN, il y avait même quelques anciens résistants, qui étaient là par anticommunisme

Jérôme Bourbon avait même reproché à Marine le Pen de porter des jeans



Il y avait foule, à la plongée sous Marine.


Mais le Front National, lui, dit aujourd’hui qu’il n’est pas d’extrême-droite. Est-ce que pour toi c’est toujours un parti d’extrême-droite ?

Pour moi c’est évidemment un parti d’extrême-droite. Il est la preuve même qu’on peut être d’extrême-droite sans être nazi ou fasciste. Ce qui fait que c’est un parti d’extrême-droite, c’est la préférence nationale, qui est au cœur de son projet depuis les années 1990, et qui consiste à donner un accès privilégié aux aides sociales, aux logements sociaux, à l’emploi aux seuls Français. C’est une mesure qui a été considéré comme illégale par un tribunal administratif. Donc on parle là du seul parti qui présente un programme dont le point nodal est illégal.

On vient de voir tous les cadres du FN monter au créneau pour dénoncer la sortie de Jean-Marie le Pen sur la « fournée », est-ce que c’est un événement qu’il fasse l’unanimité contre lui au sein du parti ?

Oui, parce qu’habituellement c’est fait dans les couloirs, en coulisses… Mais là, la dernière fois qu’il a été aussi contesté c’était à la veille de la scission mégrétiste. On n’en est pas là, parce qu’il n’y a pas de courants au FN et que tout le monde est derrière la présidente : personne ne peut la concurrencer au niveau du leadership. Mais on est dans une crise de direction très claire.

Comment est-ce qu’on récolte des infos sur le FN ?

Comme pour n’importe quel parti, en fait : en travaillant les sources, en voyant les cadres, en multipliant les contacts, en faisant des reportages, mais aussi en lisant beaucoup : ils sont toujours dans l’understatement, dans les allusions…

La dernière fois que Jean-Marie le Pen a été aussi contesté c’était à la veille de la scission mégrétiste



La plongée sous Marine, ça se pratique aussi sur Twitter – lien par ici


Quel genre de relations est-ce que t’entretiens avec eux ? Tu appelles Jean-Marie le Pen tous les jours ?

Non, non… Je dois reconnaître que le FN a un avantage, c’est qu’ils ne cherchent pas à copiner avec la presse. Au Front National, personne ne te tutoie. Ils ne te diront pas : viens, on va se prendre une bière, discuter… C’est un rapport très professionnel, très distancié, que je trouve assez sain.

C’est pareil avec les autres groupes d’extrême-droite. La difficulté à traiter de l’extrême-droite, c’est d’être aussi honnête que quand on couvre l’UMP, le PS ou le centre, tout en ayant en tête que ce sont des partis qui ne sont pas tout à fait comme les autres. L’Œuvre française s’assume par exemple nostalgique de Pétain, mais ce n’est pas pour autant qu’il faut être malhonnête avec eux.

Comment t’es accueilli, dans des manifestations d’extrême-droite ?

Je n’ai pas eu plus de problèmes que ça… C’est plutôt des coups de pression… Sinon, le 1er mai 2013, mon adresse personnelle a été imprimée sur des autocollants et collée en marge de la manif du FN. Pas très agréable…

Tu ne penses pas que parler du FN puisse revenir à leur accorder une tribune, à sensibiliser les gens à leurs idées ?

J’attends de voir une étude qui montre que le Monde a un tel pouvoir… Le FN a quand même fait 25% aux européennes, et un score plus que bon aux municipales. Donc ce n’est pas une création médiatique, c’est quelque chose de tangible. Chacun sur le terrain peut voir l’exaspération qui monte… Donc c’est juste rendre compte de la réalité que d’en parler. Après, si certains veulent casser le thermomètre pour ne pas voir la fièvre… Et je te rappelle que le FN fait 11% aux européennes de 1984, alors que c’est un groupuscule dont personne ne parle, à l’époque. Et d’un coup, ils font jeu égal avec le PC… Donc ce ne sont pas les médias qui vont inciter les gens à voter FN…

lu sur street press

 

Les 5 de Tinley Park

 

En mai 2012, cinq anarchistes antifascistes sont arrêtés suite à une altercation avec des individus soutenant la suprématie blanche. Cette bagarre s’est déroulée dans la banlieue de Chicago au parc Tinley. Dix personnes chez les racistes furent blessées, dont 3 durent être hospitalisées.

Dans ce parc se déroulait un meeting organisé par le Mouvement National-socialiste (National Socialist Movement), le Conseil de Citoyens Conservateurs (Council of Conservative Citizens) et le Ku Klux Klan. Toutes les trois sont des organisations clamant la suprématie blanche de façon violente.

A noter que deux personnes appartenant à un de ces groupements furent également arrêtées ce jour là, l’une pour possession de pornographie enfantine et l’autre d’une arme à feu.

Dans un premier temps les juges ont refusé la liberté sur caution aux activistes antifascistes accusés. Avant de passer en procès il leur a été proposé de trahir leurs compagnons en échange de leur libération. Ils ont évidement refusé un tel deal.

Début 2013 les « 5 du Tinley Park » plaident coupables pour les agressions dans le but d’obtenir des condamnations plus clémentes et une possibilité de diviser leur peine par deux grâce au « ‘day-per-day’ good time » (chaque jour de bonne conduite réduit la peine d’un jour).

Ainsi Jason Sutherlin est condamné à 6 ans ; Cody Lee Sutherlin et Dylan Sutherlin à 5 ans. Les deux autres, Alex Stuck et John Tucker en prennent pour 3 ans et demi en raison de leur jeune âge et de leur casier judiciaire vierge. Ils sont incarcérés dans des centres de correction de l’État de l’Illinois.

Alex Stuck est le premier relâché fin 2013.

John Tucker lui est relâché au bout de 20 mois et se retrouve libre en mars 2014.

Dylan Sutherlin doit être sorti de prison en juillet 2014. Ainsi l’ABC de Bloomington, l’ABC de NYC et le Sacramento Prisoner Support ont lancé une campagne pour récolter des fonds afin de l’aider une fois libre à pouvoir faire une transition tranquille. En effet, il ne faut pas oublier que soutenir un prisonnier ne se termine pas une fois celui ci sorti. L’État continue bien souvent de le surveiller et à lui imposer un style de vie. De plus, le passage en prison est une chose traumatisante alors se savoir soutenu dans ces moments difficiles ne peut être que bénéfique.

merci aux copains de Marseille pour avoir fait tourner l’info

Vous pouvez lui écrire d’ici juillet pour lui assurer votre soutien :
Dylan Sutherlin M34022
Centralia Correctional Center
Post Office Box 7711
Centralia, Illinois 62801

Pour soutenir les deux derniers des 5, pour leur permettre de tenir le coup, vous pouvez leur écrire aux adresses suivantes :
Cody Sutherlin M34021
Robinson Correctional Center
13423 East 1150th Avenue
Robinson, Illinois 62454

Jason Sutherlin M34023
East Moline Correctional Center
100 Hillcrest Road
East Moline, Illinois 61244

Place des femmes au FN FAIL

Dans sa lutte contre l’Islam (cache sexe de la lutte contre les arabes et les étrangers), Marine Le Pen n’a pas hésité lors de la convention de Lille en février 2012 à instrumentaliser le droit des femmes que l’Islam remettrait en cause (le FNJ avait déjà donné dans le genre).

L’hypocrisie consistant pour ce parti à détourner les thématiques féministes alors même qu’il est un des plus grands ennemis de l’émancipation des femmes était rapidement apparue au grand jour.

Trois semaines après cette convention, Marine Le Pen affirmait sur TF1 le 5 mars 2012 qu’elle était prête à dé-rembourser l’IVG s’il lui fallait faire des choix budgétaires. Trois plus tard, le jour même de la journée internationale de lutte pour le droit des femmes, la candidate front national confirmait ses propos, utilisant l’abject terme d’avortement de confort sur France 2.

Marine Le Pen, lors de la convention de Lille en 2012.

Marine Le Pen, lors de la convention de Lille en 2012.

Quand il s’agit de s’attaquer au droit des femmes à disposer d’elles-mêmes, Marine Le Pen peut compter sur le soutien de toute sa petite famille de dirigeants du FN. La nièce, la députée Marion Maréchal Le Pen, a tenu des propos similaires, ajoutant avec classe «Ce n’est pas à l’Etat de réparer les inattentions des femmes». De même, le compagnon, Louis Aliot, vice-président du front national avait fait siens les propos pour le déremboursement de « l’avortement de confort ». Enfin, le père, Jean-Marie Le Pen, président d’honneur du FN et opposant historique au droit à l’avortement, n’a pas manqué de saluer sa remise en cause en Espagne.

S’il vous fallait encore une preuve du sexisme atavique du Front National, les récentes élections européennes vous offrent une démonstration en gévacolor. Pour éviter de rajouter encore une condamnation à sa longue liste, le Front National a respecté pour ses élections les règles légales sur la parité. Un respect de courte durée toutefois puisque dès le lendemain de l’élection, deux éluEs du FN étaient débarquées pour laisser la place à des hommes ! L’une d’elles, Joëlle Bergeron a d’ailleurs assez mal pris ce qu’elle qualifie de diktat et quitte le parti, tout en démissionnant tant de son poste de conseillère municipale à Lorient que de conseillère communautaire de l’agglomération.

lu sur fail.faf n’hésitez pas a éplucher le reste du blog !

L’instructive liste des clients de Bygmalion dévoilée par Le Canard

Le Canard enchainé publie dans son édition de mercredi une partie de la liste des clients de Bygmalion – la société dirigée par les amis de Jean-François Copé –, ainsi que les intitulés des prestations qui leur ont été facturées entre 2008 et 2013.

Au total, hors campagne de Nicolas Sarkozy (20 millions d’euros) le groupe a facturé 60 millions de prestations à diverses sociétés, ministères et associations.

L’article du Canard (DR)

« Mais où est passée l’oseille ? » se demande Le Canard. La liste est assez instructive :

  • Grande Loge nationale de France, « conseil stratégique » : 15 000 euros ;
  • Medef, « monitoring » et « conseil » : 351 884 euros ;
  • Union nationale des professions libérales : 460 000 euros ;
  • Serge Dassault , « e-réputation » : 350 000 euros ;
  • LVMH (président : Bernard Arnault), « suivi de l’image du groupe » : 90 000 euros ;
  • Coca-Cola conseil en communication : 120 000 euros ;
  • Veolia, « veille internet » : 179 400 euros ;
  • EDF (président : Henri Proglio) : 637 000 euros ;
  • Forum expo Qatar : 51 000 euros ;
  • AJ Auxerre (le club dont l’actionnaire majoritaire est Emmanuel Limido, actionnaire luxembourgeois de Bygmalion) : 35 880 euros ;
  • Génération France.fr (Copé) : 500 000 euros ;
  • Mairie de Levallois : 200 000 euros ;
  • Conseil général de Seine-Saint-Denis (via Sequano) : 83 000 euros
  • Association de Bruno Le Maire : 43 000 euros ;
  • Groupe UMP à l’Assemblée nationale et questure (« minisites », « e-réputation »…) : 5,5 millions d’euros ;
  • Rachida Dati, « newsletter » : 9 323 euros ;
  • ministère de la Santé (sous Xavier Bertrand) : 38 000 euros ;
  • ministère de l’Intérieur (sous Brice Hortefeux puis Claude Guéant), « communication de la Mission nationale pour la réserve civile », « ballons publicitaires », « prestations stratégiques » : 550 000 euros ;
  • France Télévisions : 1,2 million d’euros ;
  • BM Consulting, filiale de France Télévisions : 180 000 euros ;
  • France Télévisions publicité « accompagnement stratégique », « e-réputation » : 959 200 euros ;
  • Multimédia France Productions (filiale de France Télé), « accompagnement stratégique » : 50528 euros.

Condamné en appel à détruire sa yourte et… son outil de travail

La cour de'Appel de Montpellier a rendu son verdict, plutôt défavorable à  Jean-Luc Préaux qui est  condamné à la remise en l'état du terrain… Il devra donc entre autres détruire sa yourte.
La cour de’Appel de Montpellier a rendu son verdict, plutôt défavorable à Jean-Luc Préaux qui est condamné à la remise en l’état du terrain… Il devra donc entre autres détruire sa yourte.

Après trois ans de procédure, la cour d’Appel de Montpellier vient de condamner un agriculteur des P.-O. qui vivait sur son propre terrain.

Le délibéré rendu par la cour d’appel de Montpellier au début du mois est tombé comme un couperet, pour Jean-Luc Préaux, l’agriculteur de Banyuls-sur-Mer. Ce dernier vit, encore pour quelque temps, sur le terrain qu’il a acquis auprès de la Safer en 2006, et sur lequel il exploite, depuis 1996, 1,25 hectare d’oliviers et 6 hectares de vignes, à l’aide de chevaux.

Or en 2011, la propriétaire d’alors de la Tour Pagès, imposante demeure surplombant le terrain de Jean-Luc Préaux, avait assigné l’agriculteur pour ‘infractions aux dispositions du plan local d’urbanisme’. En cause ? La yourte mongole, installée « faute de revenus suffisants pour louer un logement conventionnel », et le petit hangar destiné au stock de matériel nécessaire à l’agriculteur… Au terme d’un véritable marathon judiciaire, tissé de questions prioritaires de constitutionnalité et de renvois, le tribunal de Perpignan avait relaxé Jean-Luc Préaux en septembre 2012.

« On ne me donne plus le droit de travailler »

Une satisfaction de courte durée pour l’agriculteur et son avocate, Me Gabrièle Summerfield, puisque le parquet avait alors décidé de faire appel. Un appel qui s’est soldé, pour Jean-Luc Préaux, par la condamnation à la remise en l’état du terrain…

« Je dois détruire la yourte dans laquelle je vis et le hangar où je stocke mes outils. Ainsi que les trois cuves à eau qui servaient à abreuver les chevaux et à arroser les oliviers… Ce qui risque de faire jurisprudence, puisque tout le monde en stocke, de l’eau ! », s’étonne Jean-Luc Préaux. Qui dispose de 6 mois pour détruire son toit, et son outil de travail. « Je vais encore vendanger en septembre, et puis je détruirai tout. Et ensuite, j’arrêterai de travailler, puisqu’on ne m’en donne plus le droit. Franchement, je le vis comme un acharnement : je ne sais pas où je vais pouvoir vivre, et je ne sais pas de quoi je vais pouvoir vivre… ».

lu dans leur presse en ligne

Grâce aux grainothèques, des semences libres dans toute la France

 

Grâce aux grainothèques, des semences libres dans toute la France
(Crédit photo : Graines de troc)
Les grainothèques veulent être aux semences ce que les Incroyables comestibles sont aux légumes. Né à La Rochelle, le concept essaime un peu partout.

« Prenez, déposez librement les graines qui vous plaisent. » Au milieu des livres de jardinage, la petite boîte en carton étonne. Depuis janvier dernier, la médiathèque de Lagord (Charente-Maritime) accueille l’une des premières grainothèques de France. Celle-ci permet aux visiteurs de partager leurs semences en toute liberté. Vous risquez bien d’en croiser d’autres dans les semaines qui viennent, car cette pionnière inspire… Une quarantaine de bibliothèques, restaurants et lieux associatifs (voir carte ci-dessous) ont construit et installé des boîtes de ce type depuis le lancement de cette initiative, en octobre 2013, par l’association Graines de Troc – qui anime par ailleurs une plateforme de partage de graines via une monnaie complémentaire. Et bien d’autres sont en cours d’installation : « On reçoit quasiment une demande par jour », assure Sébastien Wittevert, président de Graines de Troc.

Des haricots, le yin et le yang

« L’idée est née à la fois d’une envie de partager les semences et aussi d’inspirations diverses comme les Incroyables comestibles ou la coopérative de semences des fraternités ouvrières de Mouscron. On tenait surtout à ce que les gens puissent s’approprier la démarche, et que l’action soit reproductible », explique ce militant de la graine libre. Pour faciliter les échanges, aucun registre n’est tenu, le système repose sur la confiance en la bonne volonté des utilisateurs et sur le partage « du savoir-faire ses graines ». De même, libre à chacun d’adapter le concept à ses besoins : « Au début, nous proposions un modèle de boîte mais quand je vois la diversité et la beauté des boîtes qui ont été créées je suis content de laisser chacun s’exprimer », raconte Sébastien Wittevert.

Un idéal d’autonomie qui a déjà fait le bonheur de Matthieu, jardinier amateur de 35 ans à La Rochelle (Charente-Maritime) : « Pour mes semences, j’ai l’habitude de commander via Kokopelli. Mais je fréquente les grainothèques de La Rochelle régulièrement pour trouver des semences qui ne sont pas commercialisées. Il y a quelques jours, je suis tombé comme ça sur un bout de papier plié en quatre où il était indiqué au crayon de bois “SainFoin récolte 2013”. J’ai aucune idée de qui l’a déposé mais c’est forcément quelqu’un qui veille à la préservation des semences, parce que le SainFoin est une plante super qui fournit de l’azote et qui a tendance à disparaître de nos campagnes. C’est exactement ce qu’on cherchait pour notre jardin partagé. »

Plus tôt, Matthieu avait déposé des graines d’haricots nains Starazagorski : « Les graines sont noires et blanches avec des points, exactement comme le yin et le yang. ». Peut-être que l’heureux bénéficiaire de ces graines y verra un signe : dans la philosophie orientale, le yin et yang est symbole d’interdépendance, les points de couleur montrant que le noir et le blanc sont inconcevables l’un sans l’autre et que chacun recèle un germe de l’autre.

article lu dans leur presse de bobo babos terraeco

Voir en plein écran la carte des grainothèques